Lorsqu'il est élu maire du village qui l'a vu naître, dans les Ardennes, Paul jubile : il va agir concrètement et auprès des siens. Quinze ans plus tard, le " terrain " et un drame personnel l'ont usé. Sa vie bascule. Il est reconnu coupable d'un meurtre et condamné à vingt ans de prison ferme. Comment a-t-il pu en arriver là ? Sur le chemin qui le mène vers sa cellule, Paul se souvient, de son idéalisme avant la désillusion, d'une existence d'homme de plus en plus fragile. Critique du monde politique à la française, Monsieur le maire retrace avec force et réalisme l'histoire si ordinaire et pourtant essentielle de ces citoyennes et citoyens qui vouent leur vie à leur commune.
Merci à #NetGalley France et aux éditions Le Cherche Midi pour l’envoi de ce second roman de Pascal Grégoire, intitulé Monsieur le Maire. La quatrième de couverture présente ce livre comme une critique du monde politique à la française, une illustration réaliste de l’histoire publique et individuelle, à la fois si ordinaire et essentielle de ces citoyennes et citoyens qui vouent leur vie à leur commune, au cours de mandats électifs. Ayant moi-même une courte expérience d’un mandat de première adjointe au maire dans un tout petit village (moins de 200 habitants), certes plus petit que celui dont il est question ici (1 352 habitants), ces questions et problématiques m’interpelaient forcément.
Tout commence dans un tribunal ; Le maire d’un village des Ardennes est jugé pour un homicide, condamné à de la prison ferme… Au cours de son transfert en fourgon cellulaire vers la prison, il se remémore son parcours et le tragique concours de circonstances qui l’ont entraîné jusque-là. Lorsqu’il était revenu dans le village qui l’a vu naître et qu’il en était devenu maire, Paul Morand était rempli d’idéal et de bonne volonté, prêt à se donner sans compter auprès de ses administrés. Quinze ans et deux réélections plus tard, il est devenu un homme usé, désillusionné, fragilisé, épuisé physiquement et moralement par les difficultés multiples de ses mandats et un drame personnel.
Paul Grégoire s’est penché sur le quotidien des élus locaux, à la fois dans les infimes détails et anecdotes mais aussi en reprenant des exemples de sujets plus médiatisées comme le mariage pour tous, l’accueil des migrants ou des faits divers, tel ce commerçant qui abat un cambrioleur arabe… Certaines péripéties autour de marchés, de travaux, de voirie, etc… m’ont fait penser à des situations que j’ai moi-même connues.
J’ai été particulièrement sensible au côté tragique et fataliste de ce roman, touchée par cet homme toujours aux premières loges, « dindon de la farce républicaine », dont la colère et le ressentiment enfoui venait de si loin. Même si le récit commence par la fin, avec sa condamnation, il y a dans ses souvenirs une réelle montée en puissance servie avec talent par l’auteur. Les personnages sont finement travaillés, avec un large spectre de nuances et de paradoxes… Seul le journaliste, catalyseur principal de la triste fin, car cause, moteur et conséquence de l’enchainement fatal, symbolise peut-être trop le méchant, le mauvais, une somme exponentielle de jalousie et de rancune…
Pascal Grégoire a dédié son livre à tous les maires de France, en hommage à leur dévouement face aux difficultés grandissantes de leurs tâches, en réaction aussi devant les nombreuses démissions. Un roman humain, dérangeant, utile…
Pascal Grégoire conte la vie de Paul, jeune diplômé de sciences pô, qui revient dans son village natal pour mettre ses compétences au profit de sa commune. Il reprend l'imprimerie familiale et brigue la mairie face au maire sortant, le notaire du village. Ses idees nouvelles, son jeune âge, lui permettent d'accéder à la fonction de magistrat de la ville. Élu en 2001, il est réélu en 2008 puis 2014. Helas, un journaliste local le prend en grippe et ne cesse de publier des articles sarcastiques sur chaque projet mené par le Maire, jusqu'au drame...
Mon avis est partagé sur ce roman. Je travaille dans le milieu des collectivités locales et j'ai donc été amenée à surligner certaines abbérations dans ce récit. J'aurais apprécié que l'auteur soit mieux renseigné sur le mode de gestion d'une commune. C'est un aspect que j'ai eu du mal à surmonter, mais qui ne tient qu'à mon expérience. Par contre, l'isolement du Maire et surtout la responsabilite qui pèse sur ses épaules, le désengagement de l'état et la pression des habitants sont particulièrement bien décrites. A travers de nombreuses anecdotes, un peu caricaturales, l'auteur amene le lecteur à comprendre l'enchaînement qui amène ce maire à craquer. Ce fut une lecture plutôt sympathique sur fond de querelles de clocher, jusqu'aux dernières pages, beaucoup plus tragiques.
Paul Morand est le maire d’un petit village des Ardennes françaises , brillant élève, il a choisi de revenir dans son village d’enfance et de se présenter aux élections . C’est grâce à son jeune âge , à ses espoirs de changements qu’il va gagner la confiance des habitants et par la même occasion se faire un ennemi , le maire sortant . Quelques décennies plus tard , le vent a tourné pour Paul M. , l’impensable est arrivé , il est soupçonné du meurtre de Paul Gentil ,le fils de son ennemi , l’ancien maire . Chronique très juste de la vie d’un maire actuel , tous les problèmes rencontrés sont analysés , les migrants , le racisme mais également les pertes d’emploi , les petits magasins qui ferment , les habitants qui se sentent délaissés par les élus . J’ai beaucoup moins aimé l’histoire de la rivalité , de la haine entre le maire et son ennemi , ces passages m’ont semblé peu nuancés . Malgré tout , un beau portait de la vie d’un maire aujourd’hui , de ses nombreuses responsabilités.
I have just finished Monsieur le maire by Pascal Grégoire. The book is in French, but will hopefully be translated soon. From the very first chapter, you are swept up by the predicament that Paul is facing: he is accused of killing the journalist Jacques Gentil who has hounded him since the beginning of his term in office. The mayor of a small town in the Ardennes, Paul has worked tirelessly to bring positive changes to his community. You don't want him to go to prison to serve his 20 year sentence; he is a kind, idealistic man. Yet, he can be weak, too eager to please and be liked. The endless political squabbles, the incessant complaints, the small-mindedness of his constituents and his own personal issues with his wife, have tarnished his vision of himself and his role in the village; but murder? I couldn't put the book down and I have been thinking about it ever since I read the last page.