Des Etats-Unis à la France en passant par l’Italie et le Royaume-Uni, partout les cadeaux fiscaux en faveur des plus riches se multiplient au même rythme que les coupes budgétaires pour les plus pauvres. Une minorité d’individus, s’accaparant déjà une importante partie des richesses, semble tout mettre en œuvre pour en récupérer encore plus. De l’autre côté, la majorité de la population subit la dégradation des services publics, les fins de mois difficiles, la précarité et le manque d’espérance. Des gilets jaunes aux banlieusards en passant par les cadres et les agriculteurs, cette majorité délaissée est multiple, et sa division est largement instrumentalisée par la minorité dominante et les partis politiques qui veulent s’assurer une base électorale. La lutte des classes a laissé place à une lutte entre pauvres. Et le système, intrinsèquement inégalitaire et destructeur pour la planète, ne tient qu’à ces dissensions. Pour sortir de l’impasse, il faut que les différentes catégories que forment « les délaissés » se constituent en une classe majoritaire à même de soutenir une lutte commune : celle d’en finir avec le modèle économique actuel pour proposer un autre projet répondant aux urgences sociale et écologique.
Membre des économistes atterrés, docteur en économie de l’université Paris I Panthéon-Sorbonne, Thomas Porcher est professeur associé à la Paris School of Business. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages et de publications dans des revues académiques internationales. Son dernier livre, Traité d’économie hérétique (Fayard, 2018), s’est écoulé à plus de 50 000 exemplaires.
Ce livre écrit par Thomas Porcher, un économiste que j’apprécie, a le mérite d’essayer d’être fédérateur. Je suis très largement d’accord avec ces constats sur les effets économiques et psychologiques néfastes du néolibéralisme.
Cependant, comme quasiment tous les économistes, M. Porcher sous-estiment gravement l’influence du social et de la culture. Nous ne sommes pas simplement cadres, employés, ouvriers, chômeurs, etc. Il ne regarde ce fameux triptyque mondialisation-financiarisation-austérité (d’ailleurs il adore le mot triptyque), qu’à travers le prisme économique.
Par exemple, dans son chapitre sur les banlieues, la question de l’immigration de masse n’est pas mentionnée alors que c’est un élément majeur de la mondialisation. Et même, pour aller plus loin et dans le sens de son propre discours, une politique très encouragée par les néolibéraux.
Je ne pense pas qu’il soit possible de créer ce grand mouvement populaire qu’il souhaite voir sans adresser cette hantise de la société française qui est la question de l’immigration.
Thomas Porcher vraiment le king qu'il pense être. Quelques limitations car il y a quand même un peu l'idée que c'était mieux avant (avant la finance, avant les méchants patrons et mauvais politiciens), mais de bonnes pistes quand même
Les délaissés (2020)- Thomas Porcher (non-fiction) – READ Update: book is a difficult read… …but well worth the effort! Polishing my French reading skills this morning @PorcherThomas Chapter 2 “La France de Banlieusards” is impressive …love Pocher’s insights. The man knows what he’s talking about…and it shows! He grew up in a “banlieu”…and through hard work and study …was able to become one of the best writers in France! Finished: 18.04.2022