Fin des années 80, c'est la période bénie des winners. Le capitalisme et ses champions, les Golden Boys de la finance, ont gagné : le bloc de l'Est explose, les flux d'argent sont mondialisés. Tout devient marchandise, les corps, les femmes, les privilèges, le bonheur même. Un monde nouveau s'invente, on parle d'algorithmes et d'OGM.
À Genève, Svetlana, une jeune financière prometteuse, rencontre Aldo, un prof de tennis vaguement gigolo. Ils s'aiment mais veulent plus. Plus d'argent, plus de pouvoir, plus de reconnaissance. Leur chance, ce pourrait être ces fortunes en transit. Ils pensent qu'il suffit d'être assez malin pour se servir. Mais en amour comme en argent, il y a toujours plus avide et plus féroce que soi.
On ne joue pas impunément avec l'argent des puissants. Et pour les requins de la finance internationale, l'amour n'est pas une valeur refuge. Aldo et Svetlana n'avaient aucune chance.
De la Suisse au Mexique, en passant par la Corse, Joseph Incardona brosse une fresque ambitieuse, à la mécanique aussi brillante qu'implacable. Vaste comédie humaine tout à la fois roman noir et grand roman d'amour. Une prouesse.
L’auteur nous prépare au début. Dans le Prologue, il nous met en garde. Ce n’est pas une histoire d’argent, il nous dit, ni de truands, désir et trahison. Il s’agit d’une historie d’amour. Et pourtant, je peux dire que c’est sans doute, une histoire complexe à la manière suisse. Tout ou presque tout se passe à Genève à la fin de 1989 et au début de 1990. Une intrigue intéressante qui se développe lentement et nous maintient collés au livre sans pouvoir le laisser de côté.
Et puisque nous sommes en Suisse, il y a de l’argent, beaucoup d’argent, il y a aussi des banques, et de puissants hommes d’affaires. Il y a aussi de belles femmes, des mariages d’intérêts, des amants clandestins, des mensonges et des simulations. Tout commence avec Aldo Bianchi sur un court de tennis. Et il y a Odile, amoureuse d’un rêve, qui s’ennuie dans sa maison au bord du lac, Svetlana, belle et élégante, dédiée à son travail chez UBS et Mireille Leon, regardant la mer dans son paradis corse.
L’histoire s’étend sur une centaine de chapitres et prend des virages inattendus, laissant l’imaginable de côté, jusqu’à ce qu’il atteigne une fin totalement inattendue. Tout au long du livre, Joseph Incardona montre une bonne capacité narrative, couplé avec un esprit créatif de bon romancier. L’auteur ne cache pas son admiration pour Charles Ferdinand Ramuz qu’il cite à plusieurs reprises. Ces citations sont une sorte de coup de pinceau sur le tableau et s’ajoutent aux ressources littéraires qui abondent tout au long du livre.
Parfois, l’écriture prend une tournure fantaisiste et propose des scènes franchement incroyables qui nous font douter de ce que nous lisons. Mais, la plupart du temps, une certaine cohérence prévaut qui fait de ce livre un roman charmant.
Mais attention, les lecteurs engagés, alors que La soustraction de possibles est l’héritier d’une histoire narrative helvétique, il ne rivalise pas avec le chef-d’œuvre absolu d’Albert Cohen, Belle du Seigneur.
Quel cynisme, quel ennui... Des tentatives de style ratées, un égocentrisme mal camouflé, des personnages qu'on n'aimerait jamais rencontrer. Seul le titre est intéressant!
Un roman époustouflant, une intrigue complètement folle dans la Suisse hyper libérale de la fin des années ‘80, avant l’écroulement des derniers empires. Incardona est un sacré conteur, au style unique, qui sait mélanger des intrigues parallèles au destin d’une société pourrie de l’intérieur par l’argent, les magouilles, les trafics internationaux, les valises pleines de billets de banques qui circulent au grand jour. Ce roman est un suspense infernal, touffu, baroque, hyper moderne et décadent.
L’argent ne fait pas le bonheur, ça on le savait déjà. Néanmoins, malgré une histoire somme toute banale, l’auteur parvient à tenir le lecteur en haleine jusqu’à la fin. A la fiction se mêlent des apartés du narrateur aux personnages eux-mêmes ainsi qu’aux lecteurs. A cette originalité, s’ajoutent des articles engagés qui dénoncent le cynisme du monde de la finance et des banques, un monde clôt dans lequel il est impossible de s’approcher, à moins d’en payer le prix fort. Seul est sauvé, et ce n’est pas rien, l’Amour !
Intéressant d’avoir une histoire qui se passe à Geneve mais la sexualité présentée dans ce livre est celle d’un homme qui est très loin de représentée celle de nombreuses femmes
Difficile à évaluer ce livre. D'un côté, il y a le sexe et la violence qui racolent les bas instincts du lecteur. De l'autre, il y a le style nerveux, peut-être un peu prétentieux par son érudition qui n'échappe pas à l'erreur (la bombe d'Hiroshima n'était pas une bombe à neutrons), mais définitivement efficace. Le tout rive le lecteur à La soustraction des possibles. De là à écrire que c'est un roman machiavélique (Le Figaro), c'est exagéré. Que c'est profond et ambitieux (Le Monde), ça l'est moins.
Un regard ironique sur le Genève des années 1980 où les valises pleines d’argent circulaient facilement entre les frontières. Un roman haletant où l’auteur intervient pour le grand plaisir du lecteur.
Je ne comprends vraiment pas l enthousiasme reflété sur le bandeau et la deuxième de couverture, qui induisent fortement en erreur. Je n ai même pas réussi à arriver au bout tellement la lecture est pénible. Le style n est pas joli, les personnages pas convaincants, l histoire sans réel intérêt. La vision des femmes est épouvantable (bonjour le machisme sous jacent), et l ensemble est rempli d un cynisme qui dégoûte plutôt qu interpeller. N est pas Dicker qui veut… À éviter !
L'histoire est bien, mais la fin me laisse un peu perplexe. L'écriture est ok, quoique un peu pompeuse (petites incursions de l'auteur qui se fait mousser bof) et parfois les descriptions du contexte sont trop longues. Et il y a des fautes d'orthographe... Les personnages féminins sortent clairement de l'imaginaire d'un homme, sans parler de la scène de suicide qui est plus trash que nécessaire. Par contre, je ne vais pas me mentir, c'est plaisant de lire une histoire dans le cadre genevo-centré.
Pas mal de bonnes choses dans ce livre genevois, mais malheureusement pas assez pour faire oublier le style prétentieux(Daniel Visentini, sors de ce corps!), les nombreuses digressions et le male gaze omniprésent.
Aucun atome crochu avec roman qui a été, d'un bout à l'autre, pénible à lire. Une fois encore, je me retrouve complètement abasourdie par les nombreux avis élogieux présentés sur le bandeau du roman. Le "profond et ambitieux" du Monde me paraît plutôt "laborieux et flou" tandis que les "phrases qui cinglent, brûlent et glacent" m'ont fait au contraire bailler, gémir d'ennui et m'impatienter que cette fin finissent par venir... dommage de finir mes lectures du Prix ELLE de cette façon...
Très bon polar au style très personnel.. Le point de vue de l'auteur sur ses personnages, régulièrement exprimé avec le recul "historique", l'action se passe en 1989, crée une ambiance très singulière. On pressent l'inéluctable tragédie qui vient, même si l'histoire d'amour entre les deux principaux protagonistes laisse, jusqu'à la fin, espérer une issue heureuse....
Un joli feu d’artifice que cette soustraction des possibles. Contrairement à d’autres approches pleines de promesses comme l’infinité des possibles, "La soustraction des possibles" de Jospeh Incardona pourrait sembler sombre et étriquée. Sombre surement, car nous avons affaire à un roman noir, mais étriquée pas du tout. Plus précisément une histoire d’amour dans un roman noir comme l’amour, car vous connaissez la chanson, les histoires d’amour finissent mal en général. Un roman social aussi, car son thème principal est l’avidité, la soif insatiable de posséder au risque de l’illégalité à Genève et dans l’Europe à la charnière des années 80-90. Le monde change, un mur tombe à Berlin et accouche de l’ultralibéralisme, un chercheur invente le web. Dans un rythme soutenu, ça part dans tous les sens : fraude fiscale, capitaux en transit, mafia corse, albanaise et grand banditisme, prostitution internationale, dessous de la mondialisation, lien entre libido et pouvoir, convoyage et blanchiment d’argent sale, couples riches et puissants de la bourgeoisie d’affaires, banquiers crapuleux et oligarques russes. Au milieu de ces super riches, un gigolo arriviste et une employée de banque ambitieuse vont tenter de tirer leur épingle du jeu. J’ai aimé le style alerte et grinçant, sensuel et spirituel, les dialogues tendus, la puissance des évocations, les références ou les allusions littéraires. J’ai adoré les interventions du narrateur qui s’immisce régulièrement dans le récit pour s’interroger avec finesse et humour sur l’art de narrer. Je ne me suis pas ennuyé dans la peinture de cette société capitaliste, écœurante, amorale, cupide et sure d’elle et le cadre de Genève lui convient parfaitement : une façade de courtoisie et de tranquillité qui cache un monde sordide et immoral.
Une histoire faite de champagne et de caviar. De court de tennis et de Tag Heuer. De Versace et de Chanel. Une histoire faite d'une femme qui s'ennuie à mourir dans sa cage dorée. D'un mec version gigolo prof de tennis. D'une bimbo tchèque qui a su faire sa place au soleil. D'une famille Corse qui règne en maître et seigneur. De fric, de pouvoir, de tromperie, de trafic en tout genre. De blanchiment qui n'est pas celui d'une laverie automatique. De personnages hauts en couleur. De sarcasme, d'ironie, d'humour et...pour une fois...d'amour ! Une recette à l'Incardona qui se veut, comme toujours, explosive et jubilatoire ! Toujours difficile d'exprimer un ressenti à la lecture d'un Incardona. C'est un style unique. C'est des mots qui s'entremêlent à la perfection. Des émotions bruts. Un regard sur notre société. Acerbe, piquant, pointu, perturbant. Une plume acéré qui tranche comme la lame d'un scalpel. Tu observeras l'histoire au travers d'un objectif de caméra. Un auteur en narrateur omniscient qui te raconte et s'adresse même directement à toi lecteur. Fabuleux ! "La soustraction des possibles", c'est un titre exceptionnel pour un récit "Made in Switzerland" avec mode d'emploi intégré. Noir, puissant, brutal. Incardona te plonge, à l'aube de l'avènement du net, dans les méandres du blanchiment d'argent, dans les profondeurs abyssales des coffres suisses avant la levée du secret bancaire mais aussi dans les relations humaines sous toutes ces formes dans un final en feu d'artifice ! Brillant ! Un Incardona, ça ne s'explique pas. Ca se lit !
Fin des années 1980 , chute du bloc soviétique et triomphe du capitalisme libéral, début de la mondialisation et de la dérégulation et une finance internationale qui s'emballe … À Genève, paradis des banquiers, du blanchiment d'argent et de la fraude fiscale, un petit prof de tennis, gigolo à ses heures, et une jeune financière aux dents longues rêvent de se faire eux aussi une place au soleil .
Bienvenue dans le monde impitoyable de la finance, des avocats d'affaires, des criminels en col blanc, de l'argent sale et des trafics en tous genres, du grand banditisme et des mafias corses ! A priori, pas trop mon genre de lecture : un roman noir, très noir, cynique à souhait … et pourtant non seulement je suis allée au bout mais j'y ai pris un certain plaisir !
Ce qui m'a scotchée c'est le style de l'auteur qui nous propose une espèce de tragédie grecque , hyper bien composée et écrite, dans laquelle il joue lui même le rôle du choryphée, commentant l'intrigue et les réactions de ses personnages, apportant quelques anecdotes personnelles ( comme les allusions à Charles Ferdinand Ramuz). Après un début assez classique autour d'Aldo le gigolo et son obsession de l'argent et du pouvoir qu'il procure , l'intrigue va crescendo et le rythme s'accélère en plongeant de plus en plus profond dans le premier cercle des winners et de leurs compromissions en tous genres. L'écriture se fait plus acérée, plus caustique, le thriller plus haletant. C'est très noir et très brillant à la fois ! Un auteur, au style très personnel, que je découvre avec intérêt .
J’ai dévoré ce roman comme une pâtisserie jamais écœurante.
Est-ce le cadre ? Est-ce le cadre ?Genève et ses banques, ses couples sans difficultés financières, ses femmes aux corps parfaits, ses salons feutrés.
Est-ce les personnages ? Aldo prof de tennis et gigolo en hiver ; Svetlana et sa fille qu’elle élève seule ; Odile folle éperdue d’Aldo et prête à tout pour lui ; Christophe Noir banquier sans scrupule ; le couple Horst et Julia ; Mimi la corse qui règle les problèmes elle-même.
Est-ce le récit qui se met en place lentement : on entre dans l’intimité de chaque personnage jusqu’au gros coup final.
Est-ce le ton si spécial : le narrateur prend à partie le lecteur, anticipe, joue avec ses nerfs.
Il est beaucoup question des romans de Charles-Ferdinand Ramuz, auteur helvétique que je n’ai jamais lu.
Même si la haute finance est un mystère pour vous comme pour moi, l’auteur réussi le tour de force de passionner le lecteur avec des personnages attachants ou repoussants et une narration vivante.
Quelques citations :
La jalousie. Souffrance à l’état pur. (p.186)
Le problème avec la vie qui avance, c’est qu’elle soustrait les possibles. (p.268)
(…) un des thème du roman est aussi celui de la superficialité au croisement de la tragédie. (p.271)
L’image que je retiendrai :
Celle du collier Tiffany dans un des coffre de la Banque.
J'avais entendu beaucoup de bien de ce roman et fut donc bien contente de le découvrir dans sa version poche...
Et pourtant, grosse déception !
Les éléments pour une bonne intrigue sont bien là, mais j'ai trouvé un peu forcé le côté "adjectifs qualificatifs et descriptions comme dans un polar", de même que ces personnages qui restent lointains.
Les passages intéressants restent les pas de côté autour de la politique et de la finance, qui donnent un peu de perspective au livre.
Autre étonnement majeur, de belles grosses fautes d'orthographes dans le livre à plusieurs reprises ... Super !
J'ai aimé ce bouquin qui avait beaucoup à me déplaire d'entrée. Incardona donne des leçons de culture générale à tout moment, même quand il se trompe en disant que les Américains auraient lancé une bombe à neutrons en 1945. Ou ses réflexions morales avec un air de supériorité. Mais j'ai adoré ses descriptions de Genève, une Genève du quotidien. J'ai aimé ses débuts de chapitre : il y en a tellement ! J'ai pris plaisir à l'histoire, au petit Rital (lui-même ?) en gigolo amoureux, ses Corses délicieux, avec la dame qui lit Ramuz et adore Hodler. J'ai dégusté la fin tragique de l'histoire. Incardona est un romancier qui fait bon lire.
Ayant grandi a Genève, je me réjouissais de lire ce livre. Malheureusement, deux problèmes m'empêchent de lui donner plus que 3 étoiles. Premièrement, je nai pas trouvé crédible du tout le fait que la belle, riche et intelligente Svetlana tombe amoureuse d'un beauf prof de tennis. Deuxièmement, le fait que l'auteur s'insère dans l'histoire a plusieurs reprises est plutôt étrange. J'espérais qu'il en advienne quelque chose, une utilité que l'on découvre plus tard dans le livre, mais non... Cela dit, c'est bien écrit et il y a des observations intéressantes sur la nature humaine, ainsi qu'une trame bien ficelée.
Un style direct, une narration «chapeau» qui crée un éloignement avec les personnages, un style presque journalistique font de ce roman un ouvrage original. On y retrouve un monde riche et puissant, où la cupidité est le maître mot et brise les êtres les uns après les autres. Un Dallas genevois dans les 80s, où les banques ont remplacé les forages pétroliers. Malgré un sujet intéressant, j'ai eu du mal à entrer pleinement dans ce roman, ne me sentant jamais proche des personnages, jamais en projection. A découvrir donc, mais pas nécessairement le chef d'oeuvre annoncé.
Juillet 2024. Lecture à la fois pénible et parfois (des petites perles rares) intéressante. Quel paradoxe! Je me suis profondément ennuyée dans cet univers financier, cruel, machiste. Je n’aimais pas les personnages clichés, maladroits, tristes, malheureux. Mais, voilà, parfois les observations du narrateur étaient drôles, pertinentes, justes. En tout cas, assez pour que je persévère et que j’aille jusqu’au bout. (À mon corps défendant.)
Au final, un gros bof. Je vais néanmoins retenter le coup avec cet auteur. Je prends un break par exemple.
J'ai beaucoup aimé ce roman au rythme de plus en plus endiablé, avec toutes les réflexions sur le monde de la finance et du grand banditisme qui l'accompagne. J'ai aimé la voix off de l'auteur qui s'adresse au lecteur avec humour . La corruption, le blanchiment d'argent, le pouvoir, tout un monde de violence et de frustration. Cependant j'ai eu une impression essoufflement sur les 50 dernière pages.
Avis très mitigé. C'est bien écrit, certes, mais l'histoire m'a profondément ennuyé. Les nombreuses incursions de l'auteur et son rapport malsain à ses personnages n'ont pas aidé. La fin bien qu'attendue n'a d'ailleurs pas beaucoup de sens quant aux motivations de certains personnages et l'armée d'escort tueuses est un peu pénible sur la fin. De plus gros TW suicide romanticisé d'une façon gênante.
Je viens de renoncer à finir ce livre… j’en suis désolée. Je n’ai jamais vu une telle accumulation de clichés et au bout de 120 pages cela n’a toujours pas démarré. L’horreur ! En plus l’auteur nous prend pour des idiots il nous assène des discours et des explications « philosophiques » totalement inutiles. Il faut faire confiance à vos lecteurs M. Incardona. Dommage, derrière les panneaux était tellement bien. À vous de juger.
Roman sur la finance et la mondialisation. On côtoie des ultras puissants et des ambitieux impuissants. Et puis l’auteur ,Joseph Incardonna qui prend plaisir à jouer au philosophe et moraliste de :cette période des années 1980, et à nous associer avec humour à ses réflexions. Pour mon plus grand plaisir.....!
Grosse déception. Je trouve que ce roman est un beau gâchis en ce sens où l’auteur gâche son propos en collant du sexe à tout bout de champs et n’importe comment, et c’est souvent ridicule. C’est dommage car il excelle dans le cynisme et le grinçant et fait preuve de quelques bonnes idées narratives.