Avec Perdre haleine, l'inimitable Anne Archet vous convie à une séance d'autoérotisme littéraire, une ode jubilatoire et irrévérencieuse à la masturbation féminine, de la lente montée du désir en passant par les savantes mécaniques de l'excitation, le troublant plateau des fantasmes jusqu'à la grande explosion orgasmique et sa résolution. Entrez dans une phrase longue de 26 000 mots à lire d'une seule main et d'un seul souffle, une traversée de toutes les déclinaisons du plaisir intime, cet acte de liberté, de gratuité et d'amour-propre, où l'on n'est jamais si bien servie que par soi-même: ses doigts, ses peluches, son ameublement, son lubrifiant et ses projections intérieures les plus déraisonnables.
C'est un livre exténuant et exutoire. Ça berce pas trop dans l'analyse profonde, mais plutôt dans l'exposition directe et décomplexée du désir, des fantasmes et des infinis scénarios qui peuvent en résulter. C'est à la fois un texte simple et bourré de vie. Comme l'autrice le dit elle-même, le "je" du récit ne renvoit pas forcément à son expérience unique, mais endosse sur une même sexualité une douce anarchie qui représente parfaitement le fantasme et qui fait du bien à lire.
Cette lecture m’a totalement fait sortir de ma zone de confort et j’ai adoré ça ! Ce livre est une magnifique ode à la masturbation féminine. Il offre un éventail impressionnant de fantasmes et de plaisirs en tout genre. Une belle découverte pour moi.
Review en Français - English - Español Quel bel étalage sur la masturbation féminine, je ne savais pas qu'on pouvait trouver 121 euphémismes en français pour la nommer. Anne Archet décrit un désir féminin bruyant sans s'en disculper. J'adore l'énergie du texte, c'est ce à quoi je m'attendais de Les monologues du vagin -- The book makes a good spread on the feminine masturbation, I didn't know one could find 121 euphemisms in a single language to name it. Anne Archet describes a loud female desire in an unapologetic way. I love its energy and it's what I expected from The Vagina Monologues. -- El libro describe la masturbación femenina en profundidad. No sabia que habían por lo menos 121 eufemismos para nombrarla. Anne Archet describe un deseo femenino fuerte sin disculparlo. Me encanta la energía del texto, es a lo que me esperaba al leer los Monólogos de la vagina.
Avec Perdre haleine, je me suis offerte un moment de lecture pas ordinaire. J’ai découvert une autrice pas seulement habile de son index, mais aussi drôlement agile avec les mots. Un texte jeune, libre, libéré, original, plein d’humour, assez audacieux (il y a définitivement une ou deux images mentales que j’aimerais pouvoir effacer du disque). Malgré moi je me suis par contre un peu ennuyée par moments, à lire en rafales les fantasmes de quelqu’un d’autre. Peut-être que je manque d’imagination… ou que la mienne me suffit. Quoi qu’il en soit, un essai/récit rafraichissant, qui vaut la peine d’être lu jusqu’à son point culminant, tout en “faisant épaissir la crème”, en vous “varlopant le divertissoir” ou en vous “faisant tremper les cuticules”. ;)
Perdre haleine est un livre d'une seule longue phrase. Il suit le flux de conscience de la narratrice pendant qu'elle se masturbe. Ses pensées vont des fantasmes aux fétichismes, en passant par l'anarchisme, le féminisme et les souvenirs (plaisants ou non).
On y retrouve la philosophie de Anne Archet, qui présente et sexe et surtout la masturbation comme l'acte anticapitaliste par excellence. Le plaisir gratuit qu'on ne peut pas nous vendre ou nous enlever. L'orgasme comme pur moment de non-production, de non-utilité sociale.
On y retrouve un passage que j'ai cité abondamment depuis que j'ai lu le livre à sa sortie. (Je cite de mémoire parce que c'est difficile de retrouver un passage dans un novella d'une seule longue phrase.)
Le viol, ce n'est pas du sexe. C'est de la violence. Si j'assomme quelqu'un avec une casserole, personne ne dira que je fais de la cuisine.
Non sans tabou qui dérange (lecture pour pupilles averties), la plume d'Anne Archet décline l'onanisme en bien plus en autant de mots que le dictionnaire peut en contenir. Lecture singulière, marquante, méditative, humide.