L’œil chafouin, le poil hirsute, Paul Cézanne crapahute par les collines, suant sous son melon, le dos courbé sous le poids du chevalet. Apparaît la bottine d’une femme gisant sur un talus, et c’est le drame.
Trois jours dans la vie de Paul Cézanne suffisent à Mika Biermann pour faire sauter les écailles de peinture, gratter la trame, ajourer jusqu’à l’os le portraitiste de la Sainte-Victoire. Un vilain fait divers transformé en une odyssée de garrigue sur une mer de peinture, dans le sillage du peintre bourru, vaniteux et obsédé par des chimères grotesques qui n’engendrent pas la mélancolie. On en termine la lecture l’œil fringant et les doigts maculés de couleurs fauves.
3.5 arrondis à 4 pour GR. Pas le meilleur bouquin que j'aie lu, mais bien sympathique, de style un peu naturaliste, mais en beaucoup plus léger que Zola !
"Trois jours dans la vie de Paul Cézanne " de Mika Biermann (96p) Ed. Anacharsis Bonjour les fous de lectures.... Voici la première partie d'un diptyque consacré à Cézanne et Morisot Très court récit qui nous dresse un portrait du peintre impressionniste qui ne vit pour son oeuvre. Biermann nous présente le personnage comme un vieux bourru uniquement passionné par sa peinture. Sillonnant sans répit les collines d'Aix-en-Provence à la recherche du cadre idéal. Cézanne a renoncé à tout .. confort, vie sociale. Il vit comme un ours au milieu de ses pinceaux et ses tubes de couleurs. Petit à petit, par petites touches de couleur, on découvre le travail de l'artiste., son monde flou... imaginaire Laissez-vous envoûter, emporter, le temps de trois petites journées dans ce monde de féérie et de couleurs d'un vieil ours désarmant qui a la magie au bout du pinceau
Pour que j'abandonne un livre de moins de cent pages, il faut y aller!
Il avait pourtant tout pour me plaire ce livre: un sujet sympa sur la vie d'un peindre des campagnes à la gouaille assumée, un verbe franc, taillé à coups de couteau de peintre sur la toile de l'impressionnisme... Sauf que, sauf que c'est vulgaire sans nécessité, sauf que ca parle de ba!se, cnl, p!sse et pen!s à toutes les pages, sans besoin d'en faire autant, à tel point qu'on pourrait croire que l'auteur était en manque.
Je lis de tout, y compris des livres plus vulgaires, mais là vulgarité pour le style ne se fait pas dans la gratuité et rêvet une élégance paradoxale dont est cruellement privé ce petit bouquin de 92 pages. J'ai lâché l'affaire et ne pense pas y revenir.
Un petit extrait, pour qui penserait que j'exagère sans doute, page 9 "Paul en a marre de porter le fatras nécessaire à l'exercice de son métier. Il rêve d'un âne qui trimballerait tout ce qu'il pourrait battre avec une badine. Ceci dit, la stupidité de l'animal risquerait de l'énerver encore plus. Avance, n'avance pas. Tourne à droite, ne tourne pas à gauche. Tourne rond et broute des chardons. Chasse les taons d'un coup de queue. Brait pour un oui ou un non. Ricane en montrant ses dents jaunes. Laisse pendre le goupillon de sa verge."
Page 10, à propos d'un hérisson mort "Par l'anus entre un escadron de scarabée. L'escadron de la mort. Le chien remue la queue. Il respire à pleine truffes les arômes du néant. Il en mangerait, du cadavre, mais les piquants l'en empêchent. Alors, il pisse dessus, trois petites gouttes, histoire de participer."
Et c'est ça tout le long, jusqu'à la page 45, où ça parlait de ba!se sans raison, encore... On parlera de peinture sociale d'un temps reculé, je rétorquerai que les paysans, au XIX, savaient déjà mieux se tenir que les bourgeois frustrés (c'est toujours le cas). Assez de ces caricatures, un peu de finesse, que diantre!
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A gorgeously written little gem of a weird book, which is organized around the gruff artist's meanders and the life, myths, thoughts, and words he encounters along the way. I was surprised that Harmonia Mundi is involved in the publication, and in retrospect it makes sense. This piece of writing is like one of those slightly uncomfortable Harmonia Mundi recordings of medieval music played on strange instruments. Ugliness and discordance are comfortable in the orchestra that may not even be an orchestra, but a found group of grumpy specialists who would rather live each in their own Catalan shack only to meet on major holy days. Every sentence is well thought-out, and the writing mirrors the style of the artist.
Un petit bijou, où l’on trouve reconstitué le quotidien de la vieillesse, même quand on s’appelle Paul Cézanne on n’y échappe pas, la frugalité du Jas de Bouffan, la vie qui grouille dans la chaleur des collines d’Aix et « la montagne » toujours en arrière-plan.