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Le chemin de l'école

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Qu’est-ce qui renvoie le professeur à l’immensité de l’inconnu, sinon l’étonnement de l’élève devant le monde, dont il avait encore hier une connaissance immédiate et qui lui apparaît à la fois semblable et différent d’être désormais tamisé par les mots, les chiffres, les images ? C’est ainsi que professeurs et élèves se rencontrent sur le chemin de l’école, qui relie les arbres et les livres, pour apprendre à se voir eux-mêmes et le monde comme un mystère dont ils sont pourtant responsables.

Yvon Rivard poursuit ici sa réflexion entamée dans Aimer, enseigner, et propose une vision de l’éducation qui va à contre-courant de la pédagogie contemporaine et de l’idéologie utilitariste du savoir : défense de l’école comme lieu privilégié à l’abri de la rumeur publique ; reconnaissance de l’autonomie du professeur ; apologie de la lenteur et de la gratuité nécessaires à l’expérience de toute véritable connaissance ; éloge de la pensée en mouvement entre les mots et les choses, la parole et le silence, les parties et le tout. Le chemin de l’école souligne la finalité éthique de l’éducation, qui brise la solitude des êtres en les éveillant à la beauté du monde considéré comme un tout harmonieux, un work in progress auquel tous les vivants participent.

Cet essai s’adresse à tous les professeurs, du primaire à l’université, mais plus particulièrement à ceux du cégep, dernier rempart de la culture qui « sait quelque chose de tout » contre la surspécialisation de la pensée qui « sait tout d’une chose » (Pascal). S’appuyant constamment sur l’expérience de l’auteur, ce livre peut être lu comme une grammaire de l’enseignement de la littérature et de la création littéraire.

Paperback

Published September 11, 2019

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About the author

Yvon Rivard

16 books3 followers
Yvon Rivard est conseiller littéraire et cinématographique. Il a enseigné à l’Université McGill jusqu’en 2008, et a fait paraître plusieurs essais – L’imaginaire et le quotidien (1978), Le bout cassé de tous les chemins (1993 ; prix Gabrielle-Roy), Personne n’est une île (2006 ; prix Jean-Éthier-Blais), Une idée simple (2010), Aimer, enseigner (2012 ; Prix littéraire du Gouverneur général du Canada), Exercices d'amitié (2015) – et romans – Mort et naissance de Christophe Ulric (1976), L’ombre et le double (1979), Les silences du corbeau (1986 ; Prix littéraire du Gouverneur général du Canada), Le milieu du jour (1995 ; Grand Prix du livre de Montréal), Le siècle de Jeanne (2005 ; Grand Prix du livre de Montréal) et Le dernier chalet (2018).

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Profile Image for Flow Pouet.
105 reviews29 followers
October 29, 2019
Parfois j'avais envie de mettre 4 étoiles. Même si j'étais enchantée de découvrir la pensée d'Yvon Rivard sur certains sujets, j'avais l'impression qu'on m'avait déjà appris et amenée à réfléchir à certaines notions propres à l'enseignement grâce à un enseignant qui a soigné pas mal de mes blessures liées à l'école sans s'en rendre compte. Un enseignant de pédagogie, qui plus est. Ce qui m'étonne toujours.
Parfois j'avais envie de mettre 5 étoiles. Je me rappelais que l'on n'a pas tou.tes la chance de croiser un tel enseignant. Et aussi parce qu'Yvon Rivard convoque Virginia Woolf dans des instants vraiment forts de son discours, je ne pouvais pas rester insensible.
Parfois j'avais envie de mettre 6 étoiles. Je sortais d'une certaine solitude, me sentant soudainement moins esseulée dans ma manière de voir et d'espérer l'enseignement. Yvon Rivard trouve les bons mots pour dire ce que je ressens parfois en ayant l'impression que jamais je ne pourrai le transmettre simplement à celleux avec qui j'adore parler d'éducation... C'est un baume en même temps que d'être si enrichissant.

La plupart du temps je ne pensais pas à noter le livre. J'appréciais simplement le fait de le lire et de me nourrir de la pensée d'Yvon Rivard. Tout n'a pas à être parfait, puissant et soulevant à chaque détour de phrase pour faire du bien, faire réfléchir, faire grandir un peu. J'ai été heureuse des références littéraires qui m'ont donné envie de courir me procurer un livre de Woolf que je n'aurais pas encore lu pour continuer de la découvrir. J'avais aussi envie de donner une seconde chance à Philippe Forest, surprise de lire ses mots et de voir qu'il sait dire ce que, encore une fois, je pense sans être capable de rendre le tout communicable.

Lire Le chemin de l'école c'était aussi, et surtout, comme de se réconcilier avec plusieurs facettes de soi. Avec l'élève malmenée, désabusée. Avec l'étudiante en littérature qui n'a su se concevoir dans une certaine unicité, prise dans une fragmentation entre l'expérience et la technique, déchirée entre ses aspirations et ses désirs. Avec l'étudiante en pédagogie, impatiente de pouvoir partager, de tout donner sans compter. Avec la personne que je ne sais pas encore que je suis, qui ne sait plus qui elle est, mais qui sait un peu mieux à ce quoi elle aspire, qui apprend à se soigner, à se stabiliser un peu, à avoir plus confiance, surtout à la lecture d'une pensée qui fait autant de bien.

« Bien sûr, "enseigner, comme il l’écrit, c’est faire partager sa passion pour une discipline qu’on connaît" (Jean-Pierre Issenhuth, Deux passions, p. 47), mais c’est d’abord et avant tout reconnaître l’autre, lui conférer cette valeur d’être unique, d’être quelqu’un qui mérite qu’on s’occupe de lui, qu’on retienne son nom. » (p. 34)
Profile Image for Rachel Fortier.
32 reviews
June 15, 2020
Je suis contente d'avoir lu ce livre recommandé par un enseignant au collégial. J'en ai même été émue. Peut-être parce que je suis une future prof au collégial et une écrivaine, mais on devrait obliger chaque futur enseignant à lire cet essai.

Il y a un sentiment indescriptible lorsqu'enfin on découvre que nous ne sommes pas seules dans notre manière de voir quelque chose. C'est ce que cet essai a suscité chez moi.

"Est-ce qu'on naît écrivain ou est-ce qu.on le devient? À cette question qui hante les cours de création littéraire, je réponds qu'on naît écrivain mais qu'on choisit de le devenir."

"Je crois, comme Musil, eu'"écrire n'est pas une activité, qu'écrire est un état", que ce n'est pas d'abord un métier, mais une façon d'être qui permet de vivre et de mourir [...]"
Profile Image for naïla.
11 reviews
April 5, 2023
« Mais rester trop longtemps à l’école, sans retourner jouer dehors, c’est au contraire risquer de ne plus pouvoir se taire, et de vivre prisonnier de soi, dont on croit pouvoir sortir en contraignant le monde à se conformer à l’image qu’on en a, car la violence surgit toujours d’une pensée trop longtemps détachée des choses.
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