Et si en commençant son nouveau roman sur la magie noire par un accident de voiture fatal, la narratrice avait provoqué la mort de son amie Diane, guérisseuse et médium? Dans la forêt de Brocéliande, où elles se retrouvaient l'ét, les légendes celtes, la pratique de la sorcellerie sont toujours prégnantes. Le mystère grandit autour de Diane, sa tragique disparition et ses pouvoirs exceptionnels dont semble avoir hérité sa fille cadette, Soann, une adolescente sombre et troublante, hantée par le deuil et la certitude que sa mère a été assassinée. Habitée par les mystères de la terre bretonne, "Le réveil des sorcières" est sans doute l'un des romans les plus personnels et envoûtants de Stéphanie Janicot. L'auteur de "La mémoire du monde" (prix Renaudot poche) y interroge, à travers le personnage singulier d'une adolescente, les liens obscurs de la transmission et la frontière entre la vie et la mort.
Je suis assez partagée à propos de ce livre. D'un côte le résumé m'a intrigué et l'histoire m'a intéressée, mais d'un autre il y avait quand même beaucoup de défauts qui semblent difficiles à ignorer. Le récit semble se perdre à plusieurs reprises et tous les personnages parlent exactement de la même façon, il n'y a pas de différence entre la façon dont s'exprime la narratrice et celle dont s'exprime Soanne, qui a 12 ans, par exemple. Les relations entre personnages sont peu développées et on peine à comprendre pourquoi Soanne est à ce point accrochée à la narratrice, qui n'a pas de personnalité marquée. Le dénouement vient sans surprise et accumule les clichés. J'ai néanmoins apprécié les références à la mythologie arthurienne et bretonne, et l'atmosphère est assez bien maitrisé, malgré le style du récit, que j'ai trouvé par moments trop lourd.
"Introduire du surnaturel dans un roman, c'est kitsch."
Par contre citer le guide touristique le plus navrant de platitudes de la Bretagne Arthurienne, c'est edgy en diable.
Je n'ai pas de résumé pour ce livre, parce qu'il n'y a rien à résumer. 330 pages, et à peu près 70 pages d'intrigue, et je suis généreuse sur le mot intrigue. Il se passe plus de choses entre la page 312 et la pages 318, lors de la confession du méchant, que dans le reste du roman. D'ailleurs, roman ? Même là j'achoppe. Tous les deux chapitres, l'autrice fait un aparté pour nous raconter une légende celtique, une légende arthurienne, une légende amérindienne, l'histoire du triskell, etc. C'est mal fait, mal écrit, artificiel, et pas du tout romanesque. Et si j'ajoute que l'autrice s'est intégrée elle-même à sa fiction pour faire un "effet de vrai", je pense qu'il n'y a plus qu'à tirer l'échelle.
Je ne connaissais pas du tout Stéphanie Janicot, à part avoir vu son nom écrit sur des couv' de bouquins. Je ne savais pas à quoi m'attendre. Apparemment, ce type d'écriture qui prétend faire du roman mais fait en réalité de la mauvaise vulgarisation, c'est son style. Ça plait sûrement à des gens, sinon, elle n'aurait pas une vingtaine de livres à son actif. Mais c'est objectivement mauvais. Je me souviens avoir détesté les chapitres de vulgarisation philosophique dans L'élégance du hérisson, mais je n'en avait pas été hérissée à ce point-là (jeu de mots même pas voulu) : j'avais eu l'impression que ça s'intégrait au récit, mais si certains de ces chapitres étaient d'une chiantitude absolue. Là, tout est tellement posé artificiellement, on dirait du remplissage.
Et puis tout est tellement kitsch, tellement clinquant, tellement caricatural. Je me suis laissée intriguée par ce livre, parce qu'il parlait de sorcières, et c'est un sujet sans fond, d'un foisonnement de possibles infinis pour faire quelque chose de mystérieux, violent, inattendu. J'ai des réserves sur le dernier Monica Sabolo, Eden (le fait d'avoir choisi des héroïnes amérindiennes, en étant blanche : il y avait des clichés, clairement), mais il y avait ce foisonnement de magie, de danger, d'inconnu, cette moiteur un peu étouffante d'un monde invisible, insaisissable. C'était parfois brillant (et bien écrit, nom d'un chien). Et tout ça en tant une vraie sceptique dans la vie. Ce n'est pas si facile de suspendre mon incrédulité sur du surnaturel. Je me considère bon public sur le sujet du fantastique en fiction, mais il faut que ce soit bien fait pour que j'y adhère.
Janicot a pris tous les pires clichés des médiums et envoûteurs de provinces françaises, a mélangé n'importe comment, jeté le tout en terre de Broceliande (Broceliande, of all places...), et n'a même pas pris la peine de se renseigner sur le versant sombre des choses (en Bretagne ? Le néo-druidisme ? Sérieusement, comment peut-on ignorer la face sombre, néo-nazi, du néo-paganisme ? En Bretagne, merde ! Breizh Atao, ce ne sont pas des gentils nounours. Le drapeau breton a été créé par un journaliste collaborationniste. Les terroriste bretons, même s'ils ne posent plus de bombes depuis très longtemps, sont toujours là, au cœur de la population. C'est une menace réactionnaire, sourde, dormante, mais réelle au sein de la région). Elle a un personnage qui fait des cérémonies wiccan en robe de velours rouge à passementeries dorées, un autre qui a une "barbichette en pointe et (d)es sourcils en accents circonflexes",... Je veux dire, sérieusement... Il manquait les cristaux et les pendules, c'est dommage.
Là où ça m'a mis en colère, c'est le manque d'ironie, de critique et de recul sur ces pratiques. Le rebouteux sont des prédateurs de vieilles personnes. Ma grand-mère maternelle, la branche athée et sceptique de ma famille, en a consulté un quand elle eu un zona qui a duré deux ans et que la médecine n'arrivait pas à soigner. Ma grand-mère était désespérée et écrasée par la douleur. Elle est allée voir le type de personnes qu'elle a toujours traité de charlatan. Ça n'a pas marché, évidemment, et ma grand-mère n'était pas assez fragile psychologiquement pour recommencer l'expérience. Mais ma grand-mère était une exception. Dans le roman, il y a un couple de vieux qui se fait manipuler par des "sorciers", et il n'y a pas une seule réflexion sur le fait que c'est arrivée parce que le commerce de la magie manipule les gens en position de faiblesse. Nan, ce sont les sorciers dans cette histoire qui étaient juste méchants, mais le commerce de la magie, c'est bon, c'est cool. Il y a même une réflexion de la part de l'héroïne-double de Janicot sur pourquoi elle se force à être sceptique, alors que franchement, elle voit bien que c'est réel. What. The. Fuck.
Pour les 70 pages d'intrigues restante, c'est du niveau d'un mauvais roman pour adolescents, et la vrai héroïne du livre est une improbable gamine de 13 qui dit des trucs comme "les poules périclitent", envisage de créer une maison d'hôtes basée sur l'attrait commercial de la magie, et finit par avoir un emploi de jardinière-apothicaire dans un Relais et Château. A 13 ans, donc. Ce qui est très drôle, parce que l'auteur nous répète au moins 10 fois que vendre des potions, c'est illégal, mais apparemment, le travail des enfants de moins de 16 ans, ça va, tranquille.
Le résumé avait tout pour me séduire: la forêt de Brocéliande, les légendes celtes et la sorcellerie. Diane, une guérisseuse meure brutalement dans un accident de voiture. Cet accident en est-il réellement? Mystère. Ses filles se retrouvent seules et la cadette est bien décidée à comprendre ce qui est arrivée à sa mère. Le nom de Stéphanie Janicot m'avait ramené à ma jeunesse où je dévorais le magazine MUZE (culture/allure/littérature) dont Mme Janicot devient la rédactrice en chef. En toute honnêteté, je n'ai pas accroché. Oui, c'est bien écrit mais je n'ai jamais réussi à m'attacher aux personnages et à ressentir de la compassion pour eux. Les changements de narration au début font qu'on a dû mal à bien comprendre le récit. Je n'ai ressenti aucune émotion pendant ma lecture. Le tout fini sur un drame familial digne d'une rubrique "fait divers". Le thème était alléchant mais je n'ai pas adhéré. Je ne sais pas si cela vient de moi ou du roman. Je n'ai pas dû le lire au bon moment ou il n'était peut-être pas fait pour moi.
Une enquêtée rondement menée qui plonge dans l’univers mystique de la Bretagne, sans jamais tomber dans le cliché des sorcières. Extrêmement plaisant à lire.
Roman très intéressant sur les "vraies" sorcières. Ces personnes qui guérissent par les plantes et ont des dons particuliers et inexplicables. C'est un roman rempli de questionnements autour de la magie suite au décès de l'amie du personnage principale. On passe un peu par l'histoire, un peu par l'évolution de la sorcellerie, par les oui-dire et la vision des gens... C'est un livre qui touche un peu au "fantastique" et restant tout à fait réaliste et les deux pieds sur terre. Et puis, est-ce que ça existe vraiment la magie ou c'est seulement le pouvoir de l'attraction qui rends le tout réel? Un livre sans réponse, mais qui laisse à la réflection.
Réenchanter le monde, c'est un peu le thème de ce roman qui navigue entre réalisme et magie. Femmes sorcières, femme en quête du surnaturel. L'histoire est relativement calme même si elle tourne autour d'une mort, suspecte ou surinterpretee? Femmes folles ou réellement douées de magie ? Le récit nous le dira et j'ai finalement était plutôt bien portée par cette histoire aux nombreux secrets de famille. J'ai également aimé le cadre près de la forêt de Brocéliande même s'il n'est finalement qu'un prétexte qui ajoute sa part de mystère.
Le début est déjà génial. Un livre sur une histoire de "sorcière", les VRAI, celles, connaisseuse de plantes et autres secrets de la nature. Véritable coup de cœur. Un mix parfait entre traité sur la "Vrai" sorcellerie et une enquête, histoire de famille. Trop envie de l'acheter pour le relire, le partager, le prêter.
Pas aussi réussi que la mémoire du monde, j'ai néanmoins beaucoup apprécié ce roman. L'intrigue plonge dans la Bretagne des sorcières et druides, des Sabbath sous la lune et des potions au coin du feu. Le dénouement est malheureusement un peu trop prévisible.
Je m’y suis plongée immédiatement : l’univers m’a tout de suite parlé ainsi que l’intrigue et les personnages. En revanche, la fin m’a profondément déçue, trop expédiée à mon goût, avec un dénouement à la fois trop facile et peu satisfaisant. J’étais un peu frustrée.