'Dans l'univers en expansion du Canzoniere, chaque sonnet est un monde. Nul progrès de l'un à l'autre – du même au même –, mais les distances infinies d'un espace sidéral. Ciel de glace et de feu régi par la musique des nombres, le Canzoniere a ses étoiles fixes – scintillante nébuleuse de sonnets – et ses météores : brèves fusées des ballades, "sœurs lumineuses des blancs ruisseaux" de la Canzone, tourbillons clairs-obscurs des sextines, feux dansants du madrigal. Il a aussi ses planètes, brillant d'un éclat emprunté à l'astre de Laure, et ses constellations écrites en lettres d'or dans le ciel des idées.' Jean-Michel Gardair.
Vous qui oyez les chants ici déduits De ces soupirs, dont mon cœur en détresse Je nourrissais sus l’erreur de jeunesse, Quand j’étais homme autre que je ne suis :
Du divers style, où mes pleurs je poursuis : Du vain espoir, et douleur qui m’oppresse, Si onc avez senti d’amours la presse, Me pardonnerez par pitié tant d’ennuis.
Mais à présent je vois le bruit qui monte, Et de mon mal partout presque on devise, Dont bien souvent de moi-même j’ai honte.
Honte est le fruit de ma vaine entreprise, Et repentance, et le voir sans mensonge, Que tout plaisir du monde n’est qu’un songe
-Vasquin Philieul
Voi ch'ascoltate in rime sparse il suono di quei sospiri ond'io nudriva 'l core in sul mio primo giovenile errore quand'era in parte altr'uom da quel ch'i' sono,
del vario stile in ch'io piango et ragiono fra le vane speranze e 'l van dolore, ove sia chi per prova intenda amore, spero trovar pietà, nonché perdono.
Ma ben veggio or sí come al popol tutto favola fui gran tempo, onde sovente di me mesdesmo meco mi vergogno;
et del mio vaneggiar vergogna è 'l frutto, e 'l pentersi, e 'l conoscer chiaramente che quanto piace al mondo è breve sogno.