Je remercie la maison Gallimard Jeunesse pour l’envoi de ce service de presse dans notre librairie.
Ce petit livre en forme de sachet de popcorn en provenance des Pays-bas propose la mésaventure d'une jeune fille et d'un popcorn pour le moins encombrant, traduit près de cinq ans plus tard que sa version d'origine en 2019. Je dirais qu'il a de belles forces, ce livre, mais le personnage de Bob m'a semblé détestable au point de ne pas comprendre ce qu'Ellis lui trouve.
Ellis est une jeune hollandaise vivant avec ses deux papas concepteurs de canard de bain, ce qui est l'un des métiers les plus original que j'ai croisé jusqu'ici. Ce qu'Ellis ne sait pas, c'est qu'un fermier états-uniens pour le moins malhonnête, a utilisé un produit illégal et sans doute néfaste pour l'environnement sur ses plantations de maïs, ce qui engendre de gros grain de maïs produit en une nuit. Certes, ces grains sont de bonnes tailles, mais ils ont un défaut: ils n'éclatent pas. Furieux, le fermier mélange ces grains aux autres et vend le tout à la compagnie de popcorn. C'est donc la pauvre Ellis qui va gérer le pop corn trafiqué. Quand son école décide de se convertir à "une alimentation saine", dès lors, le popcorn sera banit et comme un malheur vient rarement seul, les papas d'Éllis aussi ont décidé de se convertir à cette nouvelle diète. Ellis tente de cacher le micro-onde dans le débarras, mais en voulant se faire du pop-corn en cachette, elle tombe sur l'un des grains trafiqué en question. Ce gros grain refuse obstinément de "poper", mais bientôt, il se met à avoir de petits bras et de petites mains, tandis que son son visage lisse se dessine un visage pour le moins colérique. Ellis rencontre ainsi Bob Popcorn, un personnage qui n'a aucun fond quand à la nourriture, un tempérament exécrable et une manie de ne pas tenir en place. À cause de lui, Ellis connait une foule de problèmes autant à l'école qu'à la maison. Saura-t-elle tenir bon?
Je pense que ce genre d'histoire sera davantage apprécié par son lectorat que moi, un peu à la manière de "La vie selon Céla" que je viens de terminer. Les personnes odieux ne me font pas spécialement rire et quand ils ne causent que des problèmes au/à la protagoniste, je ne peux pas m'empêcher de me demandé comment font ces personnages pour finir par les apprécier. Bob est à proprement parler, insupportable, mais Ellis finit par s'y attacher, sans raisons particulières. C'est peut-être pour cette raison que j'ai du mal à expliquer son intérêt pour Bob. Reste qu'il est un grain de popcorn avec un chapeau et des bottes dans la plus pure tradition western, et couplé à sa bougeotte et ses bêtises, je pense qu'il va faire sourire mes jeunes lecteurs de 8-9 ans qui apprécient les personnages malicieux. Surtout que Bob explose de temps à autre pour devenir le flocon beige que deviennent le maïs quand ils popent.
J'aime beaucoup le travail graphique, cela dit. Les personnages sont beaux, dans le sens graphique du terme, diversifiés aussi sur le plan des corps et des ethnies, sans parler des textures nombreuses, des expressions amusantes et du travail sur le clair-obscure qui rend les contrastes attrayants. Le tout est réaliser au crayon plomb, avec parfois des hachures, parfois des remplissages plus fins, mais j'aime beaucoup le côté sketchy du plomb, surtout pour ces pages pleines avec des paysages. Les deux papas d'Ellis ont vraiment l'air sympathiques et j'aime bien que le directeur de l'école porte des souliers vert fluo, il ne ressemble pas au cliché du directeur d'école. Et que dire de tous ces canards en plastiques modélisés par leurs soins, c'est vraiment une touche amusante.
Je note aussi cette histoire de biscuits, des biscottes rondes recouvertes de perles d'anis roses que les enfants apportent à leurs camarades pour souligner l'arrivé d'un nouveau membre de fratrie. Il parait que c'est une tradition en Hollande ( Pays-Bas), c'est cool!
Il est également possible de parler des tempéraments difficiles, ces enfants qui piquent des colères facilement ou ces enfants qui ont du mal à gérer leur impatience ou leur frustration. Bob n'est pas sans rappeler ces jeunes ( ou ces adultes) qui "explosent" quand la colère/frustration/impatience devient envahissante. On voit assez bien que cela pose problème. Ç'aurait été une belle ouverture pour parler des façons de gérer une émotion envahissante, mais bon, c'est un détail de ma part.
Donc, sans dire que ça révolutionne ou que c'est pertinent, je dirais que ce sera un roman sans prises de tête, très léger, d'ailleurs pas très rempli côté texte, qui sert un lectorat aimant l'humour de ce type et qui apprécient les romans illustrés. Je pense notamment à tous mes jeunes en librairie qui se font "poussés" vers les romans par les adultes, et dont j'aime bien lui conseiller les romans un peu "frontière" entre l'univers BD et l'univers romans en prose comme ce roman-ci. Je les appelle souvent "les hybrides", ceux qui sont pas tout-à-fait roman, album ou BD, un peu des trois.
Un premier tome d'un série néérlandaise inspiré d'un personnage qui fait parti intégrante de la vie de son autrice, de son illustrateurs et de leurs enfants, tel qu'expliqué dans une petite lettre adressée aux acteurs du livre.
Pour un lectorat intermédiaire à partir du 2e cycle primaire, 8-9 ans+
Catégorisation: Roman hybride fiction néerlandaise, littérature jeunesse intermédiaire, 2e cycle primaire, 8-9 ans+
Note:6/10