Troisième tome de cette saga historique, « Céleste, la fille de Perline », est la suite de « Le printemps des femmes » et « Le vent souffle où il veut » (le deux premiers volumes sont regroupés chez Pocket sous le titre « Perline, Clémence, Lucille et les autres »).
Ils peuvent tous se lire indépendamment, mais le mieux, quand même est de les dévorer sans modération, les uns après les autres ! Si les premiers romans nous emmènent au cœur de la Première Guerre Mondiale, « Céleste, la fille de Perline » nous embarque à la fin du conflit de 39-45. Nous sommes toujours à Saint-Etienne, ville où je travaille désormais depuis plus de 15 ans, ce qui rajoute une empathie particulière pour cette histoire.
J’ai été ravie de retrouver les personnages et l’ambiance du récit que j’avais tant appréciés lors des précédents lectures. Perline a désormais 46 ans et est devenue la directrice des Filatures et Tissages Fougerolles. Céleste, quant à elle, la vingtaine tout juste, sera complètement traumatisée par un évènement de fin de guerre. Elle décide de partir travailler dans un couvent au Nord de Lyon, afin d’aider les blessés de guerre américains en servant d’interprète. Elle va y rencontrer Alexander, jeune soldat américain de 25 ans. Entre eux, ce sera le coup de foudre. Ils vont se marier avant qu’Alexander, guéri, ne soit contraint de repartir au front.
Céleste va s’installer aux États-Unis dans sa belle famille, pour aider à la reconstruction, dans l’attente de la démobilisation et du retour de son époux. L’entente avec sa belle-mère sera loin d’être harmonieuse, leurs relations devenant vite conflictuelles, accentuées par les différences culturelles et religieuses.
J’ai plongé dans ce roman avec un plaisir assuré. La plume de l’auteure est fluide, elle a un talent indéniable pour nous immerger dans l’Histoire avec un grand H. Professeure d’histoire-géographie, elle maîtrise son sujet à la perfection (normal me direz-vous), mais elle apporte surtout une touche de sensibilité et de poésie, rendant le récit inlâchable. C’est détaillé, passionnant, sans jamais devenir lourd ni ennuyeux. Le lecteur partage pour quelques heures le quotidien de ces femmes souhaitant confirmer et affirmer le rôle chèrement obtenu au fil des deux guerres. Le doigt est judicieusement pointé sur le féminisme, l’indépendance des femmes, l’obtention d’une reconnaissance, ou encore le mariage mixte et la divergence d’éducation et religieuse. Les séquelles de la guerre sont décrites avec finesse, le lecteur souffre en compagnie de ces soldats incapables d’extérioriser leurs peurs et leurs blessures psychologiques (nommé bien plus tard syndrome post-traumatique) ; Alexander est l’une de ces âmes perdues avides de retrouver une vie normale.
Le parallèle de Céleste avec la vie de sa cousine, Claire, est intéressant. Claire est un personnage fort, qui n’a pas froid aux yeux et qui sait quelle direction donner à sa vie. Têtue et déterminée, elle fera tout pour arriver au bout de ses rêves. J’ai ressenti beaucoup d’admiration pour elle. Céleste ne manque pas de combativité, mais elle a toujours agit en arrondissant les angles, avec beaucoup de diplomatie. Voilà un trait de caractère que je ne possède malheureusement pas 😀.
Quant à la fin, elle est juste sublime ! Mais chuuuut 😍.
Une lecture que je vous conseille et qui vous transportera bien loin de notre quotidien morose. Vous y trouverez forcément votre compte, que ce soit historiquement, émotionnellement ou encore à travers les sujets sociétaux développés.
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