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Diane Lanster
Une étrange maladie de peau qui lui livre bataille depuis qu'il est né, la polio qui le laisse infirme et claudiquant depuis l'enfance, et toutes les frustrations qui s'en suivent, Thierry n'a pas eu l'existence facile. Un don, cependant, qu'il a rageusement développé en rééduquant lui-même sa main malhabile : le dessin. Mais quand il se retrouve élève dans un atelier, à dix-huit ans, un autre péril le menace : le cours est mixte. Diane, sa blondeur, sa beauté, ses jupes écossaises et ses attentions, voici une calamité nouvelle à quoi il n'est guère préparé.
248 pages, Paperback
First published October 4, 1978
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June 26, 2025Ceci est l’histoire d’un homme littéralement séparé du monde par sa propre peau. Une maladie qui accapare son épiderme et ses membres depuis sa naissance le rend trop visible, et d’un seul regard, les autres reconnaissent en lui seulement un étranger — au mieux pitoyable — et un passager claudicant dans leur monde. Ici, la peau est la carte et le territoire d’un homme seul, de sa solitude incorporée.
L’homme semble destiné à (se) dessiner:
Ainsi commence son histoire, et le style de cette écriture ressemble lui-même à l’ébauche d’une auto(bio)graphie. Il y a des lignes précises et claires, mais dans une composition essayèe, evanescente — le texte, la texture vague d’une vie — et, entre toutes les lignes, il y a le vide: ce qui reste blanc du papier, le lieu du contact potentiel avec le monde à portée de main, avec les autres, mais où ne se trouve que la distance visible entre eux et le dessinateur dessiné.
Néanmoins, dans un atelier de dessin, une femme daigne parcourir avec naturel et grâce ce vide jusqu’à lui. Il est surpris par sa véritable présence:
Mais qu’est-ce qu’on peut espérer, quand, dès le début, nous savons que toute cette histoire est une longue lettre d’adieu?
« Ce sont des cartes de géographie », a dit le dermatologue d'un air satisfait...
L’homme semble destiné à (se) dessiner:
Chaque mot est un dessin. Son graphisme grave en creux les pages blanches. On se, je me, vous me regardez écrire. Il ne manque que les ratures. Tout vous sera démontré. Quelle lassitude!
Ma peau aussi est un dessin, lassante aussi, il n'y manque aucune rature. Ma peau est en couleurs: rose blanche, blanc rose, chaque rature, chaque tache a sa couleur: brun sec, rouge craquelé mais sur ma peau le propre n'est pas figuré et le figuré n'est pas propre.
Ainsi commence son histoire, et le style de cette écriture ressemble lui-même à l’ébauche d’une auto(bio)graphie. Il y a des lignes précises et claires, mais dans une composition essayèe, evanescente — le texte, la texture vague d’une vie — et, entre toutes les lignes, il y a le vide: ce qui reste blanc du papier, le lieu du contact potentiel avec le monde à portée de main, avec les autres, mais où ne se trouve que la distance visible entre eux et le dessinateur dessiné.
Néanmoins, dans un atelier de dessin, une femme daigne parcourir avec naturel et grâce ce vide jusqu’à lui. Il est surpris par sa véritable présence:
Elle ne m'aidait pas, elle m'assistait : ramassait ma canne lorsque je ne pouvais me baisser sous peine de voir tomber l'échafaudage de carton, de fusain et de gomme, pendant les cours de dessin. Elle m'apportait au modelage la lourde terre glaise qu'il fallait puiser dans une fosse. Sans plus, naturellement. Par hasard, innocemment, elle m'assistait.
Et pourtant avec quelle avidité j'essayais de surprendre dans cette blondeur bleue une ombre de pitié, un soupçon de mépris mais il n'y avait rien d'autre qu'une aurore, une aurore d'amitié jaillie soudain au milieu de ma dix-huitième année dans le vide d'une vie tout entière consacrée à vaincre les objets, à triompher des choses à chaque minute de leur hostilité.
Mais qu’est-ce qu’on peut espérer, quand, dès le début, nous savons que toute cette histoire est une longue lettre d’adieu?
September 18, 2014
Un livre très bien écrit, mieux écrit que tout ce que j'ai lu pour l'instant de mes lectures du 20ème, un chef d'oeuvre!
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