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Chroniques d'une station-service

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« Je me dis que si la station-service explosait par accident, si je mourais sur mon lieu de travail et qu'un archéologue découvrait, dans cent ans, sur les ruines de son chantier, les morceaux de mon squelette d'athlète, mon crâne atypique, ma gourmette en or, à moitié calcinée, agrégée de pétrole et d'acier, il me déclarerait trésor national et je serais exposé au musée des Arts premiers. »

Pour tromper l'ennui de son héros pompiste, Alexandre Labruffe multiplie les intrigues minimalistes, les fausses pistes accidentelles et les quiproquos érotiques. Comme s'il lui fallait sonder l'épicentre de la banalité contemporaine – un commerce en panne de sens, sinon d'essence – avant d'en extraire les matières premières d'une imagination déjantée.

144 pages, Paperback

First published August 1, 2019

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About the author

Alexandre Labruffe

8 books4 followers

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5 (2%)
Displaying 1 - 24 of 24 reviews
Profile Image for P.E..
971 reviews762 followers
March 11, 2024
Herméneutique de l'ordinaire

Le récit barré d'un pompiste de nuit et des mille micro-évènements qu'il observe autour de lui dans la station service et le quartier avoisinant (à Pantin ?).

Bientôt, ces évènements - anodins pris isolément - paraissent prendre un sens catégorique et conspirer pour mettre notre héros dans l'embarras. Un des mille délices du travail de nuit. Pour avoir travaillé 13 mois comme réceptionniste tournant, puis veilleur de nuit dans un hôtel de Saint-Nazaire, je confirme qu'on entend des voix et qu'on voit des choses que le commun des mortels ne peut discerner... ;)

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'Finalement, il n’y a pas de permanence dans ma station-service. Les gens ne font que passer Tout y est transitoire et fugitif. Symbole du temps qui file, de l’impermanence même. Anti-temple, ma station-service célèbre l’éphémère, le passager, le temporel. Seule sa structure — l’infrastructure —, au final, est impérissable, durable. Bon, après, peut-être que les gens reviennent par saison, que la permanence est cyclique. C’est une permanence plus difficile à cerner, plus indomptable.'

'Apparaissant dans les premières scènes (Tchao Pantin, Bagdad Café, Paris, Texas, Le plein de super...), la station-service signe le début de l'aventure, des possibles, lance le début de l'histoire. Elle est l'aurore du récit. Son odeur, son cœur, son décor. Au commencement était la station-service.'


Lire, voir aussi:

La Bête humaine
À la ligne
A Working Stiff's Manifesto: A Memoir of Thirty Jobs I Quit, Nine That Fired Me, and Three I Can't Remember
Convenience Store Woman
Le travail - Une sociologie contemporaine
Convention collective nationale des hôtels, cafés restaurants
La carte et le territoire

Rear Window - Alfred Hitchcock
Seul contre tous - Gaspar Noé
Mad Max - George Miller (1979)
Profile Image for Laura.
1,294 reviews42 followers
June 25, 2025
C'était totalement absurde et très chouette en même temps. J'adore ces romans qui sont enveloppés d'une ambiance hors du temps et hors de tout, presque liminales. Les stations essences en sont pour moi le parfait exemple.
Ici, l'exercice est totalement réussit ! Une lecture drôle, étrange et hors des routes de bitume qui nous conte le quotidien étrange d'un pompiste...
Profile Image for Kate File.
157 reviews18 followers
October 5, 2019
Sympathique lecture qui ne prend pas plus d’une heure. Un pompiste qui raconte sa vie, les gens qu’il voit mais qui eux ne le voit pas forcément et qui nous fait part de ses réflexions. Un découpage en chapitres très courts rythme le tout.
Profile Image for The Sporty  Bookworm.
468 reviews100 followers
November 15, 2025
C'est un livre original, la vie d'un pompiste en région parisienne. L'auteur réfléchit sur sa vie, dissèque le comportement des clients avec justesse et cynisme. C'est bien écrit dans l'ensemble et donne un point de vue différent sur la société de consommation, un regard sur les accros à l'essence. C'est pas mal.
Profile Image for Jo.
1,218 reviews227 followers
June 24, 2021
Une lecture de laquelle on sort avec le sourire.
On plonge dans la tête d’un narrateur pompiste qui préfère ses rêveries/réflexions philosophiques au réel qui l’ennui. C’est drôle, cocasse et grotesque mais plus profond que ça en a l’air. Je me suis éclaté à lire ce court roman.
Profile Image for Romain.
940 reviews58 followers
November 26, 2022
Quel plaisir de retrouver Alexandre Labruffe et son personnage de poète paumé évoluant tant bien que mal au sein d’une civilisation sur le déclin. Cette position d’observateur décalé est peut-être encore plus vraie ici où il se retrouve au sein de son centre névralgique, une station-service comme une oasis de l’ère industrielle, que dans un hiver à Wuhan, perdu en pleine pandémie de COVID.
Le lendemain, une Porsche grise s'arrête à côté d'une deux-chevaux bleu passé, pompes n° 1 et n° 3: il n'y a rien de plus démocratique et républicain qu'une station-service.

Le principe d’écriture reste à peu près le même, des fragments qui tendent vers l’aphorisme et un socle ancré dans la réalité qui n’arrête pas de faire des incursions plus ou moins délirantes dans la fiction. C’est truffé de très bons passages. Il ressort de ce petit livre que l’on pourrait prendre comme une grosse plaisanterie, une vision plus lucide et réaliste qu’il n’y paraît de notre monde à bout de souffle.

Cette sensation d'appartenir au passé se renforce. Comme si j'étais un vestige, le dernier dinosaure du monde carbone, la dernière sentinelle d'une époque (pétrochimique) bientôt révolue. Le denier gardien du phare d'un siècle (le XXe) qui roulait sur l'or: noir.


Également publié sur mon blog.
Profile Image for Clint Banjo.
105 reviews1 follower
November 21, 2021
Dommage que ce n’est plus longue, livre anecdotique, anarchiste et même écologiste (?)…les personnels du secteur qui accueil la publique peuvent bien en raconter des histoires…comme Jim Morrison chantait : People Are Strange…
Profile Image for Eva.
79 reviews8 followers
September 5, 2019
Un petit livre plein d'esprit et d'humour. J'ai adoré ces chroniques truculentes où le protagoniste jette un regard distrait et à la fois très juste sur la société. C'est drôle, un brin philosophique et rempli de poésie.
Profile Image for Asta.
291 reviews32 followers
September 10, 2023
3.5*
Je comprends pourquoi cet roman est apprécié par Frederic Beigbeder - il le trouve "à la fois très urgent politiquement et totalement délirant".
Si vous aimez lire Beigbeder, je vous recommande "Chroniques d'une station-service".
Profile Image for Marion.
85 reviews1 follower
June 5, 2024
très très sympa
j'ai beaucoup ri à voix haute dans le métro comme une idiote
Profile Image for Yoy.
392 reviews
October 10, 2022
Le livre est fait de petites chroniques qui, ensemble, forment une nouvelle. On a d'abord l'impression que rien ne se passe mais en réalité il y a trois fils rouges.
Un fil rouge mystérieux (le hangar en face).
Un fil rouge romantique.
Un fil rouge avec un zeste de suspense.

Ce qu'il y a dans tous ces fils rouges, c'est l'humour, l'absurde ou le déjanté, l'insouciance, la tranquillité, le bien-être, le chaleureux.
Le personnage prinicipal ne semble jamais se soucier du passé, ni de l'avenir. Il ne se prend pas au sérieux, il observe ce qui se passe, inclus pour les actes qu'il fait lui-même et dont il semble s'étonner un peu.
Il en résulte un livre avec un regard optimiste et simple, un vécu chaleureux et amusant dans le présent qui semble effacer les problèmes du monde.

L'histoire :
Depuis la station-service où il travaille, x regarde les gens, les évènements passer en observateur, avec comme réaction des pensées poétiques, un peu absurdes ou méditatives.
Il vit son quotidien avec l'humilité d'une homme qui ne désire pas être spécial. Il a quelques amis, est amoureux, certain de rien. Il se sent bien en n'étant pas remarqué, ne pas exister aux yeux des gens qui passent dans la station-service, qui se situe un peu nulle part dans la banlieue de Paris.
Et pourtant, au fil de ses observations quotidiennes, des choses un peu étranges arrivent. Des évènements s'entremêlent. Parfois aussi il se conduit en petit rebelle. Et puis surtout, malgré ses sagesses, le pompiste vit dans l'isolation, la solitude du pompiste éphémère, alors il n'est pas bien adapté à la vie en société. Quand les évènements qui sortent de la routine s'accumulent, il se comporte maladroitement, ce qui a des conséquences parfois hilarantes. Ses réflexions un peu distantes de la réalité restent amusantes dans toutes ces situations.

Les chroniques sont poétiques, voire un peu philosophiques, avec beaucoup d'attention pour la beauté, l'art. Mais pleines d'humour (un peu déjanté), gentiment ironique, avec aussi une sorte d'autodérision heureuse. Les problèmes du monde ne sont pas ignorés ni niés, mais la beauté de la vie dans l'instant, le chaleureux, être certain de rien ont le dessus. Le livre a un aspect un peu méditatif.

Postmodernisme
- Souvent, il réfère à un philosophe dont j'ai déjà oublié le nom, et le mot 'postmodernisme' tombe également. On retrouve dans le livre en effet plusieurs aspects de ce philosophe et du postmodernisme.
D'abord et surtout : pas trop de mots, car trop de mots enlèvent la signification aux mots. Les chroniques sont donc courtes, parfois seulement une phrase, et avec beaucoup d'espace blanc (méditatif) entre deux chroniques. Cela incite à une lecture lente, méditative, où on se fait bercer sur la note artistique.
- Rester réaliste, mais cependant embrasser la vie dans la joie. Pour y arriver, on utilise ce qui est artistique. Beauvoire fait des expositions de photo, et a une vision du monde autour de lui qui est artistique. Pourtant, il sait très bien toutes les saletés du monde : les vaches dans un camion, qui sont amenées à un abattoir, son rêve du Texas, qui reste ironique, un rêve, car il sait bien qu'il y fait trop chaud et les gens ne sont pas vraiment agréables, et que là-bas, il rêverait bien vite d'une station-service dans un pays où il pleut.

La femme sourit, l'encourage : "Mais pose-lui la question, il ne va pas te mordre." (Je n'en suis pas sûr.) Silence. L'enfant hésite. (Elle non plus n'est pas sûre.) La femme insiste : "Ben vas-y." La petite fille se lance : "Monsieur, est-ce que vous savez quelle énergie remplacera le pétrole quand il n'y en aura plus ?"
Je réfléchis deux secondes, je hoche la tête, pensif, et je déclare, prenant l'air solennel et grave de l'expert en catastrophe industrielle :
- L'homme.
La femme hausse les sourcils, roule ses yeux gris Renoir, tourne les talons. La fille suit en disant : "C'est vrai, maman ? C'est vrai ce qu'il a dit le monsieur ? C'est l'homme qui va remplacer le pétrole ?" La mère, excédée : "Mais non, n'importe quoi, c'est les énergies renouvelables." La fille, de plus en plus inquiète : "L'homme est une énergie renouvelable ?" Je souris. Elle se réfugient dans leur Voyager et repartent vers une autre planète.


Un flash. Le bruit d'un claquement qui dure. Je tourne la tête. Le H et le Z du néon HORIZON viennent de lâcher dans un volcan d'étincelles et s'arrêtent de grésiller pour de bon. On ne distingue plus désormais que, faible et tremblant :
ORI ON


Vêtu d'un kimono, face à Seiza (très sexy quant à elle dans son kimono en soie), prêt au combat, il ne faisait aucun doute pourtant que, fort de mes dix ans de judo, ma ceinture orange, mon 1,79 m versus son 1,50 m, j'allais lui donner une leçon, la ratatiner, l'éclater, la remettre à ses études d'hojojutsu, lui apprendre ce qu'était un maître en art martial.
Après les salutations d'usage (ritsu-rei : 30° d'inclinaison, respiration brève, fermeture éclair des yeux), en moins de temps qu'il ne faut pour manger un sushi, sans que je comprenne ce qui m'arrivait, et comment cela pouvait m'arriver, je me suis retrouvé ligoté, face contre terre, bavant sur le tatami bleu turquoise.
Devant moi maintenant : les beaux pieds de Seiza, qui tient le bout de corde rouge, l'agite et m'enserre.
Profile Image for Lou.
22 reviews3 followers
October 26, 2022
Jamais un titre de bouquin n’aura été aussi parlant ; il faut donc le prendre pour ce que c’est et rien d’autre : les observations au quotidien d’un pompiste.
Fenêtre ouverte sur l’humanité sans profondeur, c’est donc une lecture sans intérêt mais qui heureusement se parcourt très vite. A oublier à la même vitesse.
4 reviews
November 17, 2020
C’est particulier, divertissant, avec parfois ce brin de folie qu’apporte la solitude que l’on retrouve. Ni intrigue, ni véritable histoire, c’est juste un enchaînement de pensées. Ça n’est pas le livre de l’année mais le moment n’est pas désagréable
Profile Image for Stéphane.
20 reviews3 followers
August 3, 2021
Bref et plein de verve. Un bon moment de lecture avec quelques perles.
Profile Image for Sylvie.
485 reviews5 followers
March 2, 2022
Les courts chapitres de quelques lignes m’ont agressée.
Je n’ai pas aimé, ça coupait ce qui aurait pu être une simple fluidité.
L’idée: bonne.
45 reviews
November 26, 2024
Description de micro moments de vie par un pompiste de station service : surprenant, absurde, très bien écrit et travail de style
Se lit comme une madeleine
Profile Image for Sandrine Dionne-Gougeon.
97 reviews12 followers
July 25, 2025
Je trouvais l'idée, le concept intéressant, mais au final, le rendu est insignifiant. Brèves tranches de vie d'un gars ordinaire qui travaille dans un dépanneur de station-service. On le suit, jour après jour, vivre pas grand chose d'intéressant. Quand je lis un livre, je veux être dépaysé, je veux sortir de mon quotidien, je veux vivre des émotions, je veux apprendre quelque chose. Ici, rien. J'ai espéré jusqu'à la fin, mais rien n'est venu. Je ne dirais pas que j'ai perdu mon temps, mais je ne l'ai certainement pas rempli avec quelque chose de signifiant. L'écriture est ordinaire, tout comme le personnage et ce qu'il vit. 
Profile Image for Jake Goretzki.
752 reviews155 followers
November 11, 2019
Enjoyable, light-touch French ‘slacker’ piece. Amid the hangovers and the cigarettes, it’s actually pretty thoughtful and philosophical: the idea of the service station as a kind of space station frequented by the galaxy's oddballs; a nexus of a kind of anonymous globalisation. The consumerism and social alienation - and a repeat actor in so much Hollywood culture.

Lots of good one-liners and banter (‘Ce croque est retrograde’). It’s a fine, comedic set piece that could be a one-hit job. If he can build on it, he’s destined for good things.
Displaying 1 - 24 of 24 reviews

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