si j’étais un motelj’afficherais jamais completsur mon panneau en néon cheapy aurait toujours au moinsune maudite lettre de brûléeles gens parleraient de moi en disantc’est pas neuf neuf le matelas était bofmais la literie sentait bon pis au moins c’était propre
Maude Jarry est une autrice, poétesse et librettiste basée à Tiohtià:ke / Montréal. Elle a étudié la littérature et le cinéma à l’Université de Montréal et est diplômée en thanatologie. Dans sa pratique d’écriture, elle s’intéresse à l’intime, au corps, à la mort, à la psychologie et aux sciences naturelles.
Anatomie d’une rupture. Le style de vers libres, qui ressemble à une confession orale, fonctionne bien, mais parfois c’était si proche de la prose que je ne sais pas si couper en vers ajoutait vraiment quelque chose au rythme. J’ai aimé le ton cru de l’autrice, et il y a quelques vers assez forts. On y voit déjà les graines de certains thèmes qui reviennent dans La mère des larves (infertilité, rapport au corps féminin, santé mentale).
Ce livre-là, faut vraiment être prêt à le lire. C’est cru, c’est vrai, c’est intense. Maude Jarry n’a pas peur d’aller chercher loin dans ses émotions, ses blessures, ses réflexions, pis elle nous les partage avec une honnêteté désarmante. Y’a une vraie vulnérabilité là-dedans que j’ai trouvée super touchante. Elle joue avec les mots de façon tellement juste que t’as pas le choix de ressentir ce qu’elle vit. Je l’ai lu d’une traite, en un après-midi. C’est venu me chercher pas mal plus que je pensais. Pour moi, c’est un gros cinq étoiles.
j’errais dans la ville dans les verres dans la bière dans les flasques sur les lits sur nos chats à te chercher obstinément en des endroits dans des personnes où tu pouvais pas être j’avais pas compris encore qu’en dehors de toi t’existes nul part
‘’ si j’étais un motel j’afficherais jamais complet sur mon panneau en néon cheap y aurait toujours au moins une maudite lettre de brûlée les gens parleraient de moi en disant c’est pas neuf neuf le matelas était bof mais la literie sentait bon pis au moins c’était propre’’
Ça faisait vraiment longtemps que je n’avais pas lu de poésie et j’avais vraiment beaucoup aimé La mère des larves de la même autrice alors je me suis dit que j’allais faire une pierre deux coup et lire son premier ouvrage.
Comme la plupart des recueilles poétiques, Maude Jarry va explorer sa rupture amoureuse, mais surtout le après rupture. Dans cette poésie linéaire, l’autrice est fidèle à son style cru, vrai et intense, bien que ce ne soit pas un vécu que je partage (I mean, j’ai eu des longues relations qui se sont terminer et tout, mais j’ai toujours été celle en contrôle et je n’ai donc jamais ressenti ce principe de monde qui s’effondre) elle arrive bien à me faire ressentir son vécu. Jarry n’hésite pas à puiser dans ses émotions, ses blessures et ses réflexions pour aller toujours plus loin dans sa prose et nous offrir une certaine honnêteté désarmante.
Il y avait une grande vulnérabilité dans son texte et j’ai trouvé ça touchant. Sa manière de jouer avec les mots est très ingénieuse, c’est juste et plaisant à lire tout en apportant une rythmique au texte intéressante. Elle nous fait très bien ressentir son vécu. C’est un très court ouvrage, avec un rythme très fluide ce qui rend la lecture super rapide, j’ai lu ce livre d’une traite en une heure seulement. Je m’attendais peut-être à quelque chose de plus, une touche d’originalité stylistique que je n’ai pas retrouvée ici, mais j’ai tout de même apprécié cette lecture.
En abordant un thème autant exploiter, il y a toujours le risque du déjà vu, et c’est un peu ce dans quoi j’ai eu l’impression de tomber. Bien que sa prose fût fort plaisante à lire, dans ce genre d’ouvrage je n’ai pas trouvé qu’elle se démarquait suffisamment et peut-être que l’emploi de figure de style autre que la comparaison ou la métaphore aurait appuyé son style d’écriture et donner une force nouvelle. Mais j’ai tout de même apprécié ce retour dans la poésie et je pense que si le sujet de la rupture amoureuse vous parle ce livre va vraiment vous parler.
« dans le métro je pratique ma face de bitch qui s'en câlisse de fille qui s'étouffe sur le boner de son bonheur je la range comme un masque dans ma sacoche de soirée celle pleine de paillettes grande comme ma gueule d'où toute tombe mais jamais rien rentre (…) »
Ouf, que c'est difficile l'histoire d'une dégringolade amoureuse qui dérape pour le pire en cours de route... Ici, aucun vocabulaire obscur, aucun symbole ardu à mâcher, que du brut en grande majorité. C'est poignant, triste à lire...
quand quelque chose / fait pas mon affaire / je ferme les yeux trop fort / quand je les ouvre à nouveau / je fais semblant que c’est pus là / y en qui appelle ça du déni / moi je dis juste / que c’est de la magie
« j'étais dans la ville dans les verres/dans la bière dans les flaques/sur les lits sur nos chats/à te chercher obstinément/en des endroits/dans des personnes/où tu pouvais pas être/j'avais pas compris encore/qu'en dehors de toi/t'existes nulle part »
Chouette recueil de poésie où on parle de la fin d'une relation, mais surtout de l'après. En lisant certains vers, j'ai eu comme un effet de surprise; frappants, mais plus justes que ce à quoi on peut s'attendre.
En parlant de vers authentiques et spontanés, voici un autre recueil de poésie contemporaine vraiment chouette! Les pages suivent une relation trash et brutale aux émotions contradictoires. Parce que dans la poésie, tout n’est pas sublime, pur et idéalisé, elle doit être à l’image de la vie jusque dans ses tréfonds.
Un recueil comme je les aimes. J'ai l'impression que pour bien me plonger dans quelque chose d'aussi cru et à vif, je dois être dans le même état d'esprit. J'ai besoin d'avoir le coeur brisé pour ressentir jusqu'au plus profond de moi-même cette poésie.
Je crois que c'est pour ça que je n'ai pas été 100% chavirée par cette lecture.