F oin d’envolées théoriques. C’est bien plutôt dans son action fulgurante – par la pratique, si on ose dire – que le pédophile est étudié dans ce roman. C’est d’ailleurs fait avec une mæstria hautement perturbante. Notre sociopathe profond se déploie pour nous, sans malices ni artifices. On domine et comprend intimement le lot gesticulant de ses petites maniaqueries proprettes. On domine et comprend intimement sa sourde misanthropie. On domine et comprend intimement son adultophobie implacable. On comprend, on finit presque par partager sa frustration insondable et sa colère cuisante, pourtours inévitables de son programme radicalement négateur, amoral et nihiliste. C’est une des vertus de la fiction que de pouvoir entériner le monde des monstres.
L’amour suave et délétère de cette narco-crapule semi-psychotique de Buczko pour les petites filles nous est instillé, drogue d’entre les drogues, presque avec du sublime dans la voix. La destruction de la victime prend place en nous lumineusement, en rythme, par petits bonds nerveux.
Le propos de cet ouvrage n’est absolument pas moraliste. Sa cruauté est absolue, hautement dérangeante, répugnante, révoltante, comme gratuite. Et pourtant (car il y aura un et pourtant...) notre pédo-toxico se retrouve avec une terrible clef anglaise jetée par le sort, dans le moteur bourdonnant de sa mécanique criminelle tellement rodée.
C’est une jeune femme qui écrit. Loana Hoarau en est à son deuxième roman. Tributaire des mêmes hantises que le premier, celui-ci est beaucoup plus assumé, plus solide, plus achevé. Un scotome s’imprime. Une œuvre s’annonce.
J'ai plongé dans ce livre tête baissée malgré le fait que j'étais prévenue. Je me doutais bien que cela n'allait pas être une simple balade. Je me doutais bien que cela allait être dur mais sincèrement je ne m'attendais pas à ça du tout. Je ne m'attendais pas à me retrouver à ce point-là dans la tête, dans les moindres pensées les plus profondes d'un pédophile. Je ne m'attendais pas à ne plus pouvoir respirer et d'avoir même la nausée. Ce n'est pourtant pas le premier livre que je lis à ce sujet. Ce n'est pas la première fois que je me retrouve dans les pensées les plus sombres de ce genre d'être abjecte mais là...comment dire ? Comment expliquer à quel point Loana a été capable de nous faire ressentir toutes les émotions de cet homme ? Pas besoin de vous dire que c'est absolument abjecte, qu'il faut s'accrocher, que le fait de naviguer dans ses pensées, dans sa vision, dans sa perversion et même dans sa douleur et sa peine est dérangeant, percutant, terrifiant. Que Gabriel, ce Monsieur tout le monde, décrit avec beaucoup de réalisme, qui se transforme en prédateur de la petite semaine est à vomir. Que chaque ligne est une émotion. Que chaque mot pénètre en toi au plus profond en te blessant comme un poignard... Souvent je vous mets en garde dans mes chroniques en vous disant "âme sensible s'abstenir" parce que c'est trash ou dur mais là c'est différent. Vraiment différent ! En tant qu'humain, en tant que femme pour ne pas dire en tant que mère...j'ai eu du mal... Certains passages sont sans mot et l'on hésite presque à les zapper, à faire l'autruche pour ne pas voir cette REALITE ! Et pourtant dans toute cette horreur, je dois avouer avoir aussi été transportée par la douceur et l'amour...C'est un paradoxe me diriez-vous mais Buczko EST un paradoxe. Il est cet exemple même d'ambiguïté qu'il est difficile de vous expliquer là, sans spoiler quoi que ce soit. Ce paradoxe est aussi clairement lié au style d'écriture de Laoana. Vif, percutant, spontané, sans fioriture dans le bon comme dans le mauvais. C'est cruel et beau à la fois. Les mots se mettent bout à bout pour décrire des horreurs et pourtant chacun d'eux résonne comme une douceur. "Grandir c'est pourrir". Ne pas vieillir. D'ailleurs les haïr tous ces vieux pourrissants. Caricatures de personnages, tranches de vie au travers de ses yeux...misérables vies... "La faute à la poudre". Sa douleur, sa faiblesse mais aussi tout ce à quoi il aspire...l'amour Parce que Buczko, il faut l'avouer sans en avoir honte, j'ai éprouvé pour lui de la compassion. Peut-être parce que justement je suis humaine et capable d'empathie peut-être comme nous le sommes tous même dans l'horreur ou surtout parce que Loana a réussi de main de maître à nous faire ressentir toutes les facettes de ce personnage. Pas ou peu de parents, de leur douleur, de recherche, de police. Juste lui et elle. Juste son histoire à lui, comme une autobiographie dégoulinante, dérangeante. Et ces sensations qui nous envahissent...le dégout ? La haine ? La compassion ? La peine ? L'incompréhension ? Il y a une question qui n'a par contre pas arrêté de me traverser l'esprit tout au long de cette lecture. Si moi, lectrice, j'étais à ce point atteinte. Comment l'auteur peut-il ressortir après avoir écrit cela ? Comment se sent-on après s'être mis à la place d'une telle personne... J'ose à peine penser... La peur ne devrait jamais aller à personne comme un gant...
La quatrième de couverture nous met déjà sur la voie : dans ce livre, nous allons arpenter les méandres sinueux du cerveau d’un pédophile, marcher sur ses pas, devenir lui… Un roman qui s’annonce donc différent, qui sort des sentiers battus, et j’aime ça !
Dès les premières pages, on se rend compte que ce livre est dérangeant et glauque. Le lecteur se retrouve dans la tête d’un pédophile, un monstre qui pourtant va expliquer avec beaucoup d’humanité ce qu’il ressent. C’est vraiment, mais alors vraiment dérangeant. Pourtant, si on lit au-delà des lignes, on comprend parfaitement qu’il ne s’agit pas d’un plaidoyer pour la pédophilie, non, c’est bien plus tortueux et travaillé que cela.
L’auteure nous met en garde : « âmes sensibles s’abstenir ». C’est parfaitement justifié, mais je n’avais pas vraiment saisi la vraie raison qui se cachait derrière cet avertissement. En effet, beaucoup de personnes classent ce roman comme un roman d’horreur. Je m’attendais à affronter des descriptions horribles, des scènes insoutenables de viol, de sang, de violence. En réalité, les mots sont choisis avec soin, les scènes ne sont pas si crues que cela, au contraire, je les trouve assez « passe-partout ». Loana Hoarau a réussi à transmettre l’horreur d’une façon différente : par les pensées gênantes et horrifiques de Buczko. Au final, elle ne nous impose pas d’images horribles, non, c’est le lecteur qui se charge de se les imaginer dans sa tête, et ça, c’est vraiment fort, parce que je peux vous dire que j’ai créé des scènes bien plus horrible que ce qu’elle a écrit.
Bien sûr, les âmes qui sont sensibles à ce genre de sujets malsains devraient éviter la lecture de ce livre, mais sinon, sachez que c’est vous qui vous imaginerez l’horreur des scènes et non l’auteure qui vous les imposera, de ce côté-là, elle a vraiment bien joué son jeu et manié sa plume ! En parlant de sa plume d’ailleurs, je peux vous dire que régulièrement, elle emploie des mots forts, vulgaires, mais qui s’intègrent parfaitement à la manière de parler et de penser du personnage.
J’ai aimé me retrouver dans la tête de cet horrible pédophile. Je ne voulais pas le comprendre, non, juste voir ce que c’est. Après tout, ça reste de la fiction. Et d’ailleurs, quand je vois des gens cracher sur l’auteure en lui collant toutes sortes d’étiquettes, je ne dirais qu’une chose : elle ne fait pas l’apologie de la pédophilie, au contraire, si on réfléchit bien, elle présente une certaine réalité qui dérange, que trop de gens occultent. Elle a juste présenté la chose de manière coup de poing, et autant dire qu’elle a parfaitement réussi dans son entreprise.
En bref : un roman dérangeant, glauque, malsain, mais obsédant, qu’on ne peut lâcher. Écrit finalement de façon assez neutre, c’est le lecteur qui se représentera seul toute l’horreur de la situation. Troublant et passionnant à la fois.
Les scènes ne sont pas horrifiques, mais le sujet l’est fortement, à ne pas mettre entre toutes les mains
Livre bien écrit, on veut comptendre le mal être de buczko. On se demande où sa folie le mènera. On voit bien le côté psychologique de celui ci. Un livre troublant. A lire sans hésitation
Mon premier roman de Loana Hoarau et ça ne sera pas le dernier. J'en avais tellement entendu parler. Excellent roman: Perturbant, violent et dur à lire, mais on ne peut pas s'arrêter. On se sent vraiment dans la tête du pédophile. Âmes sensibles s'abstenir! L'auteur a une plume magnifique.
Voilà, je viens de refermer ce livre et il reste un malaise. J’ai plaint Eli, j’ai détesté Gabriel, la mère aussi et Buczko, lui je ne sais pas. C’est un monstre, oui, sans aucun doute. Mais, j’arrive à lui trouver des circonstances atténuantes. Pourquoi ? Parce qu’il a eu un enfance bizarre ? Parce qu’il n’a plus aucun contrôle ? Trop de drogue ? Difficile à dire ce qui ne va pas.
Etttt voilà, jai terminé Buczko!! Excellent roman!!!! ** pas fait pour les âmes sensibles !!! Dur, saignant, troublant et violent à souhait!!! (comme j'aime !!)😈 Ceux qui aime pas les histoires avec des enfants vous êtes averti, ce n'est pas pour vous !!! J'ai adoré !!! Écriture fluides , page dégagées, comme j'aime et chapitres court! Je recommande x 1000 !!!!!!
Oufff que dire de ce roman?!? Troublant, dure pour le coeur et pour l’âme, mais ô combien efficace! Je suis encore abasourdie par tout ces mots , ces pages que je tournais sans m’arrêter de respirer. Une écriture magnifique...
Ça y est, je viens de le finir et comme pour "À sa manière" je suis sans voix en le refermant. C’est un très bon livre, très bouleversant et tellement bien écrit !
Oufff que dire de ce livre frappant,pognant, écœurant de rentrer dans la tête d’un psychopathe ouffff, malgré toutes les émotions qui me sont pass��es par la tête, je ne pouvait plus arrêter de lire, j’adore la plume de l’auteur!