La mère va disparaître. Elle a déjà perdu ses mots, ses souvenirs s’effacent un à un, bientôt tout son corps l’abandonnera. D’ici là, ses paroles désordonnées font surgir en vous la mémoire d’époques oubliées. L’enfant que vous étiez, le quartier tel que vous l’avez connu et d’autres jeunesses aussi, la sienne, celle de ses parents. La mère est devenue votre enfant : il faut la mener à ses rendez-vous, la soigner, la déménager, signer les papiers qui accélèrent ou retardent sa perte. L’accompagner sur le seuil et continuer d’avancer.
Il ne s’agit pas ici de témoigner, mais de sublimer : transformer l’expérience en objet de beauté. Ne pas chercher à tout dire, ne rien expliquer; montrer. Les visages changeants, les oiseaux par la fenêtre, les ongles trop longs, la crise, et vos élèves qui attendent des réponses alors que le monde vous échappe.
Ces deux phrases du roman résument mon adolescence dans les cantons : « C'est tout ce dont je peux parler. Quand on vient de Sherbrooke, on n'a pas grand-chose d'autre ».
Une série de nouvelles qui parlent de la vie, de la maladie, de la fatigue qui nous accompagne quand on a un parent malade et de la mort. Pour l’avoir vécu, c’est vrai qu’à la fin « on est fatigués, là. »
3.5. lorsque abordé comme une succession de nouvelles sur le même sujet (et les mêmes personnes), c'est intéressant. Abordé comme un roman, je suis moins certaine.
Dans ce court roman, écrit comme une série de nouvelles, on explore le quotidien d’un homme, un professeur de CÉGEP (comme dans la plupart des romans de Patrick Nicol), dont la vie est rythmée par la maladie de sa mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer. L’auteur y développe une réflexion sur la vie et sur la mort, sur le temps qui passe, sur la vieillesse.
L’écriture est sensible, empreinte de tendresse, mais aussi de lucidité. C’est un récit touchant, qui s’éloigne un peu du style habituel de l’auteur.
Touchant roman qui aborde la relation d'un fils avec sa mère alors qu'elle est en fin de vie. Par contre, ce thème est relayé au second plan une partie du roman pour aborder l'expérience du fils comme professeur au cégep. Ce qui est, selon moi, moins intéressant.
La nageuse au milieu du lac est un roman construit à partir de courtes histoires reliées entre elles par les personnages récurrents de la mère et du narrateur. L’histoire porte sur la fin de vie de la mère, aux prises avec la maladie d’Alzheimer. L’histoire avance au fil de réflexions sur la vie et la mort, ainsi que d’allers-retours entre des souvenirs issus de différentes périodes de la vie de Patrick Nicol.
J’ai bien aimé l’écriture de l’auteur, ainsi que les passages où il parlait de Sherbrooke ou de son emploi de professeur de littérature au cégep. La nageuse au milieu du lac est le premier ouvrage de Patrick Nicol que je lis, mais il ne sera pas le dernier!
Un livre correct, mais plus lourd que ce à quoi je m'attendais. Les critiques que j'avais entendues semblaient dire que la maladie était abordée avec un côté humoristique. Je n'ai pas perçu cela. Certes, la vie continue malgré la maladie, cette réalité est bien décrite. Mais je m'attendais à plus de gaieté; j'ai peut-être mal compris les critiques.
Certains faits et anecdotes cocasses et intéressants au sujet de la ville de Sherbrooke entrecoupent le récit; je crois qu'il s'agissait, pour moi, de la partie la plus intéressante.
"Je repense souvent à cette bulle flottant dans ton globe oculaire, dans ta boîte crânienne, dans ta maison trop neuve. Je te vois au milieu du temps vide, de l'espace démesuré, seule comme une baigneuse au milieu d'un lac, subitement épuisée." Excellent livre!