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Le livre est-il écologique ?

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Des libraires imaginent le livre de l’après-pétrole.  Bien plus qu’un ebook, le livre peut être un objet écologiquement vertueux. À certaines conditions cependant… Or depuis vingt ans, l’objet livre et ses usages se sont profondément transformés – concentration du monde de l’édition, délocalisation des impressions, essor du numérique, etc. Dans une série de petites écofictions, des libraires se sont réuni.e.s pour imaginer le livre du futur. Le résultat : une invitation à ouvrir nos imaginaires, et à penser l’ensemble des interactions liées au livre comme un écosystème – un milieu de vie, tissé et soutenu par un réseau d’interdépendances. Exigences nouvelles des lecteurs, éco-responsabilité, interprofession, « bibliodiversité » : autour de quels piliers voulons-nous construire la chaîne du livre de demain? Dans quelle type d’industrie sera-t-elle prise? Les alternatives sont assurément politiques et tournées vers les communs. Loin des normes et des solutions toutes faites, cet ouvrage collectif dévoile des enjeux qui obligent à de sérieuses réflexions collectives.

112 pages, Paperback

Published March 6, 2020

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Displaying 1 - 5 of 5 reviews
Profile Image for Romance P..
27 reviews10 followers
May 2, 2021
Oui, mais quid des bibliothèques ?

En tant que professionnelle des bibliothèques, j'ai lu avec un grand intérêt ce petit manifeste, qui fait saillir des enjeux encore trop absents des réflexions des acteurs du livre.

En bibliothèque, par exemple, les enjeux sont trop souvent abordés au prisme conventionnel du développement durable, notion assez pauvre qui reconduit tacitement les coordonnées de la modernité politique et économique. Les rencontres institutionnelles ou interprofessionnelles à ce sujet (rencontres qui restent par ailleurs très largement marginales) se cantonnent ainsi très souvent à des interrogations sur la sobriété énergétique des bâtiments ou sur leur empreinte carbone.

Le manifeste de l'Association pour l'écologie du livre a ainsi pour mérite de faire éclater le champs des enjeux associés aux métiers du livre. Cela passe par la définition de trois écologies du livre : matérielle (le livre comme objet manufacturé), sociale (le livre comme catalyseur de différents savoir-faire) et symbolique (le livre comme vecteur de nouveaux imaginaires/représentations du monde).
Cette approche est riche d'une exhaustivité dont le développement durable ne peut se prévaloir ; en cela, elle mérite d'être largement appropriée par les acteurs des métiers du livre - et c'est là l'objectif affiché de l'Association pour l'écologie du livre.

MAIS mon enthousiasme a été rapidement émoussé par un travers qui semble malheureusement assez commun : l'absence des bibliothèques dans cette dynamique de réflexion collective. Dans ce manifeste, certes assez court, aucun témoignage de bibliothécaire, ou de développement sur la place que pourraient jouer les bibliothèques dans 1) la sensibilisation des publics aux enjeux écologiques à travers la "bibliodversité" (c'est-à-dire la mise à disposition d'une pluralité d'ouvrages sur ces thématiques en bibliothèque, et la constitution de fonds dédiés) ; 2) la mise en place d'actions culturelles ou participatives qui incorporent une dimension écologique (actions qui fleurissent déjà : rencontres, conférences, grainothèques, jardins partagés en bibliothèque, etc.), et 3) la structuration écologique du cycle de vie du livre et des ressources documentaires plus généralement.

La bibliothèque jouit d'avantages que la librairie n'a pas : d'une part, la bibliothèque est un lieu public, ouvert à toutes et à tous, et dont l'un des enjeux fondamentaux est de toucher les populations les plus éloignées de la culture (ce qui n'est pas la mission première des librairies). Les bibliothèques constituent d'ailleurs, par leur nombre, le premier équipement culturel en France.

D'autre part, la bibliothèque est un lieu gratuit (ou alors, quand elle ne l'est pas, un lieu quasi-gratuit) - et c'est là probablement où les bibliothèques disposent des effets de levier les plus importants, comparativement aux librairies.

Que les libraires ne se méprennent pas : il ne s'agit pas ici pour moi de dénigrer la profession. Les libraires sont d'ailleurs les premières partenaires des bibliothèques, dans la mesure où c'est auprès des librairies locales que l'approvisionnement en livres est possible.

Il s'agit plutôt de constater certaines absurdités dans le raisonnement : par exemple, ce passage du manifeste, page 51, où il est question d'imaginer de manière spéculative le futur possible des librairies (exercice dit "d'écofiction") .

Contexte : dans un futur proche, des coopératives de librairies ont été créées, gérées de manière locale et collaboratives)
"Là, c'est vraiment la coopérative des librairies qui gère cela avec les habitants. Les libraires ont démultiplié leur savoir-faire de conseil et de médiation au-delà de leurs librairies pour s'étendre dans les cafés, les jardins et les autres lieux publics. Une grande partie de leurs charges sont financées par les habitant.e.s avec un système d'abonnement. Il ne s'agit pas là de gérer du livre d'occasion mais plutôt d'organiser la circulation des livres entre les lecteurs."


... Les libraires à deux doigts d'inventer les bibliothèques !!!

Ou encore :

"- Pour commencer, je n'ai vu aucun prix pendant mon petit tour : vous vendez les livres ? Comment ça se passe ?
- On évite au maximum, répond Prune (...). C'est une coopérative ici, donc on s'organise pour récupérer des livres d'occasion dès qu'on peut, et il y a un pot commun pour l'achat des nouveautés."


Là encore, un certain air de famille avec le concept de bibliothèque... qui n'est pourtant jamais mentionné.

Ce déficit de visibilité des bibliothèques est à la fois étonnant et décevant. Il ne s'agit pourtant pas de prêcher la toute-puissance des bibliothèques publiques : elles aussi sont défaillantes sur beaucoup d'aspects, à commencer par les contraintes budgétaires qui pèsent de plus en plus lourd chaque année, ou la vision parfois archaïque que certains fonctionnaires ont de leur métier. Mais justement, il y a l'espace pour des discussions, des débats. Ici, c'est comme si les bibliothèques n'existaient pas, ou peu - travers qui, à mon sens, en dit long sur les habitus socio-culturels qui sous-tendent encore de manière inconsciente la représentation de nombreux acteurs du métier.
C'est exactement le même problème que pour les produits dits "non-essentiels" en temps de pandémie : on a beaucoup entendu les bourg... euh, pardon, les gens proclamer leur amour des librairies, mais très peu des bibliothèques. Pourtant, l'accès au livre en librairie est payant, et gratuit en bibliothèque.

Pardonnez-moi, ami-e-s libraires, mais quand vous parlez de créer des coopératives de librairies qui organisent des ateliers participatifs et citoyens, qui investissent l'espace public et rendent semi-gratuit l'accès aux livres, vous semblez oublier que tout cela existe déjà. Pourquoi, alors, ne pas proposer plutôt une réflexion sur la transition de l'existant (c'est-à-dire des réseaux de bibliothèques qui maillent tout le territoire) du public vers le commun, par exemple ? Pourquoi ne pas ré-investir l'existant avec de nouveaux affects politiques ? Pourquoi ne pas repenser la coopération entre librairies et bibliothèques ? Car complémentaires, librairies et bibliothèques le sont ; identiques, en revanche, non. Leurs missions et modalités d'accès ne sont pas les mêmes : je comprends donc mal cette volonté de transformer les librairies en ce qui, foncièrement, ressemble à une bibliothèque.

BREF. Un peu triste, donc, et déçue, au sortir de cette lecture. Ce qui ne m'empêche pas, cela dit, d'un tirer des éléments intéressants, et de me réjouir que des initiatives de ce type prennent forme :-) !
Profile Image for Zoé.
118 reviews6 followers
June 6, 2025
Livre intéressant mais un peu trop superficiel à mon goût

Je trouve dommage qu'il ne soit pas du tout question de la place des bibliothèques ou encore des boîtes à livres dans le bibliosystème. La partie fictionnelle sort un peu de nulle part selon moi
Profile Image for Célia Réus.
Author 12 books12 followers
December 29, 2022
Un livre intéressant, qui donne des faits importants sur la production des livres de nos jours. Les fictions sont aussi un bon moyen de réfléchir à l’avenir.
Je regrette l’absence de propositions de réflexion et d’outils plus proches de la réalité et des acteurs : quels outils pour se mettre en commun ? Quelles méthodes concrètes pourraient adopter les acteurs du livre dès demain pour faire un pas en avant ?
Sinon petit livre intéressant
Profile Image for Julie.
191 reviews9 followers
May 27, 2021
Je dirais 3.5 sur 5.
Un court recueil intéressant et qui soulève de nombreuses questions actuelles par rapport à l'inscription du livre en tant qu'objet dans la volonté de développement durable.
Le début du livre est intéressant, la conclusion tout particulièrement également, par contre, les interviews et fictions sont un peu trop superficielles à mon goût, même si certaines idées posées sont tout à fait pertinentes.
À voir si ce type d'ouvrage peut faire avancer les choses dans le monde du livre, réponse dans quelques (dizaines ?) d'années.
Profile Image for Célia Comte.
22 reviews
March 15, 2025
Une bonne introduction à la question de l’écologie dans le monde du livre, abordée selon trois points de vue : la librairie, l’édition et la foresterie. Le mélange d’entretiens, de textes fictifs et de manifestes permet de donner plusieurs pistes de réflexion, des plus concrètes aux plus folles.
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