Certaines personnes ne parviennent à se sentir aimées que si elles ont réussi à être haïes. C’est le cas, notamment, des patients psychotiques ou antisociaux qui « cherchent », attaquent sans cesse leur thérapeute. Pour ce dernier, le fait d’éprouver de la haine envers ces patients-là est très déstabilisant. Dans cet essai visionnaire de 1947, aussi important que La mère suffisamment bonne (plus de 30 000 exemplaires vendus en PBP), Winnicott montre que pour venir en aide à son patient, l’analyste doit paradoxalement lui rendre « haine pour haine », et donc reconnaître et tolérer sa propre haine. L’analyste se comportant, selon Winnicott, comme une mère envers ses patients, on ne sera donc par étonné d’apprendre ici qu’il existe de « bonnes » raisons pour une mère de haïr son enfant – Winnicott en dénombre même dix-sept…
Sincérité et bienveillance. Analyse du fonctionnement transférentiel des psychotiques et conseils pratiques précieux quant à leur traitement. Winnicott est rassurant pour ses lecteurs, presque maternant. Voilà qui nous rassure quant aux mouvements maternels instinctifs pouvant s'immiscer dans la pratique avec les psychotiques et les états-limites.
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