Depuis que le père d’Hippolyte est parti, tout dans la vie de la jeune fille est déséquilibré. Sa mère s’enferme de longues heures à la cave et refuse de manger en sa présence. Elle lui prépare pourtant d’énormes pièces de viande qu’Hippolyte se force à avaler. Dans la rue où elles habitent, en bordure de forêt, leur voisine préférée a disparu sans laisser de traces. Et puis, un soir, la mère d’Hippolyte se jette sur elle et la mord. Que s’est-il passé ?
Perturbant et génial, dans le premier sens du terme : il relève du génie.
En même temps, on parle de cannibalisme, là. CAN-NI-BA-LISME. Comme dans "anthropophagie", comme dans "des humains qui mangent d'autres humains". On le sait, c'est l'un des plus grands tabous partagés par toutes les sociétés humaines et, comme l'autre tabou qu'est l'inceste, le cannibalisme est l'oeuvre des dieux, des démons et de toutes les créatures que l'on regarde avec autant de fascination que de répulsion. Le mythe de l'ogre, que l'on retrouve déjà chez Hésiode avec Cronos dévorant ses enfants, est un angle mort de la culture. Aylin Manço le maîtrise ici à la perfection, procurant à ses lecteurices des émotions vives et crues, comme le cœur.
A lire absolument, si la seule pensée de la chair humaine ne vous fait pas tourner de l’œil.
J'avais beaucoup entendu parler de ce livre alors j'avais beaucoup d'attentes. Mais je crois que je suis passée à côté. J'ai passé ma lecture entière à avoir un nœud au ventre, sans pour autant pouvoir "apprécier" et comprendre l'horreur de cette histoire. Je crois que ça manquait peut-être de scènes plus concrètes et d'explications pour que cela puisse me parler. J'avais besoin de rationaliser la chose. Je comprends pourquoi ce livre plaît, mais pour autant, je ne peux pas vraiment dire que j'ai passé un bon moment en le lisant...
Sans mauvais jeux de mots, "Ogresse" est un roman jeunesse à devorer ! Aylin Manço nous livre ici les aventures de Hippolyte, H pour les intimes, adolescente bruxelloise en pleine recherche personnelle. Recherche qui n'est pas facilitée par la séparation de ses parents, la disparition soudaine d'une voisine, les étranges changements de comportement de sa mère, et un coeur qui bat à la chamade depuis quelques temps. Ce récit contemporain cache bien son jeu : fluide et simple en apparence, il aborde en réalité des sujets très importants et interroge le poids du secret. Quelles sont les limites du silence ? Se taire par loyauté, est-ce forcément préserver l'autre ? L'autrice ne recule pas devant les mots et les vérités dans ce roman aux accents gothiques mais non exempts de poésie. Elle donne la parole aux jeunes et à leurs difficultés sans jamais se perdre en banalités ou en raccourcis. Ambitieux et... réussi !
Une lecture étrange, dérangeante, angoissante... Il y a parfois quelques longueurs, quelques digressions, mais personnellement ça ne m'a pas dérangée. C'est un roman d'horreur, mais c'est aussi un roman sur l'adolescence, les premiers amours, le harcèlement...
Bref, ce roman sort un peu des sentiers battus. On ne sait jamais vraiment où l'histoire va nous mener. Je le conseille vivement ;)
L'autrice a bien su saisir les moments où tout paraît si flou et amer dans la vie d'Hippo, on sent son malaise, ses angoisse à propos de ceux qui l'entourent et ce qui la concerne. Le désordre des premiers pas dans la vie d'adulte. Ses soucis à la maison qui dépassent l'intérêt pour les notes, les résultats, les cours, font d'Hippo un personnage auquel on s'identifie parfaitement lorsqu'on a 16, 17 ans. Bien qu'elle me paraissait plutôt jeune, que la séparation de ses parents me semblaient être un sujet plutôt léger/ordinaire, ce roman n'est en rien une contrefaçon de la puberté, des problèmes et des émotions qu'on y ressent. L'amour, l'amitié, les craintes de se voir indésirable, d'échouer à se protéger et à protéger les personnes qu'on aime. Ici, il est aussi question de rendre la vie d'ado la plus facile, la moins "douloureuse" et pourtant Hippo présente bien des souffrances, elle a cette vision du monde et de la vie à partager, c'est un personnage très bien écrit, très bien sollicité pour représenter l'adolescente lycéenne d'aujourd'hui.
Pour conclure L'adolescence d'Hippolite est une histoire mordante, piquante, aussi farfelue qu'addictive. Ce roman se lit avec une certaine angoisse, toujours sur le qui-vive, dans l'attente du prochain acte de l'Ogresse. S'il ne vous sera pas permis de rêver à un beau conte de fées, cette lecture fascinera bel et bien les âmes passionnées comme moi par l'adolescence et les liens familiaux !
Je pense que « déconcertant » est le meilleur mot pour décrire ce roman qui aborde à la fois l’adolescence de façon authentique et plonge dans l’horreur via la passion pour le moins déstabilisante de la mère de H pour le sang. Dès les premières phrases (« Hier soir, maman m’a fait manger du cœur. C’était du cœur de bœuf. Le cœur est notre muscle le plus puissant et ça se sent quand on en mange ; la viande résistait sous mon couteau à steak, il fallait la scier pour trancher les fibres. »), on sait qu’on est dans un récit où l’écriture a autant d’importance que l’histoire.
Je ne sais pas trop quoi penser de ce livre. Je l’ai dévoré — sans mauvais jeu de mots — fini en moins de 24H. Pour autant, j’ai l’impression que malgré l’emploi de première personne il y avait une distance entre nous et la narratrice, comme si parfois nous étions du point de vue des amis d’Hippolyte plutôt que du sien. Le thème abordé n’en reste pas moins intéressant, bien que choquant, violent et dérangeant. C’est une lecture d’où je sors mitigée.
Tellement bizarre ce livre que je ne sais pas trop quoi en dire. Il m’a écœuré par moment (à parler de viande rouge et de sang), je me suis demandée si j’allais le finir… Ce n’est pas une histoire de vampire, c’est bizarre, on ne comprend pas pourquoi cela arrive, s’il y a une explication… bref une sorte de roman ovni gore.
2,5 étoiles Roman très étrange. L'écriture est fluide et les courts chapitres ont réussi à happer mon attention. Mais il manquait quelque chose, je ne sais pas trop quoi. Je ressors de cette lecture mitigée, le film Grave m'a paru meilleur, ainsi que le livre Tender is the flesh.
j’ai adoré ! histoire d’une adolescente avec une mère aux comportements de plus en plus étrange, un groupe d’amis ayant des expériences similaires… l’intrigue est pas mal, je reste quand même un peu sur ma fin/faim (clin d’œil) à la dernière page.
Quelle claque ce roman ! Une ambiance pesante et affreuse qui nous happe et ne nous laisse pas indemne ! Le couperet tombe dès le premier tiers du livre pour mieux appréhender la suite !
À mi-chemin entre le réel et l'irréel, l'horreur et le fantastique, Ogresse est un anti-conte de fée séduisant au charme sanglant. Aylin Manço a réussi son pari de tisser une intrigue addictive et surprenante, avec des protagonistes adolescents très loin des clichés habituels. Ce roman explore des thèmes variés allant de la relation mère-fille au cannibalisme, sujet peu voire pas du tout traité dans la littérature YA. L'écriture de l'autrice est fluide, vraiment captivante et originale et j'ai beaucoup aimé comment les titres des chapitres font référence à ce que consomme Hyppolite tout au long du roman. Bref, un roman à dévorer.
Half way between the real and the unreal, the horror and the fantastic, Ogresse is an attractive anti fairytale with a bloody charm. Aylin Manço pulled off her bet of spinning a captivating and surprising plot, with teenage protagonists very far from the usual clichés. This novel explores varied themes, going from the mother-daughter relationship to cannibalism, topic not much or even not at all treated in YA litterature. The author's writing is fluid, really addictive and original with for example the chapters titles reffering to what Hyppolite eats. Bref, a book to devour !
Difficile de parler de ce livre. Il laisse un goût d'étrange dans notre esprit, mais il est vraiment fantastique. L'écriture de l'auteure conte à merveille l'histoire d'Hippolyte, prise entre différents dilemmes : le divorce de ses parents, les problèmes que ça crée chez sa mère et gérer son adolescence. Hippolyte cherche à tout prix à protéger sa mère au point de se perdre presque en chemin. On voudrait l'aider mais on ne peut que continuer de lire pour connaître le fin mot de l'histoire en espérant que ses décisions soient les bonnes et qu'elle survive à ces épreuves.
Petit bémol, quelques termes belges disséminés ici et là dans le texte avec lesquels je n'étais pas du tout familière. Une note de bas de page aurait parfois été bienvenue.