Fin des années 1960. Rock et pattes d’éph, insouciance et soleil sur la peau satinée des femmes. Ce sont les derniers jours de l’âge d’or du Liban, mais personne ne le sait encore. Certainement pas Georgina, jeune chrétienne à la beauté troublante. Ni Roland, son premier amour, qui la guette au bord d’une piscine, dans cette torpeur suave où s’agite leur groupe d’amis noceurs, à l’ombre des conversations d’adultes et des turbines d’avion – grondement de la terreur à venir.
Pendant ce temps, Ali Hassan Salameh, fils d’un leader historique palestinien, s'apprête à prendre les armes. Il deviendra l’homme le plus beau et le plus dangereux du Moyen-Orient.
En traçant les destinées de Georgina, devenue Miss Univers, idole chérie d’un peuple enfantin, et d’Ali Hassan, chef de guerre musulman recherché de tous et surtout du Mossad, Diane Mazloum signe une fresque vibrante qui nous emporte au cœur des années 70 et de la guerre civile libanaise.
Georgina est l’histoire d’un amour, d’une famille, d’un pays, dans la fièvre d’une époque où l’on se déchire entre frères. La tragédie d’un peuple pour qui rien ne sera jamais plus comme avant. A travers ce roman, l’auteure nous transmet son amour du Liban, de cette terre où les différentes religions cohabitaient, de ce pays ayant trouvé l’alliance entre Orient et Occident avant d’être rattrapé par la guerre.
Pour traiter de cette guerre, Diane Mazloum nous parle d’amour. D’un amour de jeunesse, brillant et lumineux, sans compromis et sans compromission. Georgina est jeune, belle et elle se rêve un destin de star. Son cœur bat pour Roland.
De l’autre côté, Ali Hassan Salameh, fils d’un militant palestinien assassiné, décide lui aussi de prendre les armes pour défendre la cause palestinienne. Bourreau des cœurs et mari infidèle, son combat le conduit à une vie de cavale…
Rien ne prédestinait ces deux-là à se rencontrer et encore moins à s’aimer…Pourtant petit à petit, au fur et à mesure des chapitres, correspondant à autant d’années, les fils du destin vont lier leurs histoires.
La plume de l’auteure dépeint à merveille cette vie d’insouciance, obscurcie progressivement par un conflit qui dépasse les gens. A travers le personnage de Micky, frère de Roland, la situation politique est explicitée sans lourdeur aux lecteurs. Les personnages, personnes ayant existé mais dont la vie est ici romancée, sont brossés avec beaucoup de justesse et d’émotion. On se retrouve avec eux, à observer ce conflit qui paraît si impossible, si incompréhensible, venir gâcher cette vie si parfaite. L’âge d’or de ce Liban cesse, tout comme les amours de jeunesse.
Un excellent moment de lecture.