L'histoire se tient en deux lieux principaux sur la Côte d'Azur : le studio en colocation que partagent par économie Celica et Marie-Lou, deux strip-teaseuse et entraîneuses, et le Monico, club de strip-tease où elles officient chaque soir.
Le focus est sur Celica, la meilleure effeuilleuse de l'équipe, mais aussi la plus caractérielle. Celica pense que si rien ne va comme elle veut dans la vie, c'est parce que c'est injuste, et que, plus que le hasard ou la chance, sa volonté va parvenir à orienter sa vie vers un chemin plus doux. Pour ce faire, elle a entrepris, depuis plusieurs mois, la séduction de Joe, le patron, en dépit son épouse, présente à la caisse de l'établissement surveillant étroitement les "filles".
Des filles, aucune ne peut faire concurrence à Celica : Natacha est trop instruite, Marie-Lou trop bête et trop négligée, une troisième trop vulgaire. Et Celica a des chances de parvenir à son but.
Un beau jour, se présente au Monico, pour faire ses débuts sur scène, une jeune ingénue de dix-neuf ans, qui va tourner la tête de Joe. Pour Celica, c'est la goutte qui fait déborder un vase trop rempli de rancoeur, de rejets et de mauvais choix.
Le livre dresse un portrait soigné de Celica et de ses collègues. Rien n'échappe à l'œil de l'écrivain, mais sans méchanceté, comme une carte d'un genre, d'un monde qu'il décrirait. Les scènes de chambres, toutes banales qu'elles sont, sont terriblement efficaces. Les strip-teaseuse sont des femmes au seuil de la pauvreté et de la marginalité : divorcées, filles-mères, peu instruites, fuyant une condition difficile. Le patron et la patronne les considèrent comme une marchandise à produire du profit, et pour Joe, elles sont naturellement à marquer de son corps, comme on marque un cheptel.
La description des clients est, elle aussi, aussi féroces.
Mais le strip-tease du titre est surtout celui de Celica, qui dévoile, au fil des pages, son intimité morale et psychique, jusqu'à la mise à nu finale.
Un livre très soigneusement construit et efficace.