Yang Fei vient de mourir dans une explosion. Seul, extrêmement pauvre du temps de son vivant, il arrive sur l'autre rive sans pouvoir prétendre à la moindre sépulture. Ainsi est-il condamné à errer là où certains semblent attendre, quand d'autres savent depuis toujours que misère et solitude les consignent à jamais dans ce paisible entre-deux. Déambulant en toute quiétude, Yang Fei croise des êtres depuis longtemps perdus, parvient à donner un sens aux incomplétudes de son existence sans jamais renoncer à l'idée de retrouver son père, ce cher vieillard qui s'échappa une nuit de leur logis en espérant ainsi adoucir leur triste avenir.
Un roman d'une beauté prégnante, où les êtres cheminent vers la douceur en convoquant pour mieux s'en déprendre leur vie de souffrances et d'offenses dans une Chine d'aujourd'hui au pouvoir arrogant et brutal.
Méditation sur le destin et sur le sens de la mort en même temps qu'une critique sociale et politique de la Chine, le roman se situe aux derniers jours de la dynastie Qing (1644 - 1912). Ce livre s’inspire des éléments occidentaux, comme la citation de la Genèse à l'incipit du roman et la forme qui rappelle les 7 jours de la création du monde dans la religion catholique. Déjà, on se dit que c’est un peu étrange.
Hu Yua évoque sans filtre des événements réels qui ont marqué la Chine, ces dernières années : un couple tué après la démolition d'une maison, de nombreuses victimes dans un incendie accidentel dont le décès n'a jamais été reconnu par le gouvernement et dont les corps n'ont pas été restitués à leurs familles, etc.
L’aspect fantastique rappelle le livre de George Saunders, Lincoln in the Bardo, qui explore lui aussi le monde des morts dans l’entre-deux, comme des fantômes errant sans but tout en leurs prêtant des commentaires. Yu Hua fait une distinction marquée entre la Chine du Nord et celle du Sud. Les parents biologiques de Yang Fei sont du Nord alors que Yang Fei est élevé par son père adoptif dans le sud du pays. L'ensemble est moins captivant que son dernier livrre publié en français en 2026, La ville introuvable : Wencheng.
« En Chine, les livres paraissent selon le bon vouloir des éditeurs, qui sont leurs propres censeurs. Deux grandes maisons d'édition m'ont dit qu'elles n'osaient pas publier mon dernier roman, Le Septième Jour, mais elles ont eu le tact de ne pas en parler publiquement. Sinon, personne n'aurait eu le courage de les contredire. J'ai finalement trouvé un petit éditeur qui m'a fait confiance et l'a pris sans même le lire. Il s'est tout de suite vendu à sept cent mille exemplaires. » Yu Hua Le septième jour été monté par le metteur en scène Meng Jinghui au Cloître des Carmes en 2022 au Festival d’Avignon.
Dans ma découverte de la littérature chinoise, j’avais connue Yu Hua grâce à Brothers, un véritable chef d’œuvre que je n’ai pas encore terminé. J’ai commencé ce livre en voulant tout de même continuer à découvrir cet auteur.
Yu Hua dépeint l’histoire de Yang Fei, qui arrive dans le monde des morts et qui reste coincé dans une sorte d’entre-deux car il n’a pas de sépulture. Là-bas, Il y rencontre des hommes et des femmes brisés, qui sont morts dans la solitude. Les histoires s’entremêlent et sont toutes plus pathétiques les unes que les autres. Néanmoins, on s’attache tout de même à ces personnages affreux, sales, parce qu’ils sont tout de mème touchants et qu’ils ne sont que des victimes d’un système terrible qu’est la Chine au XXIeme siècle.
Les histoires sont touchantes, les personnages aussi mais le style d’écriture n’est pas à la hauteur de la qualité de la narration. Je pense que je n’ai surtout pas réussi à accrocher au style des traducteurs, qui était souvent fade et scolaire.