Le narrateur est auteur. Il vit à Key West. Il y a quelques années, il a débuté l’écriture d’une pièce, puis l’a abandonnée à mi-parcours. L’auteur choisit de la revisiter dans le but de la terminer. Les lecteurs assistent donc à la relecture, à la réécriture, puis à l’achèvement de la création. Les jours marquent le temps. L’auteur prend des pauses. Il récidive ses rituels dans les rues de Key West. L’auteur du livre (le narrateur) se fait vieux; ses observations sont le reflet d’une sagesse que seul l’âge peut commander.
La pièce, un hommage à Tchekhov, nous plonge dans une réunion familiale où la fratrie et ses invités est composée d’acteurs à notoriétés variables, d’un dramaturge et d’un critique. Rivalité, frustration et rancœur sont au rendez-vous.
LE CŒUR EN BANDOULIÈRE, de Michel Tremblay, propose une narration chaleureuse et tendre— L’auteur (le narrateur) est constamment dans le doute, dans la vulnérabilité — alors que les dialogues de la pièce de théâtre sont à la fois acérés, mordants, punchés … et délicieux.
J’adore Tremblay. Le lire (et le relire) est un rendez-vous assurément satisfaisant, rassurant et souvent surprenant. À l’instar des personnages de la pièce et du narrateur de livre, le doute, la remise en question quant à la pertinence subsistent; Que Michel Tremblay soit rassuré, son talent n’est pas en perte de vitesse.
En bonus, comme lecteur qui adore Key West, les repères ajoutent un intérêt particulier à la lecture. J’ai tout aimé de ce livre.