Existe-t-il un remède quand c'est la planète entière qui semble avoir atteint, sinon dépassé, sa date de péremption... Dans des textes directs, l'auteure Annie Landreville bien connue pour ses prescriptions poétiques pose un diagnostic percutant par lequel le lecteur pourra avoir une vision de l'avenir.
Dans un monde au bord de la faillite, Date de péremption nous force à regarder ce qui ne va pas, de notre manque d’empathie à la beauté. Sa poésie s’incruste dans les cruautés de notre quotidien, parce que nous ne voyons plus le même ciel que nos ancêtres.
Lu d’une traite. J’ai été avalée par le style d’Annie Landreville. Elle a le don de traduire les sombres constats de notre époque (destruction de la nature, individualisme) par des images fracassantes de justesse.
J’ai une écoeurantite très aiguë, ces temps-ci, des artistes et des intellectuels, des médias aussi, qui ne font que lancer sur la place publique des constats cyniques et angoissants sur notre époque. Sans espoir, sans solution, sans lumière. Pour moi, c’est de l’auto-destruction, c’est de la violence gratuite, c’est presque un appel au suicide : si l’humanité est un monstre, à quoi bon la protéger ? Et ce n’est pas l’intention que j’ai sentie dans le recueil. Elle emploie souvent les mots « nous ne savons plus » (« vivre, sourire, éteindre les incendies »), qui nous disent : on ne sait plus, mais on a su. On a déjà su, on a déjà été autre chose. L’humanité est capable d’autre chose et notre époque n’est pas une fatalité.
Annie Landreville nous rappelle d’aimer nos paysages, parce que « nous avons oublié de marcher pieds nus ».