Ma meilleure amie, Vickie Gendreau, était écrivaine. Elle est morte d'une tumeur au cerveau, à l'âge de vingt-quatre ans, après m'avoir légué ses archives. Deux ans après sa mort, quelque chose a commencé à apparaître dans mes rêves. J'ai eu l'impression que cette chose m'appelait, qu'elle voulait que j'aille la chercher au royaume des morts pour la ramener dans la littérature, où elle se sentait chez elle. Mais je me suis aperçu que cette chose que j'ai cru entendre n'était pas tout à fait Vickie. Je l'ai appelée la morte. Ce livre est le récit spéculatif d'une expérience personnelle. Il explore le phénomène des fantômes depuis une perspective éthique, loin de la psychologie du deuil, et loin des traditions occultes, ésotériques et religieuses, dans lesquelles les fantômes sont maintenus de force. Il affirme la nécessité de trouver comment se mettre à l'écoute des morts qui parlent au plus profond de soi. Il tente de montrer que l'écriture est l'un des moyens d'y parvenir. — M. A.
Mathieu Arsenault a publié Album de finissants (2004) et Vu d’ici (2008) chez Triptyque, tous deux adaptés au théâtre. Il a aussi fait paraître un essai, Le lyrisme à l’époque de son retour (Nota Bene, 2007). Il tient un blogue, Doctorak GO!, et il a fondé l’Académie de la vie littéraire, qui remet chaque année des prix à ceux qui n’en auront pas ailleurs. La vie littéraire est son premier livre au Quartanier.
Je l’ai commencé dans ma pause et je suis revenu tout chambranlant à ma job. Je savais que c’était le genre de livre que je devais lire en une nuit, ce que j’ai fait.
Jusqu’à cette lecture, je ne savais pas que l’expérience d’un double-feature (plutôt au cinéma) pouvait être transposée en littérature. C’est pourtant ce que je viens de faire avec Testament de Vickie Gendreau et La Morte de Mathieu Arsenault. J’ai commencé ce deuxième livre au moment même où j’ai fini le premier. Je n’aurai pu mieux faire (sauf peut-être inclure Drama Queens et shit fuck cunt dans cet enchaînement de lectures). Ce qui rend La Morte unique, c’est que c’est véritablement un mouvement méta sur d’autres livres ayant précédés celui-ci, depuis le rare point de vue d’un éditeur et de sa relation transcendante avec son sujet, révélée et réfléchie ici.
Merci Mathieu de ramener Vicky au royaume des vivants. Pour moi elle est et restera encore longtemps une jeune écrivaine qui a encore un bel avenir malgré son état de "morte" ... La littérature, nos souvenirs et nos expériences passées, selon mon opinion, transcendent plus réalistement nos relations avec les morts que n'importe quelle religion.
Read it in two sittings. Impossible to put down. Entering a universe where you know all the characters, have met most of them, added an other worldly element for me. Catherine, Erika, Maude, Dulude. Feeling like I am one of those readers Mathieu references, those women who are pushed to the edges of what is considered Proper Literature, those women who need Vickie Gendreau even if they never had the chance to meet her. Terrifying, intimate, and compelling.