Un garçon se suicide dans un terrain vague d’Hochelaga-Maisonneuve où souvent il passait la journée étendu au soleil et la nuit à faire des feux. Il s’est levé un matin d’août et s’est pendu à un arbre. Des amis lui survivent. Ils portent sa mémoire et continuent à vivre, à lutter, à aimer, confrontant les amours du présent à ceux du souvenir. Ils racontent les erreurs, les amis perdus, les peurs, les quelques victoires et les explosions de révolte.
Il y a les enfances isolées, les hommes violents, la dépression, les années d’humiliation, d’insatisfaction à trop travailler pour trop peu. Il y a les chicanes et les ruptures, entre amis, entre femmes. Mais il y a la vie qui surgit aux endroits les plus inattendus, l’amour encore, la beauté et l’espoir. Et il y a le jeu – le jeu des histoires, le jeu de la musique, et tous ces moments où nous sommes enfin réunis.
Depuis l’enfance dans l’Ontario français jusqu’aux squats punks de Californie, en passant par le Montréal des années 2010 tel que vécu par un groupe d’amis composé de militants, de marginaux, de féministes, d’étudiants et de chômeurs qui rêvent d’écrire, Le jeu de la musique est un appel, une ode à la vie et à l’amitié, adressée à celles et à ceux qui ressentent toute la violence du monde, au point parfois d’avoir envie de mourir.
Je viens de finir Le jeu de la musique et je ne sais plus quoi faire de moi.
Je n'ai même pas envie d'ouvrir mon ordinateur ou mon cellulaire, de peur que la lumière bleue de l'écran ne fasse voler en éclats cette espèce de paix amorphe qui m'emplit. Je me répète mentalement encore et encore cette critique pour ne pas l'oublier, pendant que je reste assise de travers au salon, dans la quasi-obscurité, le bouquin sur les cuisses.
Je relis la quatrième de couverture pour tenter de comprendre comment j'ai été attirée par ce recueil de nouvelles en premier lieu. On dirait que durant toute ma lecture, je me disais qu'il se présentait de façon assez intéressante pour qu'on l'achète, mais que ça ne reflétait pas un millième de ce que c'était vraiment. Je me disais que ce livre se vendait très mal à son lecteur. Qu'il avait beaucoup plus à offrir, et qu'il devrait le dire. Et je relis la quatrième de couverture et, au final, c'est marrant parce qu'il dit exactement ce qu'il est, mais qu'on ne le comprend pleinement qu'après l'avoir lu.
Je n'ai toujours pas bougé. Je joue avec les pages du coin inférieur droit. Je les évente. Il est déjà tout courbé, de toute façon. Habituellement, je fais très attention à mes livres. C'est presque maniaque, ils semblent n'avoir jamais été lus. Mais celui-là, je l'ai vraiment traîné partout. Je lui ai fait partager mes repas, que je réserve habituellement aux séries télé. J'ai dormi avec lui dans mon lit. Je l'ai laissé bien en vue sur mon bureau, à côté du clavier, au travail. Je l'ai fait voyager à maintes reprises dans mon sac à dos. Je l'ai déposé sur le comptoir humide de la salle de bains. Je l'ai sorti dans le métro et, pas plus tard que ce matin, je l'ai mis dans mon manteau pour le protéger du froid. Et en remontant la fermeture éclair de ce dernier, le bouquin s'est serré contre mon cœur. And it felt right.
Je ne crois pas que je saurai exprimer en mots tout l'amour que j'ai pour ce livre. Je ne saurai pas l'expliquer, autrement qu'en disant que ça vient rejoindre à cent milles à l'heure les préoccupations des milléniaux, et leurs souffrances, et leurs façons de percevoir et de construire des relations interpersonnelles. Et que ce réalisme ne se construit pas seulement à travers la diversité et les aventures des personnages, qui se recoupent et se recroisent, mais surtout à travers la façon qu'ils ont de préparer le café, de payer au dépanneur et de remplir des formulaires d'assistance sociale. Tout est d'une telle justesse que je n'ai aucune difficulté à croire qu'ils sont nous, et que nous sommes eux. Et tout est d'une clarté si hallucinante que je lis dans la pénombre et je vois très bien.
Un beau recueil, mélancolique à souhait. Plein de musique, de révolte, de spleen adolescent. Un peu homogène dans la structure, qui ne laisse pas beaucoup de place aux "voix" des différentes narratrices.
En fin de lecture, on se pose la question: pourquoi ne pas avoir "construit" un roman avec tous ces textes reliés les uns aux autres de mille façons, mais la réponse ne s'impose pas comme une évidence. Si c'est la forme que l'auteure désirait vraiment, respectons son choix. Pas de doute sur le fait qu'il y ait, chez Clermont, une volonté de "ne pas faire un roman".
Je suis conscient aussi que les écrivain.e.s sont de plus en plus tanné.e.s qu'on fasse entrer leur livre dans une catégorie ou dans un genre précis, préconçu. (Étrangement, on n'accuse jamais les maisons d'éditions d'avoir accolé une étiquette sur les livres, ce sont toujours les critiques et les journalistes qui sont à blâmer pour leur mauvaise lecture ou leurs préjugés, mais c'est une autre histoire...)
Il y a, ici, un flottement clairement envisagé et défendable dans les possibilités formelles qu'il ouvre. Ce sont des nouvelles, certes, mais qui ne se lisent pas indépendamment l'une de l'autre, qui trouvent leur sens et leur beauté dans la juxtaposition, dans la multiplication de leurs semblables.
3,5/5. Envers et contre tous une fois de plus, j'ai une appréciation assez modérée de ce livre. Il débute très fort et j'ai bien apprécié le personnage principal dès le départ. Malheureusement, le ton devient rapidement geignard. On se plaint et on chiale beaucoup ici, ce qui devient lassant. Le côté histoire raconté par fragments, n'apporte en fin de compte pas grand chose. Le tout est assez bien écrit, la plume est agréable sans être magnifique. Les différents personnages, surtout les féminins, se ressemblent beaucoup, à un point tel que cela devient un peu mélangeant, car ils sont plus ou moins interchangeable. Pour finir, les sujets traités sont pertinents, percutants, d'actualité et bien amenés, ce qui est une grande force de ce livre. Un livre intéressant, que je ne regrette aucunement d'avoir lu, mais dont je ne comprends pas vraiment l'engouement.
Le sigh. I loved this one for its own merit. It’s gorgeous, somber, energetic, and disorienting when it comes to its structure. But it also hit me very hard on a personal level. And I don’t know if I’m brave enough to go into detail. There was a moment when I had to stop because that particular chapter cut a little too deep for me; dealing with a loss I’m still trying to come to terms with. And the last chapter made me cry. This is a great book showcasing growing pains: we lose touch with friends, we make our own way, sometimes we lose our way, and hopefully we can find our way back.
C'est vraiment très très bien écrit. Tellement touchant et pas dans le jugement. Il y a plein de thématiques abordées d'une manière fraîche: j'aime ça quand on me laisse juger par moi-même si je suis d'accord ou non avec les réflexions des personnages et ce livre-là remplit absolument ce critère. C'est super agréable, même si l'ensemble est assez sombre.
Je l'ai écouté en livre audio et j'ai fini par me tanner du médium, parce que je voulais *voir* les phrases, je voulais les lire moi-même, je voulais les analyser, recevoir l'histoire entièrement. Je trouve que c'est un livre qui vaut la peine d'être lu, plus qu'entendu.
j'ai l'habitude de prendre en photo les citations qui, même retirées de leur contexte, continuent à me donner la chair de poule. ce livre a pollué mon Camera Roll comme aucun autre a réussi à le faire avant. beaucoup trop bon.
L'ambiance et l'écriture sont très "dark" tout au long du livre.
Les personnages sont tous dépressifs ou ont eu (et ont encore) une vie pleine de violence physique ou psychologique... C'est lourd. On ne suit pas toujours le même personnage. On alterne majoritairement entre Sabrina et Céline, mais on en suit d'autres aussi. Ce qui est difficile, c'est que l'on ne sait pas toujours de qui l'on parle et comme ils ont tous des vies "rough" et violentes...il est difficile de savoir rapidement qui l'on suit. Parfois, on ne le sait jamais. Parfois le chapitre est court et on ne sait juste pas. Peut-être que l'auteure ne voulait pas que l'on porte attention à ça, mais je suis trop rigide pour ne pas savoir de qui l'on parle, ça m'obsède et j'en oublie le plaisir de lire. Même chose pour ce/cette fameux/fameuse Jess. Certaines fois c'était une fille, d'autres un gars...était-ce le même personnage? Deux personnages différents? Lorsque j'ai eu la réponse (à la fin du livre) j'étais pas mal tannée de soulever les passages au masculin et ceux au féminin, j'étais irritée.
L'histoire ne nous mène pas nul part, la chronologie des événements ne semble pas linéaire (pour ce que l'on en comprend).
C'est criant de réalité. ça déborde . L'auteure campe une génération, une époque, si bien, s'en est essoufflant. Malgré un petit creux de lecture à la moitié, il me reste tellement d'images, de personnages, d'émotions de ce livre. gros coup de coeur.
Je suis encore sans mots. Quelle écriture! J’ai l’impression d’avoir rencontré quelqu’un, d’avoir trouvé une femme de ma génération qui écrit enfin des sentiments ou des émotions qui m’appartiennent. C’est touchant, je suis toute retournée. A lire absolument. Et relire aussi
J’ai eu beaucoup de mal à lire ce roman/recueil de nouvelles. Je m’y suis prise par 3 fois et je crois que c’est pour plusieurs raisons assez distinctes:
- Je me buttais constamment à un texte en particulier qui me perturbe profondément et pour lequel j’aurais eu besoin d’un genre de trigger warning; - Le ton généralement uniforme m’empêchait de bien distinguer les différents personnages; - Ce même ton me donnait aussi le goût de me tirer une balle; - Ça m’a pris tellement de temps avant de réussir à le terminer que je n’ai pratiquement jamais réussi à sentir le fil conducteur.
Malgré tout, plusieurs textes ont vraiment résonné en moi, surtout tout ce qui a eu un lien avec la mère et le piano.
Bref, j’ai l’impression d’être passée à côté de quelque chose de bon, mais au mauvais timing. C’est donc pour toutes ces raisons que je préfère ne pas mettre de note. À relire dans une autre période, peut-être.
J’ai lu Le jeu de la musique le cœur gonflé à bloc, il y a longtemps qu’un roman ne m’avait pas autant touché. L’écriture de Stéfanie Clermont, est douce, juste et lumineuse, la musique, comme on peut s'y attendre est également très présente. Premier roman d'un auteure que j'ai très hâte de relire!
CN. Abusive Relationships, Sexual Abuse (Including adolescent and illegal age gaps)
This just wasn't my cup of tea, which I'm really surprised about because sad disaster Queers and progressive politics are very much my bag, and I usually really vibe with depressing stories, but this was relentless and too much for me.
My DNF is all on me and not a reflection on the writing or quality of this book.
Même s’il s’agit d’un recueil de nouvelles, j’ai trouvé que le mouvement narratif est bien conduit et qu’il souffle fort. Je ne dirais pas que toutes les histoires sont égales, mais plusieurs d’entre elles sont lumineuses et rejaillissent sur les autres.
J'ai savouré ce livre. Chaque phrase. Chaque chapitre. J'avais envie que ça continue. Je me sentais avec une amie, avec une voix. J'avais envie d'entendre ce qu'elle disait. J'ai adoré la structure. Particulièrement les chutes de chaque chapitre, offrant toujours une ouverture vers autre chose et ne donnant jamais de réponse. J'ai aimé aussi l'ambiguïté. Jamais exagérée. Donnant juste un peu d'espace pour réfléchir à d'autres possibilités. Et les descriptions nettes et précises pour vous ramener dans le concret. J'ai très hâte de lire le prochain Stéphanie Clermont. J'aurais voulu donner 4.5 étoiles, mais entre 4 et 5, je choisis de donner 5 étoiles.
J’ai l’habitude de dire que mon livre préféré est toujours le dernier que j’ai lu. Pourtant, depuis une année, aucun roman n’a pu détrôner Le jeu de la musique. Il m’a bouleversée et happée comme aucun autre n’a su le faire. C’est le genre de livre qu’on serre sur son coeur à chaque fois qu’on le referme. À lire et relire régulièrement.
Gros coup de coeur pour moi. Je ne saurais dire ce qui m'a autant touchée dans ces nouvelles qui tournent autour d'un groupe d'amis qui ne savent pas comment être adultes... mais ça a fonctionné tempête avec moi!
Je termine ce livre et c’est comme si… j’étais dans une capsule temporelle. Je regarde le vide et j’essaie de lui parler. On dirait que je me sens toute chavirée mais j’ai peine à mettre le doigt sur le pourquoi du comment. Pour celles et ceux qui ont lu ce recueil, vous me direz : c’est évident (!) que tu te sens vide. Mais non, justement. Je suis juste figée. Peut-être que c’était la justesse des mots de Stéphanie Clermont, peut-être que ça m’habite plus que je pensais. Mmmh.
À travers les lignes, je me suis reconnue souvent, dans mes drames de jeunesse ou de ma vie « d’adulte » de 27 ans (aujourd’hui). Comme les personnages ont exactement mon âge, ça a été facile de m’y coller. En somme, tout est extrêmement bien ficelé. Portrait juste de notre société, l’espoir, la violence, l’amour, les crises identitaires, les cris au désespoir, les crises tout court, la souffrance de ce monde, mais la beauté de ses relations, aussi.
J’ai besoin d’un 2 minutes avant ma prochaine lecture.
Ce recueil de nouvelles se distingue par un ton tant sincère que dur. À travers des voix principalement féminines, l’autrice aborde des sujets essentiels, mais éprouvants : la violence envers les femmes, la dépression et le vide existentiel. Ces thèmes rendent la lecture intense et parfois difficile.
Si certaines nouvelles m’ont particulièrement touché, j’ai parfois eu du mal à différencier certains personnages (notamment Jess) en raison d’un ton parfois un peu trop uniforme d’une histoire à l’autre. Malgré cela, plusieurs récits m’ont marqué par leur puissance et leur justesse, offrant des réflexions poignantes et intimes sur les blessures et cicatrices humaines.
Un beau recueil de nouvelles, qui sont sur interreliées entre elles. Un roman qui n'en est pas un, en fait. Les personnages jeunes sont crédibles et leur mélancolie latente se sent bien malgré la grande fréquence de ce thème dans la littérature. La structure du livre - entre le recueil et le roman - est vraiment ce qui rend l'oeuvre intéressante.
J'ai lu « Le jeu de la musique » en une nuit et m'a habité de nombreux jours après lecture. Suivant sa protagoniste Californie à Montréal, en passant par sa terre natale ontarienne, le premier recueil-roman de Clermont donne une voix à une génération qui ne sait pas quoi faire de sa peau, qui lèche les plaies de ses rêves déchus, qui en est encore aux balbutiements du sens et du mal de l'existence. La forme atypique de l'écriture font que les nouvelles se tissent l'une dans l'autre, au point que le lecteur ne sait plus s'il lit un roman ou un recueil, à la fois poème et biographie, critique sociale et monologue intérieur.
J'ai retrouvé un peu de mes propres frustrations dans celles de Sabine, Céline, Jess et Cassandre. La même paralysie devant les projets toujours incomplets, le même sentiment d'imposture dans le troupeau de la majorité, la même tragédie tranquille des premiers amours et la même confusion de vivre à l'aube de la vingtaine.
Après l'avoir dévorée, j'ai déposé le livre à contrecoeur, avec l'espoir que cette plume donne suite à autant de talent et de vérité.
*Cette critique repose sur la lecture audio disponible sur l'application Oh dio.
J'ai perçu le jeu de la musique comme un grand tourbillon. Sans doute que les marques graphiques du roman m'auraient aidé à percevoir les changements de narrateur, mais avec la version audio, c'était très subtil. Je mettais donc un certain temps avant de remarquer que la parole avant changé de narrateur.
Pour le reste, j'ai apprécié les beaux mots. Parfois, les beaux mots racontent des tranches de vie très laides, mais ça fait un beau contraste.
Dans tout le tourbillon, on m'a perdu par bouts, on m'a accroché à d'autres. Je crois que j'aurais préféré une lecture plus linéaire.