« Ah ! C'est malaisé de faire ta vie quand c'est que t'as pas même un pays à toi, pis que tu peux point noumer ta nationalité. Parce que tu finis par pus saouère quoi c'est que t'es entoute. Tu te sens coume si t'étais de trop, ou ben qu'y avait pu parsoune qu'i' voulit de toi. » Rares sont les oeuvres de chez nous qui transcendent les frontières et les époques comme l'a fait cet opus d'Antonine Maillet. Chaque phrase, chaque mot est un accès direct aux fondements de la pensée et de la langue acadiennes. Plus largement, l'oeuvre offre une voix aux opprimés, aux éternels seconds dominés par les élites. Quand on tend réellement l'oreille au discours de la Sagouine, on se mire dans un miroir qui nous renvoie une image sans fard de notre condescendance envers les oubliés de notre société. Un livre qui, immanquablement, nous transforme.
Un livre au français difficile d’Acadie, mais dont le personnage vient toucher une corde sensible… J’ai alterné entre le livre audio sur OdHio et le livre papier. J’ai préféré de loin la version audio interprétée par la comédienne qui a joué le rôle de la Saguoine… Viola Léger!