À peine ai-je su que je pourrais verser des larmes en lisant un texte sur le destin de l'Occident, compris comme le réveil de notre race dans sa mission historique (sérieusement ! Que voulait-cela dire ? ): le retour à la patrie, dans la terre authentique, en redécouvrant la vraie nature, l’engendrement (génétique, genre). La promesse d'un retour vers la pureté de la race, salut de la dégénérescence, uniquement grâce à la sort spirituelle de l'Allemagne, et, notamment, à la différence sexuelle sans agonie.
Délicate et émouvante à la fois est cette lecture de « Die Sprache im Gedicht: Eine Erörterung von Georg Trakls Gedicht » par Martin Heidegger de 1953. Deux pensées inimitables consacrées à un poète autrichien du debut du XXe siècle, génial quant à lui. La tendre et subtile proximité aux problématiques et aux discours du pire, qui sont mis au près, même précipités d'un abîme aussi très tranchant, rend cette interprétation encore plus poignante.
Depuis à peu près plus d'une décennie que j'avais lu les Geschlecht IV, puis I et II, cette découverte est enfin providentielle, sinon destinale.