Voilà un livre qui devrait être prescrit par le médecin pour lutter contre la déprime qui sévit actuellement, entre les tempêtes qui se succèdent et l’épidémie de coronavirus.
1961. Un officier de police de la ville de M. a été mandaté par Madame la Procureure de la République pour résoudre un sordide meurtre perpétré dans le petit village tranquille de P. Pour l’aider dans son enquête, il sera aidé par le garde champêtre local, Jean-Charles Provincio.
Voici les faits : Joël, 16 ans, a été retrouvé la gorge tranchée et démembré, dans l’une des cuves de cuisson de l’usine de fabrication de confitures, emballé dans des grands sacs des Galeries Lafayette.
Un orage ayant mis à mal le réseau téléphonique, c’est pas courrier que notre officier va informer Madame la Procureure de l’évolution de l’enquête. Ce sont ces courriers qui sont retranscrits pour nous par l’auteur. Une construction originale donc.
Et le reste l’est tout autant ! Ce bond dans les années soixante est un enchantement. La 4L, la manière simple de vivre, le franc-parler des habitants, la campagne, un vrai bonheur !
Sur les sacs des Galeries Lafayette ont été retrouvés des traces d’une fleur délicate, la gaillardia clemens.
Romain nous transporte, c’est un voyage dans le temps, quelques heures d’évasion volées à un quotidien maussade.
L’écriture est simple, mais vivante, et surtout, pailletée d’humour à chaque page. J’ai ris ! Et encore ce n’était que le début, j’allais le découvrir par la suite.
Car la chute finale, quelle surprise ! Je l’attendais dès le début, puisque Romain harponne son lecteur en nous promettant une fin splendide et étonnante. Ce harponnage était-il d’ailleurs nécessaire ? J’étais donc à l’affût du moindre détail, rendant ma lecture plus attentive qu’elle n’aurait pu l’être. Lorsque cette fameuse fin est arrivée, elle était tellement bien amenée et décrite, si savoureuse, que je me suis prise un fou rire comme cela m’arrive rarement durant une lecture. Pleurer de rire en imaginant notre enquêteur, ça c’est fait !!
Les rebondissements sont légion, la liste des suspects pas très étoffée, et pourtant, tous pourraient être coupable. Alors qui est passé à l’acte ? Et surtout pourquoi ?
Une enquête surréaliste, avec des personnages certes caricaturaux et farfelus, mais poussés dans leurs retranchements par notre enquêteur, qui va découvrir des secrets planqués à chaque coin de rue. Notre petit village de P. est bien loin d’être tranquille, il s’en passe des choses au détour des ruelles pavées.
La campagne est tout de même mise à mal dans ce roman, il ne faut pas en prendre ombrage. En effet, le garde-champêtre est quelque peu benêt, et notre enquêteur aura du fil à retordre avec ce meurtre. L’autopsie a été réalisée par le vétérinaire (qui change de casquette si besoin pour être également le médecin du village), et Joël avait déjà été enterré à l’arrivée de la police citadine. Les clins d’œil à la littérature sont dispersés ici et là, méfiez-vous, si vous souhaitez lire « Des souris et des hommes », surtout, passez votre chemin, car Romain vous spoile la fin !
Un remake du rat des villes et du rat des champs, nous sommes ici en présence de la police des villes et de la police des fleurs, des arbres et des forêts. Un mélange réussi, j’ai passé un super bon moment ! Il fallait oser, Romain a réussi son pari.
Je conseille ce roman à tous ceux qui souhaitent une lecture divertissante, fraîche, et…ont envie de se faire rouler dans la farine😀 !
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