Je poursuis tranquillement ma lecture de la série.
On sent que l'autrice est véritablement passionnée par le lieu et la période, et son perfectionnisme pour rendre les costumes et les décors fidèles fait plaisir à voir. L'histoire se lit bien, je nie pas qu'Arte et d'autres personnages soient attachants, mais... pour moi le manga est trop sage. Il n'y a pas véritablement de conflit, ni de tension narrative, la carrière de peintre d'Arte rencontre absurdement peu d'obstacles. Trouver un atelier qui l'accepte au T1 a été le seul vrai challenge, depuis elle n'est entourée que de gens qui la respectent, l'encouragent et lui donnent des opportunités de faire avancer sa carrière, Arte est douée, sa peinture plait, son caractère fait immédiatement fléchir les quelques misogynes très modérés qui se dressent (mollement) contre elle, chacun est conquis par son talent et sa force de caractère... ok c'est super, c'est vraiment un chouette récit d'empowerment, mais le problème que ça me pose, c'est qu'il n'y a pas d'enjeu. L'héroïne n'est jamais en danger, jamais en situation d'échec, jamais mise face à un risque de tout perdre. Un peu amer quand on sait ce qu'ont dû traverser les femmes peintre qui l'ont inspirée (Artemisia Gentileschi par exemple).
Je ne demande pas à ce que le récit bascule dans une réalité historique cruelle et déprimante, ni à ce que le ton soit plus "dark", une histoire positive et feelgood me va, mais même chez les Bisounours, il faut un peu de tension narrative.