« Je n’ai jamais compris cette expression de "chez soi", se sentir bien "chez soi". En France, je suis étrangère ; mais je suis étrangère où que j’aille et je n’ai trouvé, hélas, aucun lieu ni même aucun être auprès desquels je puisse entrevoir une forme de repos. La maison, ce lieu utopique tant espéré, ce sont les livres des autres et peut-être un peu les miens. J’invite le lecteur à entrer dans ce livre comme dans ma maison, car c’est ici que j’habite, dans une langue qui est la mienne. »
Depuis son arrivée en France il y a presque vingt ans, Marie-Ève Lacasse s’interroge sur les raisons pour lesquelles elle s’est sentie bien souvent « à côté ». Ces marges, c’est à travers l’écriture qu’elle les investit, en explorant son passé et en étudiant de manière sensible cet universel sentiment d’étrangeté. Vibrant hommage à la littérature, à son pouvoir d’émerveillement et de consolation, Autobiographie de l’étranger sonde nos territoires intérieurs et nos liens aux êtres qui tantôt nous protègent, tantôt nous condamnent.
Marie-Ève Lacasse est née en Outaouais. À 14 ans, elle publie un recueil de nouvelles, Masques, doublement primé, puis, sous le pseudonyme de Clara Ness, deux romans, dont Ainsi font-elles toutes, encensé par le milieu littéraire. En 2003, elle part étudier à la Sorbonne et s’installe à Paris où elle dirige aujourd’hui sa propre agence éditoriale.
Un ouvrage unique, écrit sans fil conducteur apparent, sinon une certaine chronologie. Mais tout y est intense, tout y vient du cœur. C'est parfois lourd, "malaisant", mais on sent la sincérité de l'auteure, l'authenticité de ses propos. Elle ne fait pas l'économie de se qui se passe mal pour bien paraître ou pour nous raconter des bobards!
En s'autorisant à dire son histoire, c'est nos histoires à nous toutes qu'elle autorise, femmes pas toujours consensuelles et parfois "choquantes" de préférer la vie intellectuelle au temps passé avec nos enfants, être "toxiques" pour ses parents, indisponibles pour nos conjoints, etc. Bref, "choquantes" de ne pas toujours être la bonne fille qui plaît et qui fait en sorte que les gens autour de nous se sentent bien au détriment de nos intérêts, de nos envies, de nos passions, de notre bien-être.
Inconfort de s'implanter dans une culture, et en l'occurrence, la culture québécoise d'origine ne fait pas vraiment le poids devant la culture française d'accueil -- je retiens notamment le cruel exemple de l'accent québécois qui peut faire rigoler une salle de cinéma en France même pendant une scène particulièrement dramatique d'un film de Xavier Dolan... C'est un peu humiliant de se voir ainsi à travers le parcours de l'auteure, je trouve. Même si elle prend le temps de nommer que notre langue québécoise a sa force dans sa capacité à raconter notre histoire plantée dans la nature, dans l'adversité surmontée. (Mais ça m'a fait réfléchir: si je voyais un film tourné en acadien, est-ce que l'accent ne me ferait pas rire, moi aussi? Un travail de rencontre culturel gagnerait à être fait.)
Ce livre m'a beaucoup fait réfléchir et je suis heureuse que l'auteure ait eu le courage de l'écrire!
Le meilleur livre que j’ai lu depuis longtemps. Tout est dans sa façon de dire, de transmettre les choses, les états d âme, les émotions. Je ne voulais pas que le livre finisse. Je veux maintenant lire tout ce que cet auteure a écrit. Bravo!
De beaux passages avec des phrases parfois très belles, mais j'ai parfois eu un peu de mal à entrer en empathie pour la narratrice (qui se dépeint de façon assez négative). Ça reste toutefois un récit agréable à lire.