Roman : L’enfer d’une fille de rue
Éditions : Béliveau Éditeur
Auteure : Isa-belle St-sauveur
J’ai l’honneur de vous présenter une chronique concernant l’auteure québécoise Isa-Belle St-Sauveur. Elle nous présente un roman autobiographique sur une partie de sa vie bien particulière. L’enfer d’une fille de rue est une histoire vécue et est relatée avec humilité et sincérité.
Le roman débute avec une préface tout à fait sublime de part l’écrivaine Marilou Brousseau. Puis Isa-Belle entame son histoire, ou plutôt le périple houleux d’une partie de sa vie. Je tiens à vous informer que vous serez surpris par la qualité de l’écriture d’Isa-Belle. Elle a une plume soignée, magique et transparente.
Elle se livre avec humilité et dignité afin de mettre en lumière tout le chemin parcouru avec ses revers mais aussi ces beaux côtés. Sa manière bien singulière de raconter son vécu viendra vous secouer au plus profond de votre être.
Au fond de nous-mêmes nous désirons tous être aimés, acceptés, écoutés et surtout entendus. Or, ils existent des personnes dont ces besoins ne sont pas comblés. Plusieurs circonstances affectent ces personnes et celles-ci se retrouvent piégées dans une solitude infinie. Pour certains d’entre eux, ils trouveront de l’aide et pourront reprendre leurs vies en main. D’autres, malheureusement, n’ont pas cette chance et sont livrés à eux-mêmes. Or, ils s’engouffrent dans une noirceur qui les oppriment totalement. Ils existent plusieurs échappatoires dont la drogue. Pour un grand nombre d’entre eux, la rue devient l’ultime solution.
Isa-Belle nous présente cet aspect dans la 1ère partie de son roman en nous relatant son vécu. Elle met en évidence la solitude que la rue apporte mais aussi toute l’humanité des plus démunis. Elle remet en perspective un questionnement sociétal important quant à notre vision collective, et individuelle, de la vie dans la rue et des causes provoquant ce choix. Bien que ce type de vie soit un choix, il n’est pas de libre arbitre pour la plupart d’entre eux. Leurs marginalités et leurs dépendances les dirigent naturellement dans ce milieu. Malgré les nombreux organismes et intervenants, il est extrêmement difficile de sortir de la rue et de la dépendance. Plusieurs tentatives peuvent être nécessaires et certains n’y arrivent tout simplement pas.
Dans la 2e partie du livre, Isa-Belle nous partage les nombreuses thérapies et le point culminant qui la fait choisir de se sortir de ce milieu. Or, le travail est terriblement hasardeux et difficile. D’où le nombres de thérapies, qu’elle a fait. Or, avec l’aide de gens aimants et sincères, elle apprend tranquillement à se découvrir. Un cheminement personnel fait son bout de chemin et elle parvient à sortir de la rue. Cependant, les difficultés sont présentes. Elle développe d’autres dépendances qui seront autant éphémères. Étant séropositive, elle vit dans la peur constante de mourir. Puis, un miracle survient. Dans cette seconde partie, Isa-Belle met en évident les difficultés de la rue, de sortir et surtout de la vie après la rue. Elle témoigne à cœur ouvert des difficultés cumulés tout au long de son parcours. Son cheminement est extraordinaire mais elle n’arrive pas à être complètement heureuse.
Après plusieurs revers, elle redescend dans l’abîme infernal. Or, un évènement majeur la force à se reprendre en main, définitivement. Puis un déclic se fait en elle. Elle apprend à se réapproprier sa personne mais aussi son corps. Elle n’a jamais écouté ce que ceux-ci désiraient vraiment. Elle aura de nombreuses prises de conscience qui la guideront vers une vive saine et épanouie.
En 3e partie, Isa-Belle transmet, par cette histoire, une grande leçon de résilience mais aussi d’acceptation, de transformation et d’espoir. Elle désire sensibiliser les organismes et les intervenants dans les interventions auprès des usagers. Bien que la chenille soit devenue papillon, son passé lui colle à la peau. Elle apprend à vivre avec la personne telle qu’elle est ( avec son passé, son présent et son futur). Elle a réussi à se sortir de la rue mais la rue ne sera jamais complètement sortie d’elle.
Les dépendances sont multiples et parfois sournoises. Si nous ne nous arrêtons pas pour comprendre les sentiments qui nous habitent, ces dépendances peuvent nous faire descendre dans les abîmes sombres. Il est important d’être conscient de qui nous sommes vraiment et de définir nos limites par amour et respect pour nous.
Cette lecture m’a fait prendre conscience que la vie est belle. Il faut de prime à bord se trouver soi-même. L’amour et la recherche de valorisation part de chacun de nous et non des autres. Tout part avant tout de nous. Si nous sommes bien avec notre personne et que nous nous aimons, cela se reflètent dans notre quotidien. Ainsi, notre vie prend un sens.
Prendre conscience, collectivement autant qu’individuellement, que nos schémas de pensées influencent nos vies. Certains sont bien, d’autres demandent un travail. L’auto-sabotage n’est pas qu’un phénomène personnel mais aussi communautaire. Nous pouvons tous faire la différence si nous le voulons vraiment.
La vraie gratitude n’égale aucun des meilleurs ‘’hits’’.
Merci Isa-Belle pour la confiance.
Luna Lie