"Et vous n'entendez pas les trains ?" demande-t-on à ce couple qui vient d'emménager près de la gare. "J'dis ça, j'dis rien" conclut-on quand on n'en pense pas moins. Perfides, les petites phrases que Philippe Delerm est allé glaner le sont assurément. Mais souvent aussi mélancoliques, comme lorsqu'on coupe un moment émouvant par un pudique : "Tais-toi, tu vas dire des bêtises..."
Spectateur de la comédie humaine, à la ville comme au village, Delerm laisse éclater son talent et sa drôlerie dans ce livre qui compte certainement parmi ses meilleurs.
Philippe Delerm est né le 27 novembre 1950 à Auvers-sur-Oise. Ses parents étant instituteurs, il passe son enfance dans des «maisons d’école» : à Auvers, Louveciennes, Saint-Germain. Études de Lettres à la faculté de Nanterre, puis nommé professeur de lettres en Normandie. Il vit donc depuis 1975 à Beaumont-le-Roger (Eure), avec Martine, sa femme, également professeur de lettres et illustrateur-auteur d’albums pour enfants.
C'était une deuxième chance que moi, qui n'ai jamais terminé "La première gorgée de bière", ai décidé de donner à Philippe Delerm que j'aime bien par ailleurs, en dehors de ses livres, quand je l'entends à la radio, par exemple... C'est que les petites phrases est un sujet que j'aime bien, il est amusant, facile à vendre... et malheureusement, le plus souvent raté. Je pense, par exemple, à "L'Assassin court toujours" de Frédéric Pommier que le livre de Delerm ira rejoindre dans la catégorie de "never-finished". Même s'il commence bien avec le billet sur "Et vous avez eu beau temps?.." en amenant la réflexion sur ce qu'une simple conjonction peut changer dans l'intention et le sens, il emprunte ensuite le même chemin que Pommier sauf qu'il n'invente pas des histoires, il se souvient, il donne dans du nostalgique (du Delerm, quoi). Et on n'en peut plus de ces évidences, cela tourne en rond, cela n'en finit pas... Certains diront: "Question de points de vue", moi je dis: "Un peu trop facile", exactement ce que j'ai dit il y a des (dizaines d') années à propos de la "Première gorgée de bière..." Et c'est souvent, d'ailleurs, que ce genre de livres sont les plus difficiles à lire (et ils tombent des mains et on ne les finit pas). Bref, prenez plutôt le dico "Expressions et locutions" d'Alain Rey et de Sophie Chantreau dans la collection "Les usuels" du Robert: ce n'est pas tout à fait la même chose mais au moins, c'est une lecture passionnante garantie.
Cela pourrait être un recueil d'édito dans un news magazine, mais non c'est un livre. Les petites phrases perfides sont assez inégales, certaines sont très poétiques, d'autres cèdent un peu trop à la facilité Delermienne de la première gorgée de bière. Le plaisir est surtout dans le choix des phrases, les explications de texte sont assez fastidieuses.
Il y a des petits plaisirs dont on ne se lasse pas, Philipe Delerm les connaît bien, c’est lui-même qui les a mis à l’honneur avec son premier recueil “La première gorgée de bière”, il a juste oublié de mentionner qu’une sortie d’un de ses livres figure dans cette liste de petites choses simples, mais qui fait tellement plaisir. Et nous avons d’autant plus de chance que nous commençons l’année 2018 avec sa nouvelle publication.
Je me suis gardé ce roman précieusement, m’offrant quelques chapitres au fur et à mesure de mes journées, par-ci par-là, comme on pioche dans une boite de chocolat en passant par la cuisine sans faire attention à ce que l’on prend, au plaisir de découvrir.
Philippe Delerm a le chic pour mettre en évidence des petites choses de tous les jours dont on passe souvent à côté, lui nous les mets bien en évidence sur la table et, même si après plusieurs recueils de ce type, on commence à savoir où il va nous amener, il y aura toujours ce passage où vous vous direz “mais oui, mais bien sûr” !!
J’ai trouvé certaines de ses histoires super, d’autres m’ont moins touchées, ou m’auront fait dire “mince, je le dis aussi”, cela dépendra de chacun, de notre humeur, de notre histoire, mais nous serons forcément amené à voir les choses différemment. Plus complexe qu’il n’y paraît, car Philippe Delerm nous les décortique, apportant une réflexion parfois poussée sur son analyse.
“Et vous avez eu beau temps ? “ se lit, mais surtout, il se relit !!
Il est des livres qu'on dévore et il y a la petite prose de Philippe Delerm que l'on picore. Des instants volés, des souvenirs d'enfance presque effacés, des sensations saisonnières et il y a bien sûr la langue. Philippe Delerm la manie avec beaucoup de poésie et de simplicité cette langue jusqu'à parfois s'en moquer. Ce recueil de petites expressions était agréable à lire. Mais nous sommes loin de l'esthétisme de la gorgée de bière que j'avais vraiment beaucoup aimé.
Philippe Delerm s’est fait une spécialité dans le décorticage des expressions de langage. Mises à nu avec malice, on les (re)découvre.
Depuis La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules, on sait le plaisir que l’on peut prendre à tourner autour des expressions usuelles, des façons de parler, de s’exclamer, d’utiliser à plus ou moins bon escient des tournures qu’un étranger aura bien du mal à comprendre, voire à traduire. Dans ce nouveau recueil, on partage à nouveau ce plaisir avec une ribambelle de nouvelles expressions passées au tamis du professeur Delerm. Mieux, on se régale de cette analyse aussi lucide qu’impitoyable, aussi facétieuse que profonde. D’emblée le ton (et le temps) est donné. La duplicité de celui qui s’enquiert du climat est mise à jour: «aujourd’hui où les bulletins météorologiques affolent les sommets de l’audimat, où l’on détient l’ubiquité de la connaissance du beau et plus encore du mauvais temps, il est très pervers de sembler se soucier: "Et vous avez eu beau temps? " Car vous le savez trop, j’ai eu un temps pourri. Grand bien vous fasse. » Un beau bracelet de perles va suivre, de «Renvoyé de partout» à «il faudrait le noter», de «On l’a vu dans quoi, déjà à «C’est pas pour dire mais… » ce sont plus d’une cinquantaine d’expressions qui sont décortiquées avec humour et érudition, mêlées à des souvenirs, illustrées d’exemples tirés de lectures, de films, de chansons. Je ne résite pas à piocher dans ce sémillant catalogue quelques exemples pour vous permetre, amis lecteurs, de goûter tout le sel de ces courts textes et l’étendue d’un répertoir edont chacun pourr afaire son miel. Il y a par exemple la suffisance du sommelier avec son «Là, on est davantage sur…», sorte de porte ouverte à tout un registre où la pédanterie le dispute à la mauvaise foi. Il y a ensuite ce «On peut peut être se tutoyer ?» Une étrangeté bien française qui donne l’illusion que les rapports vont soudain se modifier, devenir plus simples et plus directs. Un piège dont il est du reste difficile d’échapper. Prenons encore «Je sais pas ce qu’on leur a fait, aux jeunes!» qui nous donne aussi l’occasion de rendre hommage à deux monstres sacrés de notre cinéma, Jean Rochefort et Philippe Noiret. Dans L'horloger de Saint-Paul, ils déambulent dans les rues de Lyon. «Rochefort s’assoit sur un banc. Et soudain, sans rapport direct avec l'action, cette incidente : Je sais pas ce qu’on leur a fait, aux jeunes!» C’est cette époque «qu’on peut qualifier d'après mai 68» qui s’incarne alors. Soudain, on voit ce fossé entre les générations s’ouvrir et engloutir tous les beaux discours sur la solidarité inter-générations. On entendrait presque Brel chanter Les Bourgeois où les jeunes «peigne-culs» montrent leur derrière et leur bonnes manières. En guise de conclusion, l’un de mes passages préférés, celui consacré à «J’dis ça, j’dis rien!». Philippe Delerm voit cette expression comme «une espèce de précaution postoratoire, parfaitement ambiguë, dont la subjectivité rejaillit sur la fadeur de l’interlocuteur. C’est infinitésimal, mais celui, celle à qui l’on lance un "J’dis ça, j’dis rien" peut se sentir suspecté de ne proférer pour sa part que des opinions banales, ou politiquement correctes. » Je vais vous laisser vous régaler à votre tour avant de préparer ma prochaine chronique. Car vous vous en doutez, «je reviens vers vous» prochainement. http://urlz.fr/6Taa
Lecture plaisante, agréable et facile. Certaines petites phrases sont attendrissantes, ironiques ou encore incisives mais d'autres ... ne me parlent pas du tout ... donc un contenu inégal pour moi. Néanmoins Philippe Delerm a une belle plume, possède une richesse linguistique et oui il maitrise notre belle langue, et ça c'est du plaisir !
Les « instantanés littéraires » de Philippe Delerm me font toujours le même effet : une légère nostalgie, si douce. Celui-ci ne fait pas exception à la règle, il me parait même être l’un des meilleurs avec La première gorgée de bière Je le recommande chaudement
Une légèreté dans l’écriture et une vérité dans ces phrases toutes faites que l’on use ou entend à longueur de conversations! Avec une mention spéciale pour: - Je préfère Gand à Bruges - Et tu n’as rien vu venir? - En même temps, je peux comprendre
Some nice observations of everyday mores and cliché. Some feel very like microfiction ('il en fallait' on a rainy morning in a bakery queue). Nice little primer of contemporary manners. Quick, fun read.
Un livre sympa qui se lit vite mais qui ne restera pour autant pas en mémoire. Certaines phrases sont bien trouvées et "commentées", d'autres sont assez poétiques, mais je pense que cela gagne plus à être lu au compte goutte.
Ennuyant, agaçant, pédant, très "bobo parisien"... J'ai eu la sensation de perdre mon temps et si ce n'était pas une copine qui me l'avait prêté, je ne serais certainement jamais allée au bout de ce livre.
Quelques rares chapitres agréables, pour les autres, on sent que l'auteur se regarde écrire avec satisfaction, peu importe qu'il ait abandonné le lecteur depuis bien longtemps.