Le temps d’un automne de bouette et de pluie, un jeune homme nous fait partager ses cigarettes de fins de soirée et son jogging matinal. Les études en cinéma et son emploi stagnant dans une petite épicerie de Rosemont. Les visites éclair dans le nid familial, où sa petite soeur s’isole depuis des jours et des nuits. Une audition pour obtenir un rôle minable dans un film d’horreur. Un plan de vengeance aux contours grotesques. Une idylle sans espoir, étanchée à coups de grands verres d’alcool et de rages de sucre. Voilà une histoire d’infestations multiples. Un je-ne-sais-quoi qui démange au fond du squelette. Et l’impossibilité de se gratter comme on le voudrait.
Dans ce premier roman de Laurent Lemay, les punaises ne sont jamais bien loin, parfois tapies dans l’ombre, parfois bien visibles, palpables. Écrit dans une prose résolument concise, Punaises offre une plongée dans le cauchemar ordinaire, à travers les insomnies et les incohérences d’un protagoniste confronté à la beauté absurde des relations humaines.
L'écriture est vraiment belle et efficace. On passe par une gamme d'émotions rapidement. Le protagoniste que l'on suit est crédible. On le suit dans ses études, son travail, ses relations amoureuses, ses relations familiales et toutes les sphères de sa vie ne sont pas vraiment "on point". Plusieurs sujets sensibles sont abordés, l'anxiété, la dépression, le consentement, etc.
Je lis rarement des livres écrit par des hommes hétéro. J’ai trouvé que le viol était un peu garoché à la fin. Un moment donné il dit « la délicate odeur de son sexe » en parlant d’un vagin et le mot délicat m’a gossé. Dans la même page il dit d’un gars qu’il parlait « à la fille grassette » à coté de lui. J’ai aussi trouvé que les seules personnes qui étaient décrites de façon détaillée et à connotations « laides » étaient les personnes grosses ou vieilles..Après ça peut être juste le personnage qui est problématique mais c’est jamais dit. Sinon je trouve que les dialogues sont vraiment le fun à lire. Le livre en tant que tel se lit bien, je trouve juste qu’il y a infiniment trop de détails superflus. Dans d’autres œuvres ça peut être vraiment cool à lire et créer une ambiance, voir même te plonger plus profondément dans l’histoire et la faire sentir vraie. Mais là je trouve que ça feel comme un texte où tu dois avoir un certain nombre de mots donc tu ajoutes pleins de qualificatifs. Il y a aussi beaucoup de petits moments voulus cocasses mais qui feel juste comme essayer de mettre le plus possible de petits trucs de tous les jours pour être relatable. Je pense ça ferait moins weird à lire si c’était à la troisième personne mais on dirait que de lire autant de détails au Je ça devient lourd. Tout est décrit comme si on expliquait un film à quelqu’un de non-voyant genre. CELA ÉTANT DIT j’ai apprécié ma lecture et il y beaucoup de passages que j’ai aimé et qui m’ont sourire voir rire. J’ai aussi relate à sa situation avec Maxime, je trouvais que c’était bien illustré sans être trop in the face.
Bien écrit, actuel et factuel. Histoire réaliste du quotidien, sans artifice, traitant des méandres de la vie d'un jeune étudiant en cinématographie qui se chercher un peu. Portrait tout à fait dans l'ère du temps, avec sujets actuels. J'aurais aimé savoir ce qu'il est advenu du protagoniste, de sa sœur et de sa blonde, mais le roman se termine abruptement sur une fin ouverte. Signe que le livre est bien écrit quand on s'attache un tant soit peu aux personnages...
Pendant un automne pluvieux et morne, on suit un étudiant universitaire montréalais un peu perdu. J’ai eu du mal à embarquer au moins dans la première moitié. À partir du moment où je me suis aperçue qu’il y avait un mystère, quelque chose que le narrateur nous cache, j’ai eu plus de plaisir. À relire, car j’ai l’impression d’avoir manqué certains aspects ou échappé quelque chose
Un roman québécois qui nous fait rencontrer un homme fin vingtaine qui a de la misère à vivre. Dans son genre, réaliste, froid, dark et touchant par moments, ce livre est excellent. Cependant, j'en recommande la lecture durant les longs mois d'hiver, car comme lecture du mois d'août, je l'ai trouvé un peu rough et déprimant. Mais en soi, belle oeuvre.
« Il faut dire que j'avais souvent l'impression que les gens s'imaginaient que j'avais l'intention de me suicider. Mais non. Je n'étais même pas capable de m'abandonner à la tiédeur dévastatrice de la dépression. En général, je n'étais pas heureux. C'est tout. Et ça ne me rendait pas plus malheureux d'y penser. » -p. 149
Dès les premières pages, j'avais l'impression de retrouver mes premières amours. J'avais devant les yeux un style d'écriture cynique à souhait, des pluies d'humour noir parfois savamment vulgaire, mais tout en métaphores. Ça m'a immédiatement fait pensé au style d'écriture de Maxime Olivier Moutier, que j'adore.
Mais ce qui est tellement particulier, c'est l'attention aux détails, sans pourtant encombrer l'histoire de flafla inutile. Ça prend un petit moment avant de s'en rendre compte, et c'est difficile à expliquer, mais l'auteur a ce don de mettre le doigt sur des petits événements du quotidien, que nous expérimentons tous, mais sans vraiment s'en parler directement. Il soulève certaines réflexions en apparences anodines et futiles sur des choses comme la buée sur la fenêtre, mais qui rendent au final l'histoire tellement vraie, tangible et concrète.
J'ai tellement aimé l'image du protagoniste qui éteint son appareil auditif lorsqu'il préfère ignorer une situation, l'opinion de certaines personnes ou simplement parce qu'il a ce besoin d'être seul, de s'isoler dans sa tête. C'était d'une originalité rafraîchissante et tout au long de l'histoire, ça a vraiment piqué ma curiosité.
Et l'ambiance, L'AMBIANCE! Si la chanson Gloomy Sunday pouvait se matérialiser, ce serait assurément sous la forme de ce livre. Il est à lire par un dimanche de pluie, en linge mou, tasse de thé bouillante à la main, musique ténébreuse, emmitouflé dans ses couvertures, en regardant la brume tomber avec mélancolie. C'est précis, mais c'est exactement l'image que j'ai quand je repense à l'expérience que cette lecture m'a fait vivre.
Malheureusement, alors que j'ai sincèrement aimé l'univers dans lequel le roman me plongeait, j'ai été extrêmement déçue par la fin, que j'ai trouvé tellement facile, immature, limite paresseuse. Avec du recul, il est évident pour moi que la fin n'a pas gâché mon expérience de lecture, je reste avec des souvenirs dorés, célestes de cette oeuvre. J'aurais juste tellement aimé que la fin s'harmonise avec le reste de mon appréciation.
Je reviens à ce roman lorsque j'ai envie de me remplir la pense de jours d'automne craquants, rapidement nuits puis de quotidien qui donne envie de tout sacrer là. Une histoire à tournant peu éclairée dont on n'aurait penser. Un confort étrange, lugubre? Et pourtant, une écriture tout de même chaleureuse, dans les chutes vitales que Lemay veut nous illustrer.