C’est le début. L’absence de sensations. Les inquiétudes irrationnelles. La peur que, soudain, tout s’arrête. Alors, stupéfier les joies dans le sillon des lendemains incertains. Ne pas s’amouracher d’un tubercule en formation, c’est bien trop ridicule et puis, sait-on jamais, il pourrait. Mourir. Je me sens coupable. D’un bonheur qui ne vient pas. Je me sens coupable. Des larmes insensées alors que je devrais sourire. Et puis, ce matin-là, j’entends. Entre les quatre murs silencieux qui ne voient pas le désordre alentour, j’entends. Le balbutiement de son cœur.
Le Corps d’après est le récit d’un enfantement, et d’une lutte. Contre les injonctions, le bonheur factice, le conformisme. Au bout du chemin, pourtant, jaillit la vie. Celle qu’on s’inventera, pied à pied, coûte que coûte. Pour que, peu à peu, après la naissance de l’enfant, advienne aussi une mère, femme enfin révélée à elle-même.
Aussitôt ouvert aussitôt dévoré. J’ai été happée par la plume singulière de l’autrice qui livre, sous les mots d’une narratrice anonyme mais si réelle, la puissance d’être femme. C’est un roman violent, du genre qui met des claques et coupe le souffle, un peu. J’ai ressenti dans mon ventre le maelström d’émotions et les milliers de vies vécues, j’ai ressenti puissamment les échos de souvenirs pas si lointains, et je me demande comment je vivrai une relecture une fois que j’aurai enfanté. J’ai lu un roman précieux, exigeant, plein de colère et d’amour, qui m’a donné envie d’être une femme un peu plus forte encore.
Il parle d’être femme et d’être mère, des corps qui jouissent et qui meurent, de ce qu’on nous inflige et de comment on s’en relève. C’est d’une sincérité folle, je n’ai jamais lu un tel récit lié à la maternité (et j’en ai lu beaucoup), je suis soufflée.
Il sort le 22 août et je vous le conseille chaudement. Merci à Virginie Noar de me l’avoir envoyé.
Le Corps d'après est un roman qui est à la fois un cri de révolte contre les injonctions liées à la maternité et une déclaration d'amour au corps des femmes et à ce pouvoir incroyable qu'il a de donner la vie. La narratrice est une jeune trentenaire transformée par sa grossesse. Elle partage ses pensées intérieures en vrac, sans filtre, dans un style parfois télégraphique. Les chapitres sont courts et suivent une progression chronologique, retraçant les grandes étapes sur le chemin de la maternité, du début de la grossesse au 7ers mois du bébé. Le statut de femme enceinte fait par ailleurs ressortir des souvenirs traumatiques, relatés en italiques comme des flash-backs au fil du récit, de son enfance dans une famille violente à ses expériences sexuelles souvent extrêmes. Si cet aspect du récit peut choquer ou mettre mal à l'aise certains lecteurs, le lien établi par l'autrice entre féminité, sexualité, maternité et (a)normalité est confrontant. Le Corps d'après dénonce notamment le politiquement correct autour de la maternité (le fameux "c'est que du bonheur"), l'hypermédicalisation de la naissance et l'asservissement du corps des femmes qui en résulte, mais aussi la pression du désir masculin qui empêche les mères de s'abandonner à leurs instincts et de vivre pleinement les premiers mois avec leur bébé. Au final, ce roman aux accents freudiens est assez déroutant, mais il a le mérite de faire tomber de nombreux tabous autour de la maternité, qu'il s'agisse de ses aspects psychologiques ou physiologiques.
Cela faisait longtemps que je n’avais dévoré un livre aussi vite. J’ai beaucoup aimé cette histoire de maternité, cette vision que l’on entend assez peu et qui vient contrebalancer l’idée que « ce n’est que du bonheur ». Sans avoir vécu toute la violence retranscrite dans ce roman, j’en ai compris et vécu certains aspects. Je ne sais pas si c’est un roman à mettre entre les mains de toutes les futurs mamans mais c’est pour moi une lecture importante. J’ai beaucoup aimé la plume de l’auteur et cela me donne envie de lire son second roman.
Il faut aller jusqu’au bout ! Les 50 dernières pages disent tout, racontent tout, font tout accepter ! Un roman d’une violence inouïe, de celle qui s’écrit, se vit au travers des hommes, des femmes, des mots. Sous la plume de l’auteur, la vie n’a pas la même dimension. De très beaux passages et un hymne à la maternité qui rend tout possible. Attention, âmes sensibles s’abstenir !
Le corps d'après est dur. Très dur. Virginie Noar nous raconte l'accouchement, l'infantilisation de la femme face au corps médical, la peur, les doutes, les injonctions. Elle nous raconte également l'enfance, le froid, la terreur, le renoncement. Dans ce roman où les histoires s'emmêlent, elle a les mots justes.
Premier roman difficile sur la grossesse et l’accouchement, Le corps d’après donne à voir des vérités qu’on ne dit encore que trop peu sur les angoisses d’une femme enceinte et son rapport au corps médical.