Premier roman pour cette montréalaise diplômée en littérature anglaise et espagnole, avec maitrise en traduction littéraire. Livre de petit format, plaquette d’une centaine de pages. Malgré la lourdeur des propos, on passe au travers en très peu de temps. Peut-être que le rythme rapide qui se dégage de l’écriture y est pour quelque chose.
L’histoire : Ayant abusé de l’alcool et n’ayant aucun souvenir de ses agirs des trois dernières heures, une femme se réveille nue auprès d’un inconnu, convaincue d’avoir été violée. Rapidement, elle s’enfuit dans un taxi. Un bourdonnement l’accompagne. Elle vomit et accouche en mode oral d’un colibri qui la suivra partout. Original !
Le colibri devient le symbole qui marque les femmes qui ont vécue, comme elle, des violences sexuelles.
L’auteur rend admirablement bien le mal de vivre qui habite constamment les personnes dont la structure de personnalité est problématique. On comprend que le viol n’est qu’un déclencheur de plus pour raviver les blessures de cette femme qui traine un sentiment de vide depuis longtemps.
Citations:
« Parce que la chose que je déteste est encore là, quelque part, parce qu’elle a déjà gagné et m’a déjà vaincue, bien avant la naissance de mon oiseau, bien avant que j’existe » p. 56
« Nous ne sommes rien. Depuis qu’il est né, je sens que je ne suis rien, genre juste vide, comme si je n’avais plus aucune valeur, aucun poids, aucune signification, aucune… je ne sais pas. » p. 57
« Ça finit comme ça devait finir, comme ça fini toujours avec moi. Il y a comme une formule que je suis consciencieusement. Je trouve des gens pour me servir de réconfort. Je m’expose à eux, leur montre mes blessures en espérant qu’ils sauront faire des points de suture. Mais ils ne font rien. Alors je me vide de mon sang. » p. 107