Charles est employé au café Les Deux Sœurs, lorsque son regard croise pour la première fois celui envoûtant de Blue. La jeune femme l’éblouit aussitôt par sa beauté sans nom et par l’aura de mystère qui l’entoure. Elle est le modèle idéal pour ce peintre ignoré. Au fil des jours, une routine de séduction s’installe entre les deux jeunes gens et, très vite, Charles fou amoureux fait sa demande en mariage. Les noces sont célébrées dans la foulée, même si la sœur de l’artiste voit d’un mauvais œil son engagement précipité auprès de cette veuve aussi belle qu’inquiétante. Une bâtisse à la réputation funèbre accueille le couple et la vie se fait enfin douce pour Charles. Si ce n’est l’obscurité dans laquelle se coule sa femme à la nuit tombée… Que fait-elle lorsqu’elle s’absente au cœur des ténèbres ? Pourquoi ne veut-elle jamais évoquer son passé en Europe de l’est ? Que cache-t-elle dans ce cabinet dont elle lui a interdit l’accès mais lui a confié la clé ? Les réponses permettront-elles enfin à Charles de terminer un portrait fidèle de son épouse, ou est-ce qu'ouvrir cette boîte de Pandore signera la fin de sa vie rêvée ?
Voici ma seconde lecture dans le cadre du challenge Mots’Arts, une lecture qui fut pour moi un défi, car le conte revisité fait partie de ceux qui me terrifient le plus.
Charles est peintre amateur. Il travaille au café Les deux sœurs. Un jour, une cliente entre. Elle s’appelle Blue et elle est d’une beauté parfaite, si éblouissante que Charles tombe aussitôt sous le charme et n’a qu’une envie : réaliser son portrait. Mais aucun de ses essais ne le satisfait. Très vite, une idylle se noue et après leur mariage, Blue lui confie les clés de la maison, à une condition : ne pas utiliser celle de son cabinet. Car elle tient à son jardin secret…
Vous aurez reconnu le conte réécrit : Annabelle Blangier fait en effet le choix audacieux de reprendre la célèbre histoire de Barbe-Bleue en inversant les genres. Un choix qui ne diminue en rien l’impact du récit : Blue est tout aussi terrifiant et sanglant que le conte originel. Même si l’on se doute de la tournure des événements, connaissant le conte, cela n’atténue en rien les frissons. Pour être honnête, j’ai d’ailleurs préféré Le musicien car ma petite âme sensible a été mise à rude épreuve avec Blue !
Le roman s’inscrit dans une veine horrifique, teintée d’une touche de fantastique. Autant dire que mes nerfs ont été mis à rude épreuve ! Pourtant, j’ai trouvé que le choix de l’autrice d’inverser les genres apporte un souffle nouveau au conte. Elle y mêle d’autres inspirations, qui rendent Blue d’autant plus terrifiante.
Le roman évoque aussi le thème de l’art, à travers l’activité de Charles, peintre amateur, et la fixation qu’il fait sur le portrait de Blue. La présence de l’art s’efface au fil du roman, mais elle tient tout de même une place tout du long. J’ai d’ailleurs trouvé intéressant que la créativité de Charles s’assèche après son mariage, alors que son désir de réaliser un portrait aussi parfait que sa femme tourne à l’obsession stérile. C’était un indice subtil de ce que l’autrice nous préparait pour la révélation finale, et j’ai trouvé cela fort bien trouvé. Par ailleurs, cela m’apparaissait comme un signal fort du déséquilibre qui existe, dès le départ, dans le couple. Un parallèle symbolique bien vu, qui apporte une belle profondeur au récit.
J’ai aussi adoré la présence de la soeur Anne, la fameuse soeur du conte ! C’est en effet la soeur de Charles, elle officie comme policière et sent tout de suite que quelque chose n’est pas net, du côté de Blue. Malheureusement, sans preuve, difficile de faire entendre quoi que ce soit à son frère éperdu d’amour… À mesure qu’elle lève le voile sur les mystères de Blue, nos frissons croissent. À l’instar du conte, nous sommes suspendus à cet instant : pourra-t-elle sauver Charles à temps ?
Blue est donc une revisite de conte réussie, le roman renouvelle l’histoire en inversant les genres, tout en en gardant l’aspect horrible. Malgré la trame très connue du conte, le suspense reste présent. C’est un roman à ne pas mettre entre toutes les mains ! Les scènes sanglantes sont de mise, tout comme dans l’histoire originelle. Je vous préviens, il faut parfois avoir le coeur bien accroché !
Après Le musicien, Annabelle Blangier prouve qu’elle sait mettre en scène des personnages cruels, des monstres humains. Ce qui promet pour sa prochaine parution, annoncée comme une réécriture de Hansel et Gretel du point de vue de la sorcière. De quoi m’offrir de nouvelles nuits blanches, à être bleue de peur !
Une chevelure couleur ébène au reflet azuré. Un air mystérieux niché au fond d’un regard céruléen. Un visage angélique aux contours non moins envoûtants. Charles tente de la dessiner en vain. Cette femme à la beauté fascinante, presque surnaturelle qui est apparue à la terrasse du café où il travaille.
Quelque chose échappe continuellement à son crayon. Même une fois que Charles a épousé et emménagé avec Blue, la femme dont il est follement épris reste insaisissable. Ce que les pinceaux de Charles ne parviennent à capturer, Anne sa sœur est bien décidée à le découvrir.
Ses soupçons et son tempérament déterminé, font d’Anne la véritable héroïne de cette histoire à mes yeux. A l’image d’un conte, la temporalité du récit est parfois floue mais laisse supposer que l’intrigue se déroule dans l’Angleterre des années 30, époque durant laquelle les femmes comme Anne se battaient pour conquérir leurs droits. Quand on connaît les violences faîtes aux femmes dans le conte de Barbe Bleue, j’ai trouvé vraiment pertinent que dans sa réécriture Annabelle Blangier insiste ainsi sur la liberté féminine.
Si la version de l'autrice ne nous épargne pas les détails sanglants et macabres inhérents à l’œuvre d'origine, elle nous offre cependant une nouvelle inspiration qui m'a fait penser au mythe du vampire et qui sied parfaitement à la ténébreuse Blue. Car plus la plume mystérieuse d'Annabelle Blangier peint son portrait, plus la peinture se trouble et s'écaille... J'ai été intriguée et happée tout du long.
Un grand bravo à Mina M qui contrairement à Charles a su capter l’essence du personnage de Blue pour nous offrir cette superbe couverture !
Une superbe lecture à découvrir pendant la période automnale/Halloween !
Je ne savais pas à quoi m’attendre avec cette réécriture de « Barbe Bleue » n’ayant pas été particulièrement marquée par ce conte étant plus jeune. Et pourtant, je dois bien avouer que je me suis complètement laissée emporter par cette histoire.
J’adore l’ambiance particulière qui se dégage de ce livre. Plus on avance et plus on rentre dans une atmosphère sombre et mystérieuse.
J’ai eu un énorme coup de cœur pour le personnage de Blue qui m’a vraiment intriguée. Je trouve que c’est la mieux traitée de tous les personnages, Charles aurait mérité un peu plus de temps et de pages dédiés à lui pour que je l’apprécie davantage. Pour ce qui est d’Anne, sa relation avec Charles ne m’a pas convaincue mais elle reste un bon personnage qui s’inquiète surtout pour son frère.
Le seul bémol à ce livre c’est le fait que, puisqu’on suit 3 à 4 points de vue, on connaît davantage de choses que nos personnages. L’enquête d’Anne perd donc un peu de son intérêt et on n’a pas vraiment le temps d’être surpris ou d’être sous le choc d’une révélation.
Bref, un livre très étonnant que je recommande ! Lisez le conte de Barbe Bleue avant de préférence, il est très court et ça vous permettra de saisir le maximum de références !
Blue s'inspire du conte de Barbe Bleue, donc forcément, on va pas être sur un roman tout gentillet. On est ainsi à la place de Charles, qui rencontre la mystérieuse Blue. On le suit dans sa vie suite à cette rencontre, avec sa fascination pour cette femme, cette mise pour lui qui est peintre. L'histoire est bien construite, ça se lit plutôt bien et ça correspond à l'ambiance du conte tout en s'en détachant pour proposer une histoire bien différente.
Niveau personnages, j'ai pas trop accroché pour cette honnête. Dans le cas de Charles, il est tellement fasciné qu'il en devient borné et naïf, ce qui est un comportement auquel je n'accroche jamais dans les romans. Néanmoins, cela correspond à ce que l'autrice raconte dans son histoire, à ce que vit le personnage, ce n'est donc pas parce que le personnage est mal construit mais parce que je n'accrochais pas personnellement. Concernant Blue, c'est un personnage mystérieux, on sait rien ou presque d'elle.
Je n'ai pas spécialement été surprise par l'intrigue, quand on sait de quoi est inspiré le roman. En revanche, bien que ce soit pas étonnant comme je le disais, j'ai aimé le parti pris de la fin.
Bref, un roman qui ne me marquera pas à mon avis, mais il est bien construit et retranscrit bien l'ambiance du fameux conte de Barbe Bleue, il a donc de quoi trouver son public !
Un très bon roman qui m'a transporté dans son histoire. J'ai adoré découvrir les personnages et leurs caractères si différents les uns des autres. L'histoire est courte mais très prenante alors on a dû mal à le lâcher. Le seul petit bémol que je pourrais lui trouver c'est que la fin est amené de façon trop évidente très rapidement dans le livre. Dès le premier tiers du livre, on devine sans difficulté le secret et l'histoire de ce roman. Malgré tout, j'ai adoré ce roman et cette fin qui sont très authentiques. Merci à Magic Mirror pour ce Service Presse.