Aline est le premier roman de C-F Ramuz.
Aline a 17 ans et est jolie. Elle attire l'attention de Julien, le beau gars du village, au riche patrimoine familial. Aline vit avec sa mère, vieillie par le travail car, veuve, elle a élevé seule sa fille unique. Alice mène une vie terne et rangée depuis qu'elle a terminé l'école.
Alors, elle est toute prête à tomber sous le charme de Julien. Ils s'aiment, se voient en cachette et se trouvent de plus en plus intimes. Classiquement, l'un des deux se lasse de ces rendez-vous où on ne fait rien, tard le soir, dehors. C'est Julien, qui voudrait dormir, retrouver ses amis autour d'un verre et aller au bal voir d'autres filles.
Alors, il ne voit plus Aline.
C'est le premier chagrin d'amour, classique, et le retour au quotidien.
Mais voilà qu'Aline est enceinte, et court l'annoncer à Julien. C'est un drame, mais peut être la chance d'un mariage avec lui !
Mais Julien est brutal, il ne l'aime plus et n'assume pas cet enfant. Aline dévoile tout à sa mère qui, dure, la garde recluse à la maison. Les deux femmes sont isolées.
Enfin, Aline met au monde, difficilement, un garçon. L'enfant est soufretteux, et semble s'affaiblir de jour en jour. Aline y voit un acharnement du sort, et sa tristesse grandit encore. Lorsque le bébé semble vivre une agonie qui n'en finit pas, elle l'étouffe d'un coussin et va, dans la nuit, se pendre à un arbre.
La mère d'Aline, après avoir frôlé la folie, se rend chaque jour au cimetière soigner les fleurs qu'elle fait pousser sur la tombe de la mère et de l'enfant.
Il y a dans ce court roman déjà des thèmes chers à Ramuz : la communauté des villageois, les relations de couple, la nature, la folie. J'y perçois un peu de Maupassant dans ce texte écrit de manière plus classique que ses écrits plus tardifs. Le roman se lit vite mais le thème est connu.