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Laissez-nous la nuit

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Le destin donne parfois d’étranges rendez-vous. Pour Max Nedelec, la cinquantaine, patron d’une imprimerie en difficulté, tout bascule un matin d’avril , quand des policiers viennent sonner à sa porte. C’est le printemps, une douce lumière embrasse son jardin.Un bordereau perdu, des dettes non honorées, beaucoup de malchance et un peu de triche. La justice frappe, impitoyable.  Max Nedelec quitte le tribunal et ne rentrera pas chez lui. Vingt-quatre mois de prison ferme : il s’enfonce dans la nuit.Là-bas, le bruit des grilles qui s’ouvrent et se ferment marquent les heures  ; là-bas, on vit à deux dans 9m2  ; là-bas, les hommes changent de nom et se déforment : il y a Marcos, une montagne au cœur tendre avec qui Max partage sa cellule  ; Sarko, inquiétant maître qui règne sur la promenade…; le Serbe qui trafique et corrompt tout  ; Bambi, le jeune syrien sous la coupe des puissants  ; le trio indomptable qui s’est fait baptiser «  la bête  »  ; et tous celles et ceux qui traversent cet univers parallèle, Françoise, la médecin, les gardiens, l’aumônier puni et le directeur.Dans la nuit se révèlent les âmes  : ce premier roman d’une incroyable maitrise nous plonge dans les arcanes d’un monde inversé, avec ses lois propres. Mais il y a aussi une lumière, une tendresse, des passions  : un livre saisi entre deux portes, une messe aux lourds trafics, un jeune cousin devenu avocat , Mélodie la petite fille grandie d’un coup, le souvenir doux de l’ancienne passion… Bienvenue aux âmes perdues et retrouvées.

624 pages, Kindle Edition

Published January 15, 2020

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About the author

Pauline Clavière

7 books1 follower

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Displaying 1 - 4 of 4 reviews
Profile Image for charlie medusa.
603 reviews1,463 followers
January 24, 2023
C'est toujours chouette de lire un premier roman, surtout un gros pavé comme ça, on a de quoi faire de vraies découvertes, se confronter à des plumes, des voix, des thématiques nouvelles.
C'est toujours chouette aussi, parce que c'est là qu'on est le plus pris au dépourvu parfois, qu'on se laisse surprendre, qu'on voit ses attentes vraiment détournées.

Laissez-nous la nuit a été, à ce titre, une jolie découverte, surtout étant donné qu'il s'agit du premier roman d'une journaliste. Attention, je vais partir dans de (très) larges généralisations, mais de la part des journalistes écrivains, on a souvent droit à des romans très lissés, avec une façon d'écrire parfois très fonctionnelle, des personnages réduits à des types et des thématiques très conventionnelles. Rien de tout ça ici : Pauline Claviere s'indigne, s'émeut, s'énerve, et emporte ses lecteurs avec elle dans un long texte bouillonnant où la thématique de l'incarcération a été étudiée avec soin et exigence, où l'intrigue possède de nombreuses et riches ramifications, et les personnages sont décrits avec minutie et une certaine intelligence sociologique.

Le roman avait donc tout pour me plaire, mais voilà, il s'agit là d'un texte qui a les défauts de ses qualités (je sais, c'est terriblement galvaudé comme formule, promis, c'est à peu près justifié, enfin, je crois). En gros, à force de trop vouloir tout dire d'un coup, de vouloir marquer l'esprit du lecteur, et peut-être l'époque aussi, le roman erre, se répète, en fait trop, perd en intensité et en puissance à force de multiplier les descriptions, analyses, ressassements et autres boucles mentales psychologisantes. Certains passages, parfois séparés de quelques pages ou quelques chapitres seulement, se ressemblent de façon confondante, certains constats du début du roman sont les miroirs des conclusions auxquelles l'histoire aboutit, et force est d'admettre qu'on a souvent le sentiment de traîner, voire de piétiner, dans une intrigue dont les enjeux sont clairement posés dès ses tous premiers instants, et qu'on ne verra guère évoluer dans son développement. Le propos de Pauline Clavière est fort, juste, mais malheureusement affaibli dans son exécution par la façon dont elle le ressasse et peine à le renouveler. Le texte n'est pas non plus aidé par sa longueur, près de 600 pages, avec un rythme qui pèche : le début, in medias res, est marquant, brutal même, mais il perd vite de sa poigne et de sa pertinence au fur et à mesure qu'il retombe vers quelque chose de plus lourd. La première moitié du récit est notamment vraiment longue, avec des personnages-concept qui existent davantage par les longues descriptions que l'autrice en fait plutôt que par leur chair, leur esprit, leurs idées, le tout n'étant pas aidé par une action qui ne démarre jamais franchement.
Le roman souffre enfin d'une difficulté au niveau de son point de vue : on est censé partir du personnage central de Nedelec comme repère, appui et protagoniste, mais l'autrice le campe dans un rôle d'observateur, de témoin très passif et finalement assez inaccessible qui le rend très distant pour le lecteur.

Laissez-nous la nuit est donc un texte ambitieux dans son propos, porteur d'une vraie qualité, d'un travail, d'un engagement, mais qui reste malheureusement bien trop dans l'analyse, le concept et la théorie, sans jamais vraiment s'engager sur le terrain de l'émotion. La détresse, la colère et la combativité des personnages restent très abstraites, impalpables, et il nous est difficile d'oublier en tant que lecteur qu'on est face à des pages de papier, et rarement, hélas, se laisse-t-on porter par ce récit ambitieux mais trop désincarné. Une jolie tentative, et une autrice douée qui a certainement de belles choses à offrir, mais un premier roman encore perfectible.

https://mademoisellebouquine.blogspot...
Profile Image for Régis Vignon.
12 reviews2 followers
June 30, 2020
L’emplumé a lu… Laissez-nous la nuit (Chronique)

Pauline Clavière intervient dans les émissions C à vous et C l’Hebdo sur France 5. Ce ne sont pas ses débuts à la télévision. Ses interventions sont toujours pertinentes et on sent bien quand on l’écoute que cette jeune femme en a encore sous le pied. Du coup, lorsque j’ai appris la sortie de son premier livre « Laissez-nous la nuit », je l’ai inscrit dans ma PAL (Pile A Lire).

Surprise, il est bien épais pour un premier livre. Plus de 600 pages. Si cela vous fait peur, sachez que l’on se sent si bien dans ce livre, que l’on voudrait bien qu’il soit plus long encore.

La quasi-entièreté du livre se passe en prison. Là déjà, ça peut choquer, on se dit que dans un endroit ultra confiné comme la prison, que pourrait-il bien se passer d’intéressant à part des violences physiques et morales ? On sait bien que le confinement provoque des espaces de liberté, la récente et toujours présente actualité virale nous l’a récemment montré. Mais dans Laissez-nous la nuit, vous aurez cette violence physique et morale, mais vous aurez aussi et surtout bien plus que cela.

Vous aurez des personnages pleins, pas des coquilles vides, des êtres de chair et de sang qui palpitent avec leurs forces et leurs faiblesses. Le personnage principal se retrouve en prison, à tort, je ne vous dirai pas pourquoi mais sans cela ce livre n’aurait pas existé. Il passe par tous les sentiments d’incompréhension, de rébellion, d’acceptation, d’impuissance que l’on peut imaginer.

Le livre commence par son incarcération et se termine par sa libération.

Mais l’important ce n’est pas cela, l’important c’est la prison et ce qui s’y passe. L’important c’est la privation de liberté mais surtout cette déshumanisation que la prison officie sur le prisonnier. Le manque de considération, les conditions de vie lamentables, les caïds qui en font voir de toutes les couleurs aux plus faibles, les matons qui se plient à la loi des caïds. L’important c’est cette idée que l’on existe plus en tant qu’humain dans ce contexte. Que la prison est une machine à broyer les âmes.

L’important ce sont aussi les autres personnages. Compagnons de cellule plus ou moins faciles.

Personnages démesurés, haut en couleur, si forts et si faibles à la fois. C’est la générosité de certains, même assortie de précaution du type si je te donne ça, finalement, ne te leurre pas, ce n’est pas un cadeau.

Des personnages répugnants, d’autres attachants. Un microcosme, un concentré de la nature humaine qui porte ces écarts de morale, ces valeurs ou ces absences de valeurs que l’on constate quotidiennement autour de nous. Là, vu le contexte, c’est exacerbé.

L’important c’est aussi les rapports du personnage principal avec les autres et l’évolution de ces rapports, toujours dans cette taule qui nourrit la bête. La bête c’est le pire des gens, un condensé de méchanceté, d’intérêt, du fait d’utiliser les autres comme s’ils n’étaient que des pions sur l’échiquier.
Pauline Clavière glisse en fin de chaque chapitre des extraits de ce qui semble être un code de conduite pour taulards, ce qu’il faut faire, ce qu’il ne fait pas faire. Comme un contrepoint froid aux émotions, à la vie. Et ce « code » met en relief ce qui vient de se passer dans le chapitre.

Pauline Clavière écrit fort bien, une plume alerte, riche, parfois poétique, parfois crue. Elle nous propose un livre étonnant, riche, attachant et s’ouvre un boulevard d’écriture. Pauline, si vous me lisez, je suis fan.

Je vous conseille sans réserve la lecture de « Laissez-nous la nuit ». Ce livre est une belle découverte.
https://youtu.be/WqOlCgyEcWg

Laissez-nous la nuit
Pauline Clavière
Chez Grasset
21,50€

Disponible sur toutes les plateformes, mais, s’il vous plait, faites-moi plaisir, allez plutôt chez votre libraire.
Profile Image for Mirah Kosmala.
72 reviews
March 18, 2020
Palpitant. Les âmes perdues. Drôle. Saisissant. Irréel et pourtant en plein dans la réalité. Dur.
Profile Image for Marie-Christine Wattiez.
323 reviews4 followers
January 7, 2020
Max Nedelec , cinquante ans , patron d’une imprimerie en difficulté vit une très mauvaise passe : divorce , faillite , dépression .
Depuis plusieurs mois il n’ouvre plus son courrier , ne paie plus ses factures .
Mais un jour , tout s’emballe , Max Nedelec
est méchamment rattrapé par sa lourde négligence, son laisser - aller , la police débarque un matin à son domicile , l’amène au tribunal .
Ce soir , il ne rentrera pas chez lui , pour la loi , il est considéré comme coupable , la sanction tombe , vingt quatre mois de prison ferme .
Max Nedelec n’existe plus , il est devenu un prisonnier , un numéro d’écrou.
Il est confronté brutalement au monde carcéral , à la violence gratuite , aux règlements de compte .
Heureusement pour lui , sa fille , sa chère Mélodie , va se battre pour lui .
Tous n’ont pas cette chance , les lourdes peines sont souvent confrontés à la perte de leurs proches qui eux continuent leurs vies loin de la prison .
Un portrait sans concession de la justice , de son côté kafkaïen inéluctable , du monde impitoyable de la prison où les plus forts font la loi .
Une lueur d’espoir , d’humanité parfois , comme ce prêtre qui ne renonce pas à aider des hommes désespérés, déshumanisés, prêts à tout pour survivre derrière les murs de la prison .
Il y a cette femme médecin qui veille comme elle le peut , sans jamais se décourager sur tous ces êtres meurtris , ces corps et ces âmes en souffrance .
Il y a des monstres parfois créés par l’emprisonnement lui - même , ceux qui font régner la terreur ou simplement qui veulent être respectés .
Des histoires émouvantes comme celle de Marcos qui parviendra à garder sa dignité , Marcos le portugais , impressionnante brute qui cache un grand cœur .
J’ai été agréablement surprise par ce premier roman , l’écriture est très belle .
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