Gisement : quelque chose est enfoui et peut ne pas le rester. Quelque chose est là bien avant nous, comme indifférent à notre présence et à notre absence. Un gisement est une accumulation, une source. Est-ce un trésor ou une malédiction? Nous guettons les signes à la surface. Bientôt, il n’y a plus qu’eux. Le reste du monde s’estompe, les êtres s’éloignent. Selon les jours ou les années, c’est un drame ou un miracle. Cette oscillation traverse de part en part l’œuvre de Michael Delisle, qui en est une de solitude et de détermination. Ce n’est pas une question d’héroïsme, ni de survie. Plus simplement, c’est que l’auteur, ainsi qu’il l’écrit en 1996 dans Long glissement, sait que « toute rencontre / comme la voix / se déchire ».- Michaël Trahan---dans le mouvement des nomsdes prénoms solidaires marquésà la fonte noire avec des coulées de terre griseau front se rejoindre par les mains, serrer fortjointures exsangues, sauvagesil n’y a rien d’autre à faire en juillet
Michael Delisle est un poète, romancier et nouvelliste québécois né en 1959 à Longueuil. Il est notamment l'auteur de romans: Le désarroi du matelot (1998), Dée (2002), Le sort de Fille (2005), Tiroir no 24 (2010) et Le feu de mon père (2014). Son écriture précise, simple et poignante décrit des univers troubles. Il enseigne la littérature depuis 1992 au Collège du Vieux-Montréal.