Le héros, le prince Mychkine, est un être absolument pur à l’image du Christ. Sa compassion à l’endroit de Rogojine ou de la belle Nastassia, sa forme particulière de bonté, ses fréquentes crises d’épilepsie, sa simplicité et sa sincérité s’associent à une forme particulière d’“idiotie” pathologique pour en faire un personnage emblématique de l’univers de Dostoïevski.
Traduire L'Idiot, c'est vivre, pendant un an, dans une tension incessante, avec une respiration particulière : jamais à pleins poumons, toujours à reprendre son souffle, toujours en haletant, à tenir cet élan indescriptible qui fait de presque chaque mouvement de la pensée, de chaque paragraphe, voire de chaque phrase une longue montée, une explosion et une descente brusque […]. Jamais encore auparavant l'image physique d'un auteur écrivant son roman ne m'avait autant suivi. Tous les matins, me mettant au travail avec une sorte de bonheur terrorisé, je le voyais paraître devant moi, et je me demandais : « Mais comment donc un homme peut-il écrire cela ? » — André Markowicz (extrait de l'avant-propos du traducteur)
تسلسل الأحداث البطيء أصابني بالملل لدرجة أنني أتممت القراءة بدافع المثابرة فقط. كثرة الشخصيات و دقة تفاصيلها سببت لي الدوار. إلا ان هناك مقاطع جميلة في الروية
Dès les premières pages, je me suis dit que ce serait mon Dostoïevski préféré.
Cet auteur a l’art de percer les siècles et vous servir en quelques mots (et ensuite beaucoup beaucoup plus de mots) des personnages qui résonnent encore aujourd’hui.
Les trois premières parties ont en effet une force surprenante. Le prince Mychkine revient en Russie après des années de convalescence en Suisse pour tenter de traiter son « idiotie ». Mychkine, en fait, nous est aussitôt sympathique car il semble immune aux machinations. Mais si Mychkine est le héros officiel, c’est Nastassia Philipovna qui brille le plus pour moi. Femme puissante, indépendante qui fait ramper les hommes à ses pieds et se refuse d’être vendue. Cynique à souhait, elle se joue de leurs pires faiblesses et cherche à les afficher au monde. Bien d’autres personnages encerclent ces deux là.
Cependant, après la richesse des trois premiers livres, j’ai été extrêmement déçu du dernier. Je l’ai trouvé très fade, avec une fin tout à fait balayée qui m’est apparue assez détestable. Après tant d’intensité émotionnelle et de maîtrise du rythme et des personnages, quel dommage de lâcher la main pour le grand final.
Je trouve tout de même que la lecture en vaut la peine, et que ce serait un bon Dostoïevski pour commencer, il est immédiatement prenant.