Une lecture en demi-teinte : plutôt sympa, mais qui m'a gênée sur plusieurs points.
J'ai sorti Sauveur & Fils de ma pile à lire parce que je cherchais une lecture agréable et addictive. Et là-dessus, je n'ai pas été déçue. J'ai dévoré le livre en quelques heures, et j'ai globalement passé un bon moment. Malgré les sujets parfois graves abordés à travers la patientèle de Sauveur, le ton est léger, voire même humoristique dans les dialogues. On a souvent l'impression de rire avec les personnages, ce qui nous fait nous sentir proches d'elleux. Dans toute cette galerie, impossible d'ailleurs de ne se trouver de points communs avec personne. Personnellement, j'ai particulièrement apprécié le petit Lazare, mais aussi Gabin et Elliot. Les adultes m'ont moins passionnée, sûrement parce que l'autrice a réussi à s'adresser, à travers ses personnages, à l'ado qui est en moi. Pour ça, c'était vraiment une bonne lecture, car l'identification est un sentiment plutôt rare chez moi.
Malheureusement, j'ai été gênée par plusieurs choses qui ne me donnent pas très envie de lire les tomes suivants. La première est impossible à ignorer : la couleur de peau de Sauveur et de son fils sont une véritable obsession pour l'autrice. Il ne se passe pas un chapitre sans qu'elle en fasse, d'une manière ou d'une autre, et souvent à plusieurs reprises, un véritable sujet. Ça devient vite particulièrement lourd, et le récit autour des origines antillaises de la famille, qui aurait pu être intéressant, ne sonne que comme une manière supplémentaire d'en revenir à ça. J'ai déjà la flemme de retrouver cette obsession dans les tomes suivants. Par ailleurs, j'ai été surprise aussi par le mépris que semble avoir l'autrice pour plusieurs de ses personnages, qu'elle fait passer pour bêtes et caricaturaux. Si certains sont effectivement détestables, c'est dommage d'avoir usé du même procédé pour tenter de nous attendrir devant Gabin, dont on lit pourtant entre les lignes que c'est un adolescent intelligent et intéressant.
Il y a donc des idées très intéressantes dans ce premier tome, mais la manière dont elles sont traitées ne m'incite que peu à lire la suite.