Un essai bien recherché qui m’a beaucoup fait réfléchir.
J’ai bien apprécié l’histoire des vagues du féminisme et leurs particularités en France, tout en les situant à l’échelle internationale. J’ai également trouvé bien résumée l’explication des théories de Marx et Engels, ainsi que leurs lacunes par rapport à la théorisation de la domination économique des femmes.
Cependant, j’ai trouvé sa théorisation d’un système “capitalo-patriarcal” déroutante, parce que ça manque clairement la race (qui fonctionne aux côtés du capitalisme et du patriarcat en tant que système oppressif). Cette auteure n’oublie pas la race ; en effet, Koechlin l’évoque tout au long du livre, mais comme s’il s’agissait d’une autre domination à ajouter à la liste, pas au même niveau que les autres.
De plus, vers la fin, en exposant sa propre stratégie pour le féminisme, K critique certains aspects du féminisme intersectionnel, ce qui me semble bizarre (et me fait penser à “white feminism”). C’est pas vraiment l’intersectionnalité qui pose problème, mais plutôt comment elle a été appropriée dans la pratique (notamment en France, ou au moins dans les cercles qu’a fréquenté l’auteure) - c’est une nuance qui, à mon avis, n’est pas clairement relevée.
En gros, ce livre m’a laissé plus de questions et un désir de mieux articuler mes propres pensées et croyances - cela je peux apprécier.