Une si belle histoire d’amour
Maria et Albert tombent amoureux le 6 juin 1944, jour du Débarquement en Normandie. Ce jour-là commence un amour qui durera quinze ans et dont les cartes gardent la mémoire.
Maria, actrice ardente sur scène et dans la vie, écrit avec fougue : elle raconte ses tournées, ses voyages, ses fatigues, mais aussi son quotidien familial et social. Ses lettres débordent de vitalité et de tendresse.
Albert, plus lucide, confie ses doutes d’écrivain, sa solitude, mais aussi son besoin constant de sa présence. Dans ses mots, il exprime aussi le désir et les baisers ardents qui donnent à leur amour une intensité sensuelle. Pour lui, Maria est le « génie de la vie », celle qui lui a appris à croire que l’existence, malgré la mort et la négation, reste admirable.
Parfois, un simple geste condense toute la vérité de leur lien : Albert envoie un bouquet accompagné d’un petit carton où il écrit « Je te regarde, comme je t’aime ! » et dessine un soleil. Dans cette lumière, leur amour se dit sans détour, avec la clarté et la tendresse qui traversent toutes leurs lettres.
Leur histoire est faite de contrastes : séparations et retrouvailles, humour et sérieux, complicité et fidélité. Ils refusent une vision bourgeoise de la vie : leur royaume est philosophique, non matériel. Comme deux exilés, ils cherchent une éternité mouvante, une liberté partagée.
Tout finit brutalement en janvier 1960, quand Albert meurt dans un accident de voiture. Mais je veux conclure par ces mots qui disent mieux que tout la force de leur amour :
Merci, mon amour, d’avoir été ma Victoire jusqu’au bout, si merveilleusement !
L’amour, la joie, le bonheur, le désir, la victoire contre l’absurde de la vie… mais oui !