Une plongée photographique et poétique douce-amère dans l'atmosphère de la côte ouest des Etats-Unis.
Claude Dussez et Quentin Mouron connaissent bien l'Ouest américain. Ils ont tous les deux parcouru ces déserts où le rêve s'effrite, lentement, se résorbant sans bruit dans le décor minéral, où la poussière retourne à la poussière. Claude Dussez en a rapporté une série de clichés sur lesquels l'humain n'apparaît le plus souvent que sous forme de trace. Les photographies sont accompagnées d'un long poème de Quentin Mouron, qui dit la poussière, l'aridité des paysages et des sentiments, le temps qui passe – et ne laisse que des ruines.
Le thème de ce livre de photographies est le désert, les univers abandonnés des hommes. Claude Dussez se concentre donc essentiellement sur l'Ouest américain avec ses zones désertiques naturelles, mais également des zones anciennement habitées, désertées par l'homme après des changements économiques et partis vers un nouvel Eldorado.
Mais l'homme n'est pas totalement absent de ce livre. Soit il apparaît en tant que tel pour montrer que quelques communautés persistent à vivre dans ses zones isolées, réelles mais authentiques; ou bien au contraire dans des cités factices telles Las Vegas où l'homme n'est qu'acteur de la vie.
Les photos sont superbes et le choix de les faire en noir et blanc était essentiel pour soutenir le thème du livre. Le lecteur peut donc apprécier les paysages, les détails mis en évidence sur les clichés sans voir son attention détournée par un élément ressortant de par sa couleur. Cette neutralité et la qualité du tirage transportent, projettent, le lecteur dans l'image et s’imprègne de l'ambiance.
J'aime beaucoup le regard de ce photographe car j'ai un peu la même. J'avoue avoir fait des photos semblables, mais avec moins de talent, des mêmes lieux lors de mon passage dans l'Ouest américain.
Les écrits de Quentin Mouron viennent soutenir les photos ou bien apportent un autre regard. Au final on se demande qui a inspiré l'autre : est-ce le photographe qui a donné des idées à l'écrivain, ou l'écrivain qui a inspiré le photographe ?
Un album tout en sobriété et finesse qui ravira les amateurs ou constituera un ravissant cadeau.
Qui connaît l’Ouest américain n’oublie pas ces étendues désertiques, remplies des fantômes de mille vies passées. Dans ce magnifique recueil de photographies, la trace humaine est nulle part et partout à la fois. Des déserts qui s’étalent à perte de vue, des traces de pas dans le sable, ou encore un bar animé. Sur chaque photographie, l’Homme a laissé sa trace quelque part, que ce soit son empreinte, ou son souvenir.
« Lost » fait état, au travers de clichés en noir et blanc au contraste puissant, d’une atmosphère comme figée. Une collection d’espaces intemporels dont la matière brute en est le premier messager. Malgré les néons vintage, la technologie d’aujourd’hui, et les rochers vieux de millions d’année, il est impossible d’apposer une date. Des paysages sortis tout droit des Seventie’s, capturés pourtant dans les cinq dernières années. C’est d’ailleurs là tout le pouvoir de ces espaces désolés qu’il est impossible d’effacer.
Capturé par l’objectif de Claude Dussez, sublimé par les mots de Quentin Mouron, l’Ouest Américain est ausculté à la loupe. Et ce recueil n’occulte aucun de ses secrets. De Venice Beach, Los Angeles, aux villages fantômes de la Vallée de la Mort, en passant par les Motels abandonnés sur la Route 66, « Lost » nous plonge dans une épopée que l’on goûte avec les yeux et vit avec le coeur.