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L'effet maternel

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"Tu n’avais qu’à avorter : il n’en voulait pas, de cette gosse !" Ce sont peut-être ces mots, prononcés un matin d’été par sa mère, qui ont conduit la narratrice à écrire L’effet maternel. Cette gosse, c’est sa fille aînée qui vient de fêter ses 17 ans. Que s’est-il passé pour qu’une mère assène une pareille horreur ? Il y a eu des coups de griffe, des silences, mais aussi beaucoup d’amour dans cette relation ponctuée de vacances joyeuses et ensoleillées. D’où vient alors cette cruauté ? L’auteure va remonter le cours de cette histoire singulière et, chemin faisant, l’entrecroiser avec la grande Histoire. Les dégâts causés par la Shoah, le mouvement de Mai 68 et les conquêtes féministes des années 1970. De cette rencontre entre l’individuel et le collectif naît un admirable récit.

240 pages, Kindle Edition

Published February 3, 2020

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About the author

Virginie Linhart

7 books2 followers

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Displaying 1 - 18 of 18 reviews
Profile Image for Marie-Hélène .
467 reviews11 followers
August 5, 2021
Je vais enfoncer une porte ouverte à la fin de cette lecture c'est que l'amour maternel n'est pas si évident, pas si inné et que pourtant les liens familiaux sont les piliers de toute existence.
Mais ma 2eme réflexion est que 50 ans après, la génération mai 68 : ces jeunes intellectuels, idéalistes ont pour certains eu quelques difficultés à grandir, à vivre avec cette liberté acquise sans en mesurer les conséquences sur leurs descendants. Que bousculer les traditions, les stéréotypes etc peut souvent entraîner des casses difficiles à mesurer dans le feu de l'action.
Virginie Linhart en témoigne en nous racontant ici son histoire filiale avec finesse, lucidité, pudeur, sincérité mais sans pathos. C'est son combat intérieur pour comprendre, analyser son histoire mais ce n'est pas un règlement de comptes avec sa famille, c'est la question de la transmission aux enfants et de ses incidences qui est le coeur de ce livre.
Profile Image for Cyndel.
53 reviews
January 15, 2024
“Je replonge dans l’allégresse que me procure cette vie à l’étranger, où je me sens paradoxalement si en sécurité. Par la suite je découvrirai, à travers des récits ou des rencontres, que ceux qui s’exilent- lorsqu’ils n’y sont forcés ni pour des raisons économiques ni pour des raisons politiques - sont des grands blessés de la famille”
Profile Image for Cel Kila.
565 reviews18 followers
May 15, 2021
J'ai acheté ce livre un peu par hasard, et le hasard fait bien les choses. Happée !
Profile Image for Stephanie.
432 reviews2 followers
August 10, 2020
Virginie Linhart livre un récit intimiste sur sa relation avec sa mère. C’est une enfant des années 70, une enfant de militant de mai 68, qui essaie de comprendre l’éducation qu’elle a reçu à l’éclairage des combats politique de ses parents et de leurs histoires familiales.
Sa mère, qui vient d’un milieu modeste et qui a en horreur le sort réservé à sa propre mère, totalement soumise à un père antisemite et machiste, profite de la liberté apportée par mai 68 pour prendre sa vie et sa liberté en main. Virginie Linhart est donc élevée dans l’idée que la femme est absolument libre, n’a pas besoin d’homme pour s’accomplir, et qu’elle est libre de tout attache même quand elle a deux enfants à charge. Quand ils ne sont pas livrés à eux-mêmes, Virginie et son frère vivent dans une cellule familiale brouillée dans laquelle leur mère mélange les styles et les amants.
Quand elle devient elle même mère, l’auteure s’interroge sur l’effet maternel qui s’est transmis jusqu’à elle à travers cette mère un peu fantasque, sa grand-mère douce et soumise et sa famille paternelle décimée par la Shoah.
Jusqu’à quel point l’héritage des sentiments et pensées familiales nous structure dans nos propre rôle de parents.
Un roman autobiographique passionnant qui dissèque l’éducation que les acteurs de mai 68 ont transmis mais aussi ce que les survivants de la Shoah ont pu initier comme angoisse dans la génération suivante.
Un livre dans lequel la génération de ceux nés dans les années 70 se reconnaîtront sans doute.
Profile Image for R0sa B.
108 reviews5 followers
April 29, 2025
J'ignore tout des symptômes de la dépression. Je vais découvrir qu'il y a mille façons d'être déprimé. L'angoisse qui me ronge en est une manifestation. Elle peut faire perdre la tête, tant on est prêt à tout pour que ça s'arrête, pour desserrer l'étau, pour échapper à l'horrible douleur qu'elle inflige. Je vais aussi apprendre qu'arrive le temps où on ne peut plus lutter. Parce qu'on ressasse toute la journée les mêmes tourments. Parce qu'on se réveille à quatre heures du matin les yeux exorbités et que le sommeil ne revient pas. Parce qu'on fait semblant de tout, de manger, de rire, de parler, de vivre. Alors à un moment le cerveau n'est plus capable de combattre. Lui aussi est épuisé. Il ne possède plus les ressources physiques pour sur-monter l'angoisse. Il rend les armes, il n'est plus lui-même qu'un neurotransmetteur de l'angoisse. C'est fini. La dépression a gagné.

Le psychiatre que je consulte m'explique que, sans chimie pour reconsti-tuer le stock nécessaire de sérotonine permettant de surmonter tout ce que le quotidien réserve de difficultés, il n'y a plus de filtre, tout devient souffrance. <
La réponse m'épouvante. Depuis l'âge de quinze ans, je vois mon père surmédicamenté. Je hais les psychotropes, leurs effets secondaires, les tremblements de la main, les pertes de mémoire, leur pouvoir soporifique. Je n'ai pas encore compris que je ne suis pas atteinte de la terrible maladie paternelle. Je n'ai pas encore fait tout le chemin qui me permettra d'accepter qu'en revanche sa maladie m'a fragilisée. Un père aussi aimant que peu rassurant. Un père qui ne peut pas protéger. Un père qui ne sait pas s'opposer à la seule loi de la mère. Un père qui à son corps défendant nous a laissés tomber.

Un père qui consacre sa vie à rester en vie.

Objectif unique, courageux et immense, qui aura mobilisé l'ensemble de ses maigres forces. Je te remercie papa d'avoir tenu bon et d'être encore là en dépit des abîmes dans lesquels tu te noies parfois. Mais ça je peux l'écrire maintenant, à l'époque je ne vois que sa faiblesse qui m'envahit, qui m'ensevelit;alors bon, d'accord, les antidépresseurs. Je commence le traitement. Le médecin m'a prévenue: il faut attendre trois semaines pour que cela fasse effet, trois semaines pour que j'aille mieux, trois semaines pour que mon cerveau malade commence à reconstituer cette sacrée sérotonine dont je mesure l'incroyable importance. Il a aussi attiré mon attention sur les fameux effets secondaires: prise de poids, tremblements, sécheresse de la bouche, hypersomnie et perte de mémoire. La potion est amère et j'apprendrai à combattre ces conséquences médicamenteuses pour qu'elles n'envahissent pas mon quotidien. Personne dans mon entourage ne s'apercevra que je prends ces médicaments. Et jamais je n'en dirai mot. En revanche, le psychiatre a omis de me prévenir d'un effet secondaire qui sera pour moi le plus dévastateur. Les premiers jours du traitement, je me retrouve tremblante sous ma couette, incapable de faire un pas, littéralement laminée par l'angoisse. Cette dernière, loin de s'atténuer, a décuplé avec une force telle que je ne parviens même plus à sortir de chez moi. Je n'y comprends rien. J'appelle à la rescousse un ami psychiatre, à qui j'ose me confier au bout de quarante-huit heures insoutenables. Il m'apprend que les molécules que je prends ont pour effet pernicieux dans un premier temps d'exacerber le sentiment d'angoisse. Au début du traitement, il faut prendre aussi un anxiolytique, cela atténue l'effet de l'angoisse, même deux si nécessaire, le temps que ton cerveau apprenne à traiter l'antidépresseur. Je vais t'apporter une ordonnance. » Je sanglote de reconnaissance. J'avais l'impression de devenir folle : tout augmentait au lieu de diminuer. Moi qui n'ai jamais avalé de médicaments de ma vie, je me précipite à nouveau à la pharmacie. Vite! Des anxiolytiques! Tout pour que ça s'arrête. On les laisse fondre sous la langue, très bien. Un, deux. Ça fonctionne. L'étau se desserre. Je me remets en état de marche. Pour le cerveau, cela prendra plus longtemps. Ce n'est pas grave. J'ai le sentiment de sortir d'un tunnel infini, de voir à nou-veau la lumière, je renoue avec des plaisirs minuscules qui m'étaient devenus interdits, je réapprends la légèreté, le marivaudage, la joie.
Profile Image for Cecile Louchard-De Barsy.
67 reviews2 followers
August 4, 2024
Pas vraiment de nouveauté dans cette critique des parents génération 1968, et surtout d’une mère, un peu volage et un peu trop libre. Je ne doute pas un instant de la souffrance de sa fille, mais je trouve son analyse très égocentrée. Lorsqu’elle tombe enceinte à son tour et qu’elle fait le choix de garder l’enfant alors que le père n’en veut pas, elle en veut à la planète entière. Si 1968 nous a apporte qq chose, c’est bien le choix de tomber enceinte ou non. Et d’assumer ce choix, seule ou à deux, sans que la société n’ait à s’en mêler.

Et quand sa mère tente de réparer le mal qu’elle a pu faire en offrant à sa petite-fille sa maison de vacances, sa fille lui en veut encore, estimant que ce geste manque d’équité par rapport aux autres petits-enfants.

Qui a dit que les parents devaient être parfaits, et incarner toute leur vie rigueur morale et équité?
187 reviews3 followers
July 25, 2025
Le récit est très intéressant, il parle de la relation toxique de la mère de l'autrice avec ses enfants , et de cette génération de soixante huitard qui a causé beaucoup de tort à leurs enfants en revendiquant leur liberté par dessus tout.
J'ai trouvé que le livre mettait surtout en évidence le comportement incestuel de la mère (pour moi son comportement relève en effet de l'incestuel et pas juste de la toxicité) , ce côté mélange des limites entre enfants et adultes et l'absence de séparation entre les générations. Ça fait écho à la familia grande de Camille Kouchner, ou au livre de Cécile Cée.
Profile Image for CharlesJoli.
580 reviews57 followers
March 26, 2023
J'ai oublié de commenter cette lecture en la finissant, et une dizaine de jours plus tard en m'en rendant compte, je réalise que j'ai déjà aussi oublié en partie son propos. Pas une lecture marquante donc, je n'y ai pas trouvé je crois ce que j'espérais y trouver sur la maternité. C'est de l'autofiction à la limite de la biographie, qui manquait peut-être pour moi d'un certain recul réflexif, d'une hauteur de point de vue. Mais peut-être que c'est juste la distance entre mes attentes, et le récit de filiation féminine réellement déroulé ici, qui crée cette légère déception.
Profile Image for Jessica.
766 reviews
January 17, 2024
“L’écriture n’est en rien un remède, c’est un instrument d’émancipation.”


Alors qu'elle est elle même devenue mère, l'autrice se remémore sa relation avec la sienne. Une relation complexe et souvent douloureuse. Comme dans le livre consacré à son père elle s'intéresse surtout à ce dont les enfants héritent, avec encore une fois le double héritage de la Shoah et de mai 68. Souvent impudique sans doute (deux personnages du récit n'ont pas apprécié du tout) mais aussi incroyablement sensible et avec un recul qui permet à l'autofiction de ne pas être totalement nombriliste.
Profile Image for Lucia Redondo.
124 reviews
January 19, 2025
Ce livre est épatant pour monter la toxicité d’une mère venant d’un contexte socio-politique et historique très particulier. Les descriptions des étés enflammés en famille et avec les amis m’ont énormément fait penser aux étés de la familia grande de Camille Kouchner.
Grande réflection sur la reproduction generationnel et comment l’écriture permet de s’en émanciper.
Profile Image for Tifenn.
242 reviews
January 29, 2021
Un livre poignant sur une relation mère-fille perverse et tortueuse.

Très intéressant de faire le parallèle avec le contexte socio-historique de l'époque, notamment en se concentrant sur l'impact de mai 68 sur toute une génération de femmes (et futures mères).
Profile Image for Elegy parks.
83 reviews1 follower
July 24, 2024
Dans la lignée de Rien de s'oppose à la nuit et de Fugitive parce que reine, un grand récit de fille, de mère, et de femme, un récit complexe, nuancé et passionnant sur les conséquences des luttes de Mai 68 sur leurs enfants.
Profile Image for Yllya Longtemps.
10 reviews
January 27, 2022
Encore un livre à conseiller à qui s’intéresse à la maternité et à la complexité des liens que nous tissons avec nos mères et nos enfants en tant que femmes.
Profile Image for Fiona.
159 reviews2 followers
November 28, 2022
Ce livre m'a beaucoup touchée, des sujets difficiles mais maniés de manière douce et considérée.
Profile Image for pasteles de crema y nuez (Laura) .
10 reviews2 followers
February 25, 2023
Un récit incroyable et honnête, qui explore la maternité, l'histoire de la France à la fin du XXe siècle et le rôle des femmes dans la société d'aujourd'hui.
Profile Image for Elo Ise.
53 reviews
April 11, 2023
Se lit assez facilement et aborde un sujet Intéressant : la reproduction ou pas des schémas maternels mais aussi paternels, familiales en fait.
Comment notre éducation, notre histoire et celle de nos parents est ancré en nous et est parfois néfaste, toxique.
Displaying 1 - 18 of 18 reviews

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