Acheté la BD documentaire après avoir écouté le podcast de Cases Rebelles donnant la parole à la dessinatrice de presse Annick Kamgang et que j'avais beaucoup aimé. Je n'ai pas du tout été déçu du ton et du contenu du livre.
La lutte du mouvement Lucha est une lutte que je ne connaissais pas du tout avant d'en entendre parler dans le podcast et la BD trace un super historique de sa création, de sa mobilisation, de son impact, de la répression qu'elle a subie (et continue de subir) dans les cinq dernières années. On arrive à dresser un portrait rapide de l'histoire récente du Congo à travers la Lucha sans perdre de vue les gens que la compose et les actions qui sont menées et sans sacrifier une partie du récit à faire une histoire plus didactique qui couperait du « récit » principal.
Les dessins arrivent à produire des images très fortes souvent (on sent définitivement l'expérience du dessin de presse) comme celle page 60 où une le bâtiment d'une institution catholique est remplacée par une pile d'argent qui épouse sa forme avec des billets qui « fuient » dans la case suivante pour critiquer un système de « primes » de l'église catholique en échange d'un enseignement pour les enfants (sans quoi ils sont expulsés) ce qui va à l'encontre de l'idée d'une éducation libre et gratuite.
Une autre forte image est présente en page 37 avec des barils d'eau empilés sur un camion qui ressemblent à des masques, des visages pour illustrer le besoin d'un mouvement qui désire grandir pour subvenir à des besoins.
Bref, nous ne sommes vraiment pas en manque d'illustrations puissantes et métaphoriques qui servent le propos de la BD documentaire.
La BD vaut définitivement le détour, ce sont des luttes que je semble avoir complètement manqué dans les dernières années et qui pose la pertinence de créer des mouvements sans leaders, contre la répression politique, pour une révolution « pacifique » et des changements concrets au Congo.