"Buzura reuşeşte (...) să se ţină la distanţă de imaginile schematic-idealizante ale prozei «muncitoreşti», oficiale, fără să cadă în alte stereotipii. (...) De la Groapa lui Eugen Barbu la romanele lui Radu Aldulescu, trecând prin Intrusul lui Preda, nu avem prea multe romane «muncitoreşti» valabile în literatura română. (...) Există însă, în Vocile nopţii, ceva mai un model de solidaritate, codificat ficţional, între intelectuali şi muncitori, departe atât de elitismul intelectualilor alergici la marxism-leninism, cât şi de clişeele «proletare» ale propagandei comuniste." Paul Cernat
Prozator și eseist român contemporan, autorul unor scenarii cinematografice. Din 1992 a fost membru titular al Academiei Române. A renunțat la profesia de medic psihiatru și s-a dedicat literaturii. A debutat cu volumul de nuvele Capul Bunei Speranțe (1963).
Somehow this book managed to get a grip on me. If I seriously think I cannot find any good enough reason to rate it as a "great" novel, but some parts stand out and remain in my memory. Among the motley world described one can sense author's humour and irony against the "perfect" world that the communists pretended to build. People will not change essentially, no matter what politics says. I have written down in a notebook some quotes of unusual beauty from this book, but this is just my subjective review. Go and read it, it's good stuff!
La lecture de Chemins de cendres (en traduction française) m'a fait ressortir cette autre lecture très ancienne, un livre aux pages jaunies par le temps. J'aime beaucoup Augustin Buzura, alors quelques lignes sur ces Voix de la nuit qui nous mènent à Râul Doamnei, lieu propre à d'autres romans de l'auteur. Pour commencer, je donne la parole au livre de Andreia Roman et Cécile Folschweiller sur le littérature roumaine, volume IV (p. 243-245) où on trouve ce bon résume de l'intrigue du roman : « L'étudiant en sciences humaines Ștefan Pintea, frustré par le caractère abstrait de ses études, décide de s'engager comme ouvrier dans une usine afin de trouver dans les milieux prolétaires un sens plus concret et authentique à la vie. Rien de plus opposé au cliché marxiste de la classe ouvrière exerçant son leadership dans la société “la plus avancée du monde” que cette bande de jeunes indisciplinés, turbulents et désenchantés, dont le code moral consiste à boycotter le travail, à vivre de petits expédients et à se procurer par tous les moyens un espace minime de liberté. Pour preuve d'insoumission, un “endroit pour hurler” sera spécialement aménagé dans un coin de leur foyer-dortoir. Derrière les prétentions de respectabilité affichées par les dirigeants de l'usine se cachent des comportements infâmes, voire criminels, ou des actes de lâcheté ayant pour seul but la conservation des privilèges acquis. Les scènes comiques comme celle du bal du samedi soir organisé à des fins éducatives entrecoupent par moments cette pesante atmosphère de décadence pour en accentuer aussi le dérisoire et le grotesque. Cette éthique de la vérité que Buzura défend dans son œuvre explique son succès auprès d'un public de plus en plus méfiant à l'égard de l'image mensongère que le régime de Ceaușescu emploie à donner de lui-même ». Le romancier, que j'affectionne tant, se préoccupe ici de ce qui se trouve au-delà des apparences, du subconscient de ses personnages, en mettant l'accent sur ce que ceux-ci cachent et non sur les paroles, les idées et les sentiments exprimés ouvertement. Cela donne un des romans les plus clairement sociaux de Buzura. Un accident stupide a lieu à la fin du roman et hélas, aucune ambulance n'est disponible ! Cela a donné du fil à retordre au romancier avec la censure. Les livres de Buzura sont exigeants à la lecture, mais laissent des souvenirs impérissables.