Nadia Boulanger (1887–1979) was arguably one of the most iconic figures in twentieth-century music, and certainly among the most prominent musicians of her time. For many composers—especially Americans from Aaron Copland to Philip Glass—studying with Boulanger in Paris or Fontainebleau was a formative moment in a creative career.
Composer, performer, conductor, impresario, and charismatic and inspirational teacher, Boulanger engaged in a vast array of activities in a variety of media, from private composition lessons and lecture-recitals to radio broadcasts, recordings, and public performances. But how to define and account for Boulanger’s impact on the music world is still unclear. Nadia Boulanger and Her World takes us from a time in the late nineteenth century, when many careers in music were almost entirely closed to women, to the moment in the late twentieth century when those careers were becoming a reality. Contributors consider Boulanger’s work in the worlds of composition, musical analysis, and pedagogy and explore the geographies of transatlantic and international exchange and disruption within which her career unfolded. Ultimately, this volume takes its title as a topic for exploration—asking what worlds Boulanger belonged to, and in what sense we can consider any of them to be “hers.”
Une série d'essais très intéressants autour de la pianiste, organiste, professeure et compositrice classique Nadia Boulanger et des cercles dans lesquels elle a évolué.
Il ne s'agit pas tant d'une biographie ou d'analyse de ses oeuvres (bien qu'on rencontre les deux dans la lecture), mais de regarder plutôt l'inscription de Boulanger dans ce qu'on appellerait en littérature une inscription intertextuel et hypertextuel, mais aussi des réseaux qu'elle a formé: en filiation avec ses propres professeurs et compositeurs favoris (et ceux et celles qu'elle met de l'avant lors de ses performances et enseignements), mais aussi l'héritage musical et intellectuel qu'elle a laissé à ceux à qui elle a enseigné au court de ses très nombreuses années de professorat. De nombreux textes s'attardent à tracer cette généalogie musical, ses inspirations et les personnes qu'elle a inspirées et les formes que cet héritage à pris sur les différentes personnes concernées.
J'ai été agréablement surpris· de découvrir un petit article de Black Studies sur Boulanger qui observait comment elle n'a pas approché (ou n'a pas été permis d'approcher) les cercles de compositeurs classiques afro-américains lors de ses déplacements et ce que cela disait aussi de ses relations, de son héritage musical et du monde dans lequel elle évoluait.
La recherche, toujours dépendamment des articles, se base souvent sur de la correspondance qu'elle a entretenu, les inscriptions dans ses classes, les textes et biographies qui ont été écrites sur elle, les programmes de musique auquel elle a contribué, mais aussi des analyses de ses notes de cours (des compositions qu'elle enseignait ou des notes de ses étudiants), donc plusieurs formes d'analyse de document que je n'avais jamais encore vu auparavant!
Une connaissance musicale théorique de base est demandé pour la plupart des textes, deux des articles nécessitent toutefois une meilleure connaissance que celle que j'ai pour pleinement comprendre ce qui est écrit (je comprenais l'idée générale, mais était incapable de comprendre les concepts évoqués). Ne pas du tout connaître la musique classique n'apportera aucun plaisir à la lecture, je le déconseille fortement à ce niveau. Autrement, il s'agit d'une exploration très intéressante de l'univers dans lequel Nadia Boulanger a nagé toute sa vie et l'influence qu'elle aura eu sur la musique classique.
(Ajout 28 décembre: Dans Piano Music by Black Women Composers: A Catalog of Solo and Ensemble Works, on note tout de même plusieurs compositrices noires qui furent des élèves de Nadia Boulanger (au moins dès 1931 avec Nora Douglas Holt) ce qui nuance pas mal ce que l'article disait sur son rapport avec les communautés afro-américaines par rapport aux étudiant·es internationaux (surtout les hommes étaient dépeints dans le livre). On note quand même 5 compositrices afro-américaines (sur une petite cinquantaine dans la recension du livre) comme ayant étudié sous son égide y compris une gagnante du grand prix Boulanger quelque part dans les années '50.)