Sont pas bien méchants, nos petits gars. Pas bien mauvais non plus. Mais sont parfois un peu turbulents, chiens fous évoluant l’écume aux crocs, poulains en roue libre dans le pré, jamais en retard pour détruire la mâchoire du voisin ou se faire démonter la leur pour une histoire de fille, de bière ou de regard de travers. Trafiquent un peu dans la drogue récréative et la ferraille, volent petit, revendent à peine plus gros, se vident la tête en boîte de nuit, se remplissent le sang de gin, font le grand huit en agglomération et décapitent au passage une mère de famille qui tentait de dissoudre sa graisse post-partum en trottinant en jogging. Dans le petit matin d’un dimanche de mai. Deux jours avant, elle avait demandé à son coiffeur de lui faire des mèches ambre sur cuivre. Un scalp blond et jaune dégrafé par le capot d’une Peugeot 205 turquoise avec des jantes 19 pouces.
Je n’ai franchement pas aimé ce roman. L’écriture est si caricaturale, forcée et désagréable à lire que j’ai cru à une mauvaise traduction avant de me rendre compte que l’auteure écrivait bel et bien en français. Le style est lourd, vulgaire, je comprends que l’on veut dépeindre une certaine classe sociale, mais le tout est, aucune nuance ici, et tellement stéréotypés que cela ne passe pas. Je n’ai pas du tout accroché!
Une gang de gars vivant dans une banlieue oubliée prend plaisir à effrayer les femmes qui se retrouvent seule sur la route la nuit. À leurs yeux ce n’est qu’un simple jeu pour se divertir. Un soir pourtant, la haine et les effluves d’alcool se mélangent et ils commettent alors l’irréparable. Un livre très percutant et déstabilisant qui donne froid dans le dos. L’autrice à une plume singulière qu’il faut cependant apprivoiser. Heureusement, on s’y habitue rapidement et on apprécie vite son immense talent d’écriture. Un livre à découvrir ! Un coup de coeur pour moi malgré toute sa noirceur. • « Le gibier dépens toujours des intentions de son chasseur, de sa persévérance et de son habileté. »
Si j’ai trouvé l’écriture complexe à cause de la construction des phrases, le cynisme de la narratrice m’a tout de suite séduit. La critique qu’elle fait de cette tranche de la population qui n’aspire à rien de mieux que boire et rouler et foutre le trouble est très bonne, mais un peu moralisatrice, limite manichéen. J’oubliais que l’action se déroulait en Europe tant ça pourrait se produire en régions au Québec. Sommes toutes une bonne lecture.