Écrites par quinze femmes et un homme aux plumes éclectiques, les nouvelles de ce collectif nous mettent dans la peau de stalkeuses, ces femmes qui suivent leurs obsessions et qui ne s'en excusent pas. À travers leurs regards indiscrets, les stalkeuses nous confrontent à notre propre voyeurisme.
Fanie Demeule est née en 1990 à Longueuil (Québec). Elle est titulaire d'un diplôme de doctorat en études littéraires de l’Université du Québec à Montréal, où elle est chargée de cours. Elle a signé les romans Déterrer les os (2016), Roux clair naturel (2019), Mukbang (2021), Highlands (2021) et Dents de fortune (2024), le livre illustré Bagels (2021), le recueil de nouvelles Je suis celle qui veut sauver sa peau (Hamac 2022), ainsi que plusieurs textes dans des revues et collectifs. En 2022, elle a remporté le Prix Jacques-Brossard de la science-fiction et du fantastique ainsi que le Prix des Horizons imaginaires. À travers une pluralité de genres littéraires, ses oeuvres interrogent entre autres les enjeux de santé mentale, les rapports au corps et à l’identité, ainsi que la porosité des frontières entre réel et fiction.
J'ai acheté ce recueil de nouvelles parce qu'une amie y a écrit une nouvelle et je pensais n'aimer que deux ou trois autres textes dans le livre, mais j'ai été ravi· de voir que j'ai adoré plusieurs nouvelles, aimé le reste et détesté une seule des nouvelles (d'habitude, je n'aime pas beaucoup plus de textes que ça)!!!
Je crois que c'est un recueil d'une très bonne qualité, avec un grand respect de la thématique donnée qui donne le titre à l'ouvrage tout en ayant une bonne diversité de situations et de genres différents malgré la tendance du thème à toujours nous amener à regarder un·e autre à travers le regard de la protagoniste (le plus souvent). [D'où les nombreuses allusions visuelles qui travers l'ouvrage et en couverture]
Il semble avoir plusieurs parutions de recueils de textes de femmes cette saison: Stalkeuses, Folles frues fortes et Zodiaque, je n'ai définitivement pas lu les autres, mais celui-ci vaut le détour, j'ai noté quelques noms et j'ai déjà le goût de lire le prochain livre de Fanie Demeule annoncé en grande première dans sa notice biographique (Mukbang, s'il s'agit d'une véritable information, les bio étant plutôt ludique).
Si j’avais un mot à nommer pour parler du fil conducteur de ces nouvelles, outre « stalkeuse », je dirais: « obsession ». Aborder ces thèmes apporte leur lot de tension dramatique. C’est intéressant. Comme dans la plupart des recueils de nouvelles que j’ai lus, certains textes m’ont enthousiasmée plus que d’autres. Malheureusement, ici, il y en a eu plus qui m’ont déçue que plue. Mention spéciale pour celles de Catherine Côté et Fanny Demeule: elles m’ont jetée à terre de par leur originalité et leur imprévisibilité. Ne serait-ce que pour celles-ci, ma lecture en valait le détour.
Un collectif de nouvelles implique des variations dans notre appréciation en fonction des dites nouvelles.
J'ai trouvé que le sujet était sujet à moins d'originalité. Certaines nouvelles se distinguent, mais on ressent beaucoup la personne qui épie les voisins au travers ses fenêtres.
Voici mes préférées (en ordre?) Mon sud-asiatique - Christina Brassard Le goût n'a pas de langage - Ariane Gélinas Le jet - Fanie Demeule Meurtrières- Catherine Lavarenne
Mention spéciale pour Phoenix de Marie-Hélène Larochelle qui est la plus twisted XD
Ce recueil de nouvelles est moderne, puissant et terriblement indiscret. J'ai l'impression que souvent, les recueil de nouvelles sont chapeautés par un thème hyper large, comme l'amour, la mort le sexe... sans grande originalité, quoi. Le rôle de colorer le texte d'originalité revient alors à chaque nouvelle composant le recueil.
Mais il faut avouer que de monter un recueil de nouvelles sous la thématique de femmes stalkeuses, c'est un projet hyper différent et audacieux. Chacune à leur manière, les nouvelles venaient aussi brillamment répondre à cette idée centrale. On pourrait croire qu'étant donné que le sujet principal soit si peu large, davantage étroit, les nouvelles se ressemblent toutes. Mais ce n'est pas le cas: on assiste vraiment à une interprétation subjective de l'idée que l'on se fait d'une « stalkeuse », en 16 échantillons multicolores (mais sombres parfois!).
Ce qui fait la richesse d'un recueil de nouvelles regroupant plusieurs auteurs, selon moi, c'est de passer d'un style d'écriture à un autre, de découvrir de nouvelles plumes. Tout en subtilité, la majorité de ces nouvelles venaient chercher chez moi quelque chose que j'aime dans la littérature. Certains styles étaient plus éclatés que d'autres, certains s'épanchaient en finesse, mais je les ai vraiment tous appréciés. Même si je ne les ai pas tous compris.
D'abord, j'ai beaucoup apprécié la nouvelle « Diane ne dort presque plus », de Catherine Côté. Certaines des nouvelles présentaient un lien davantage implicite avec la thématique de « stalkeuse », mais cette nouvelle prenait vraiment l'idée centrale au pied de la lettre: j'ai lu ce que je pouvais m'attendre raisonnablement de ce thème, sans toutefois tomber dans la banalité ou le manque d'originalité. J'ai ressenti une grande tristesse, une belle mélancolie en la lisant, mais aussi une certaine curiosité malsaine, une jalousie maladive: les sentiments étaient hyper puissants. Et la fin sortait vraiment de l'ordinaire.
La nouvelle « C'est réservé », de Joyce Baker, est une histoire déchirante, brutale, et magnifique à la fois. Un message éloquent de féminisme en ressortait, même si je ne m'y attendais vraiment pas. J'aime quand un écrit donne une voix à un discours aussi important, mais sans passer par la stérilité d'écriture d'un essai. Je pense aussi que toutes peuvent tellement relate à cette nouvelle. Les pensées, les actions de la protagoniste ne sortent pas de nulle part: on les comprend, on les partage, et on les ressent à notre tour.
« Phase lunaire », de Marie-Claude Lapalme, était pleine de mystères. J'avais l'impression que les mots de l'autrice étaient entourés d'un voile gris, d'un épais nuage, venant troubler un peu la lecture. Cela faisait en sorte que je ne m'attendais aucunement au dénouement de l'histoire, même si ça aurait vraiment pu sembler évident. Mais c'est justement grâce à cette aura sombre dans l'écriture que l'on ne pouvait s'y attendre. La lecture de cette nouvelle était délicieuse.
Même si j'ai adoré toutes ces nouvelles, je dois avouer que ma préférée, c'est définitivement « Le jet », de Fanie Demeule. QUELLE DÉCOUVERTE! On penche ici davantage du côté de la stalkeuse un peu perverse, sans pourtant tomber dans l'aspect très sexuel de la chose. Après avoir lu cette nouvelle, je capotais: j'ai voulu la raconter à certaines personnes de mon entourage. Mais ces personnes étaient toutes dégoûtées quand je commençais en disant « Ok, feq c'est l'histoire d'une fille qui regarde les hommes pisser dans les urinoirs, cachée dans une toilette... ». Et avec raison! Si on me l'expliquait, j'aurais exactement la même réaction. Mais c'est parce que justement, cette nouvelle, elle ne peut pas se raconter: elle ne peut que se lire. En la racontant, on a l'impression qu'il s'agit d'une oeuvre grotesque, grossière et de mauvais goût. Mais en la lisant, on voit un tout nouveau monde de subtilité, ce qui vient teinter le message au final. On voit la grande qualité d'écriture, ce qui rend le tout tellement beau: quand la description d'un jet d'urine devient presque poétique, c'est parce que vraiment, l'autrice est un génie. Rien de moins. « Quand ils pissent debout, tous les hommes sont des oeuvres d'art. ». L'autrice dessine des traits élégants entre l'homme qui urine debout et l'art. Et le pire, c'est qu'en y pensant juste un peu, ce n'est pas complètement fou... non?
C'est plate de terminer sur une note négative, mais il y a deux nouvelles qui ne m'ont pas tellement attirée. D'abord, j'ai trouvé que la nouvelle « Meurtrières », de Catherine Lavarenne, souffrait d'un flagrant manque d'originalité. L'idée globale était calquée presque intégralement sur un podcast, « My favorite murder ». Je trouve ça un peu plate qu'on s'inspire aussi largement de ce podcast pour écrire, parce que l'idée des femmes qui tiennent ce podcast est vraiment cool et originale. Je ne pense pas qu'on puisse parler de plagiat, mais quand même! L'adaptation n'était même pas subtile. La freak de propriété intellectuelle en moi ne trippait pas trop... Et la fin était vraiment prévisible.
Finalement, je n'ai rien compris à « Reflets », d'Ariane Lessard. Je suis prête à avouer que c'est peut-être de ma faute! Cette nouvelle est probablement trop deep pour moi. Je ne suis pas habituée de lire des choses qui s'écartent autant de la réalité. Je pense que certaines personnes peuvent vraiment apprécier cette nouvelle, mais elle était peut-être un peu trop fantastico-ésotérique pour moi.
Recueil de nouvelles assez intéressant à découvrir. Le concept est original et la trame narrative est bien respectée. Certaines m'ont plutôt déçue, d'autres complètement dégoutée, mais n'était-ce pas le but?
En commençant la lecture du recueil Stalkeuses réalisé sous la direction de Fanie Demeule et Joyce Baker, je craignais vaguement que les nouvelles soient répétitives en raison de leur point de départ commun. Il n’en est rien. Les textes sont très diversifiés : le sujet est abordé sous plusieurs angles; chaque auteur•e possède son propre style; et les genres varient (ex. : suspense, surnaturel, humour). En refermant ce livre, vous serez sans doute troublé de constater à quel point il est facile de devenir un stalker. Avis lecture complet au lilitherature.com.
«Stalkeuses» est un recueil de nouvelles modernes et variées sur un sujet on ne peut plus d'actualité. Sur 16 nouvelles, il y en a 2 ou 3 qui m'ont moins plu, mais somme toute, il s'agit d'un recueil rythmé qui se lit très bien!
J'ai pratiquement aimé toutes les nouvelles. Certaines sont évidemment plus marquantes que d'autre, mais quelle collection! C'est parfois tellement tordu que s'en est malaisant. Étant souvent confrontée à du matériel dérangeant, je ne m'attendais pas à ce livre a suscité chez moi. C'est le genre d'histoires qui fait lever le poil des bras.
Chacune des nouvelles de ce collectif est comme un bonbon dégusté en cachette de nos parents quand nous étions petits. Un thème vraiment original, des textes qui nous rappellent des époques révolues, et du voyeurisme dans toute sa splendeur! Qu’attendez-vous ?
D'un texte à l'autre, on explore la psyché et les failles de femmes troublées, obsédées par quelqu'un ou quelque chose. C'est glauque, malaisant, troublant.
J'ai bien aimée mise à part 1 ou 2 nouvelles, mais j'ai découvert de nouvelles auteures que j'ai vraiment aimée lire. Le thème était vraiment intéressant, qui n'aime pas stalker ?